Le Monde face aux nouvelles
formes de conflictualité
contre le terrorisme L'action Par
Yacoub Ould Daddah
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Le terrorisme constituait
désormais, à la fin des années 90,
un phénomène particulièrement préoccupant
en ce sens qu'il représentait déjà une
menace sérieuse contre les droits les plus élémentaires
de l'homme et comportait un danger réel pour la
paix et la sécurité internationales.
Cette évolution est à mettre en rapport avec la conjoncture mondiale
qui se caractérisait par une période de profonde transition idéologique
et éthique, la paupérisation accélérée des
plus démunis, un recul net et général de l'Etat -nation
et la domination sans partage d'une superpuissance unique.
La recrudescence du terrorisme doit donc être combattue sans complaisance
et sans faiblesse. Mais, pour ce faire, ce phénomène doit être
analysé et compris de manière adéquate et suffisante et
traité dans ses causes et ses racines les plus profondes. Car si l'on
assiste à un regain des actions terroristes, on est également en
présence d'un changement qualificatif du phénomène lui-même.
Après la disparition, vers la fin des années 70 et le début
des années 80, du grand terrorisme politique qui trouvait ses justifications
et ses moyens dans l'atmosphère de la confrontation Est-Ouest, celui de
Carlos ou des extrêmes gauches italienne ou japonaise, et la fin, au même
moment, des actions spectaculaires de la résistance palestinienne, le
phénomène terroriste peut, à partir de la fin de la guerre
froide, être divisé en deux types distincts que relient cependant
des passerelles nombreuses et complexes.
Il s'agit du terrorisme dit d'Etat, d'une part, et du terrorisme en tant que
phénomène de société, d'autre part.
Le terrorisme d'Etat
A ce niveau, il suffira d'évoquer un exemple significatif
où un Etat suspecté de terrorisme ou d'avoir
hébergé des organisations terroristes auxquelles
il aurait fourni la base et les moyens logistiques de leurs
activités, est mis au ban de la société internationale
et, d'emblée, puni de sanctions onusiennes.(2)
Action contre la Libye(3)
Les contentieux américano-libyen qui allait aboutir à l'adoption
de sanctions onusiennes contre la Libye, à l'instigation
des Etats-Unis, remonte au début des années
80. C'est, en effet, en 1981 que la chasse américaine
a abattu deux appareils libyens " à la suite
d'un conflit sur les limites des eaux territoriales libyennes.(4)
C'était l'époque de la guerre fraîche
et du durcissement reaganien. Aussi le discours révolutionnaire
et l'activisme libyen contre les intérêts
israéliens et la politique américaine au
Proche-Orient agaçaient-ils au plus haut point l'administration
américaine qui voyait, volontiers, la main de la
Libye derrière chaque acte terroriste.
En Janvier 1986, les relations diplomatiques furent rompues
entre les deux pays et des sanctions économiques
américaines décrétées contre
la Libye accusée par le président Ronald
Reagan d'être impliquée dans des attentats
terroristes commis à Rome et Viennes.(5) Ces sanctions
interdisaient le commerce avec la Libye et bloquaient les
avoirs de ce pays aux Etats-Unis. Dans l'atmosphère
de tension ainsi créée, des bombardements
américains furent effectués quelques semaines
plus tard à Syrte et quatre patrouilleurs libyens
furent détruits.(6)
En Avril 1986, la Libye était de nouveau accusée
d'être impliquée dans le terrorisme international(7)
et Ronald Regan ordonnait des bombardements contre Tripoli
et Benghazi(8) dont l'un des objectifs semble avoir été la
liquidation physique du Colonel Kaddafi.
La rupture entre Washington et Tripoli était donc
consommée alors que la Libye figurait désormais
en bonne place sur la liste des " Etats parias " soupçonnés
de commanditer le terrorisme.(9)
C'est dans cette atmosphère qu'eut lieu, le 21 Décembre
1988, l'explosion, au-dessus de la petite ville écossaise
de Lockerbie, d'un Boeing 747 de la TWA. La Libye fut tout
de suite désignée par les Etats-Unis comme étant
le commanditaire de l'attentat qui avait, rappelons-le,
coûté la vie aux 270 passagers de l'appareil.(10)
Les Etats-Unis exigèrent alors l'extradition de
deux membres des services spéciaux libyens accusés
d'avoir fomenté l'attentat et, devant le refus de
la Libye d'obtempérer, saisirent le Conseil de Sécurité qui,
par ses résolutions 748 et 883 datées respectivement
de 1992 et 1993, soumit ce pays à des mesures d'embargo
comportant, notamment, l'interdiction d'en survoler le
territoire et accentuant, de ce fait, son isolement. Cet
embargo aérien devait se poursuivre de longues années
durant.
Au cours de toute cette période, les Etats-Unis
et la Grande Bretagne(11) avaient fait preuve de la plus
grande intransigeance en refusant invariablement tous les
compromis proposés par Tripoli. Cette affaire ne
devait connaître son épilogue que le 5 Avril
1999 avec l'extradition vers les Pays-Bas des deux suspects
libyens et la suspension des sanctions internationales
contre la Libye.(12)
Ce long " bras de fer " entre Tripoli et ses
détracteurs américano-britanniques qui, en
plus des sanctions onusiennes, a fait appel à des
mesures de rétorsion proprement américaines(13),
n'a probablement servi, autant qu'on l'aurait voulu, ni
la cause de la paix et de la coopération internationales,
ni, finalement, la lutte contre le terrorisme.
S'agissant de l'Organisation des Nations Unies, il en a souligné la
forte tendance à s'identifier aux vues des Etats-Unis ce qui, étant
donnée la nouvelle conjoncture mondiale, était, pour le moins,
logique.
La fermeté avec laquelle ce dossier a été traité par
les américains et les britanniques a pu, par ailleurs, créer
des ressentiments dans le monde arabo-musulman, y compris dans des milieux
très franchement hostiles au terrorisme et soucieux, avant tout, de
promouvoir la démocratie et les droits de l'Homme.
Le terrorisme en tant que phénomène de société
Ce dangereux phénomène se développe
aujourd'hui en liaison avec l'élargissement et l'émiettement
du champ de la conflictualité(14) et pour les mêmes
causes.
Combattre adéquatement ce mal suppose que l'on s'attaque à ses
racines véritables et que l'on développe,
ce faisant, une action efficiente en faveur de la démocratie
et des droits de l'Homme.
Les racines du mal
Parlant du terroriste dans le cadre de ce qu'il appelle " le
Nouveau désordre mondial ", Jean-Pierre Lafon
note que le terrorisme n'est pas un phénomène " nouveau
(…) mais (qu') il a pris une ampleur croissante au
niveau international au cours des vingt-cinq dernières
années… " On peut ajouter que la situation
mondiale qui prévaut depuis la fin des années
80 est particulièrement favorable au développement
et à la diffusion de ce phénomène
singulièrement inquiétant. " Il est
la conséquence de la frustration de certaines populations
et de la complicité de certains Etats ".(15)
A la complicité de ces Etats, on peut ajouter, voire substituer, l'absence
de l'Etat de droit et le recul de l'Etat-nation qui créent, tous deux,
une atmosphère de désordre et d'anarchie dont la concomitance
avec d'autres phénomènes de société tout aussi
préoccupants(17) concourt à l'éclosion et à la
persistance du terrorisme. Traiter le problème du terrorisme implique,
dès lors que l'on s'attaque à ses racines les plus profondes.
Ces racines sont économiques, sociales et politiques. Il faut œuvrer à alléger
la misère insoutenable que vivent des centaines de millions d'hommes
et de femmes de par le monde(18). Il faut que le souci de justice et d'équité transparaisse
clairement dans les solutions proposées et les démarches adoptées
en vue d'établir et de maintenir la paix et la sécurité internationales.
Il faut, enfin, favoriser partout la restauration de l'Etat et l'instauration
de l'Etat de droit qui, seul, est à même d'appliquer les principes
démocratiques et d'assurer le respect des droits de l'Homme.(19)
1- Il s'agit de la situation en 1999, dont avant le 11
septembre 2001. Nous suivons, ici, de très près,
Mawloud Ould Daddad, Politique onusienne et diplomatie
dans les conflits internationaux, Mémoire inédit,
1999.
2- Libye.
3- Pour faire le point sur la question, voir : - Milton
Viorst, Kaddafi et les américains - Le grand jeu,
Jeune Afrique n°1994 du 30 Mars au 5 Avril 1999, pp.8-15.
- Abuzeid O. Dourda, la morale, la force et les pots de
fer, le Monde diplomatique, Mars 98 ; p.15.
4- Milton Viorst, Kaddafi et les américains, le
grand jeu, op.cit p.12.
5- L'accusation formulée contre la Libye de soutenir
le terrorisme international avait désormais pris
corps et était formulée de nouveau à la
suite de chaque acte terroriste. L'Etat libyen ne faisait,
d'ailleurs, rien pour rehausser son image dans l'opinion
occidentale. Son discours violemment anti-israélien
et anti-américain et ses liens avec des groupes
soupçonnés de terrorisme donnaient, au contraire,
des arguments à ses détracteurs.
6- Milton Viorst, Kaddafi et les américains, op.,
p.12.
7- Ce fut à la suite d'un attentat commis dans un
cabaret de Berlin et dont deux militaires américains
firent partie des victimes. Aucune preuve irréfutable
de l'implication de la Libye dans cet attentat ne fut cependant
fournie.
8- Ces bombardements ont fait 37 victimes dont la fille
adoptive du leader libyen qui a été profondément
affecté, cf Milton Viorst, Kaddafi et les américains,
op. cit. p.12
9- Sur cette liste figuraient - ou avaient figuré la
Syrie, l'Iran et le Soudan, autant d'Etats contre lesquels " les
Etats-Unis se réservent le droit d'intervenir dans
le cas où ils estimeraient leurs " intérêts
vitaux " menacés ". cf Eric Rouleau, Scénario
contrarié dans le Golfe, le Monde diplomatique,
Mars 1998, p.15.
10- En septembre 1989, un DC 10 d'UTA explosait, lui aussi,
en plein vol au-dessus du désert négéro-malien
tuant les 170 passagers de l'appareil. Là aussi
les services de Tripoli furent mis en cause. Mais un début
de règlement de ce dossier est intervenu après
le jugement par contumace des suspects libyens par un tribunal
français. Cf. Le Monde-Dossiers et documents (n°276,
Mai 1999) ; Milton Viorst ; Kaddafi et les américains,
op. cit. pp.8,9 et 12 ; Abuzeid Dourda, op. cit. le Monde
diplomatique (Mars 1998) p.15.
11- Dès 1984, la Grande Bretagne avait rompu ses
relations diplomatiques avec la Libye qu'elle accusait
de procéder à des livraisons d'armes à l'IRA
irlandaise. Cf. Milton Viorst, Kaddafi et les américains,
op. cit, p.15.
12- Ce fut le résultat d'une patiente médiation
conduite par les Sud-africains et les Saoudiens. Les suspects
libyens seront jugés au Pays-Bas et l'isolement
de la Libye sera, par la suite, progressivement, rompu.
13- Il s'agit des clauses de la loi d'Amato-Kennedy dont
le texte fut signé, le 5 Août 1996, par le
président Clinton. Cette loi menace d'un boycott
total toute entreprise qui investit massivement en Libye
ou en Iran. Les entreprises qui passeraient outre seront
privées par les Etats-Unis d'assurances d'import-export,
de prêts ou de crédit bancaires, de tout contrat
avec le gouvernement fédéral et surtout de
toute possibilité d'importation sur le territoire
américain. Cette loi fut rejetée par l'ensemble
des pays européens cf. Abuzeid Dourda, la morale,
la force et les pots de fer, le Monde diplomatique, Mars
1998, p.15.
14- Abuzeid O. Dourda, La morale, la force et les pots
de fer.
15- Jean-Pierre Lafon, Les Nations Unies et la prévention
des conflits engendrés par les grands problèmes
de société, in Actualités des conflits
internationaux, op. cit., p.62
16- Ibid.
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Courriers
LE RDU ET LE DIALOGUE
Ahmed, Said et Isselmou :
de la sérénité à l'inquiétude
Au RDU, 3 hommes parmi les dirigeants de ce parti traversent
actuellement un été difficile. Ahmed, Saïd
et Isselmou sont, chacun le sait des intellectuels de premier
plan. Comme tous ceux qui observent du haut des marches de l'esprit,
ceux qui comprennent et qui analysent, ils sont capables de lire
la conjoncture et de faire de la prospective pour- par la suite
- s'inquiéter ou se réjouir en conséquence.
Hier du temps " du changement dans la stabilité ", c'est-à-dire
avant le 8 Juin 2003, nos amis étaient sereins. Ils se réjouissaient
devant le spectacle d'une perspective politique et sociale qu'ils jugeaient
dégagée. On vaquait surtout à ses " affaires " tout
en compatissant intérieurement sur le sort d'une opposition qui n'a
aucune prise sur la réalité sociale et politique.
. A cette époque. Ils trouvaient que la sagesse leur commande de ne
pas être plus royaliste que le roi. le roi étant dans le cas l'histoire
et la sociologie de notre pays : une société sans exigence ni
tradition démocratique, à l'identité nationale embryonnaire
puis sans véritable culture de la contestation.
Nos amis trouvaient le compte à leur cohérence intellectuelle
et à celui de leurs intérêts dans une alliance stratégique
avec un Moawyya stable, rassuré,, confiant et qui bénéficiait
de surcroît d'un environnement international complaisant.
Mais chez nos amis, il n'y avait pas que ces déductions intellectuelles.
D'autres considérations interviennent aussi pour expliquer l'attitude
partisane de nos amis. Ahmed, Said et Isselmou sont des notables. A ce titre,
ils se reconnaissent pleinement dans cette catégorie sociale ainsi que
dans son exégèse classique des intérêts qui recommande
des prises de position teintées chaque fois de prudence et de recherche
du compromis.
Enfin, nos amis subissent l'influence de facteurs subjectifs sur lesquels il
n'y a pas lieu de s'étaler ici.
Aujourd'hui, 2 ans après le 8 Juin, on a l'impression cette fois ci
que nos amis s'inquiètent. On les voit qui vont à la rencontre
de tout le monde. Le dialogue devient leur cheval de bataille. Le Forum qu'ils
viennent d'organiser a réuni pour la première fois tous les acteurs
ou presque de la scène nationale.
La question ; que s'est-il passé entre temps pour motiver la nouvelle
démarche ?
Certains croient déceler derrière cette initiative la main d'un
régime, qui cherche soit à s'adapter aux pressions internationales
en donnant l'impression de s'ouvrir quelque peu sur son opposition, soit à gagner
du temps.
. Dans ce cas de figure, nos amis ne seraient qu'une courroie de transmission
qui tourne comme à son habitude pour servir les desseins de son ombrageux
et principal allié.
Seulement voilà ; Les intéressés eux même ont démenti
formellement. A leur tour, les événements ont démenti.
Depuis deux mois le pouvoir a renoué avec sa tradition d'intimidation
et de répression .de ses adversaires politiques.
Apparemment les mobiles sont plus sérieux. On peut aisément imaginer
une autre piste surtout si on veut se rappeler chaque fois que nos amis ont
le bénéfice de la culture et du pragmatisme. Ahmed, Said et Isselmou
se servent des mêmes outils intellectuels, politiques et psychologiques
qui les amenèrent à se réjouir et à profiter de
la stabilité d'hier pour relire à nouveau notre carte politique
et sociale. Assumant cette fois le fait que la conjoncture est dangereuse,
ils s'inquiètent et travaillent en conséquence.
Mieux que beaucoup, Ils voient que l'heure n'est plus aux petites joutes politicienne.
A voir le rythme comprimé et nerveux des événements, ils
n'ont pas besoins de beaucoup d'efforts pour s'apercevoir que les colères
et les peurs longtemps refoulées, sont en train de se déchaîner
en surface. Que notre survie est en jeu. Ahmed, Said et Isselmou savent pertinemment
que " l'idéologie du changement dans la stabilité " si
chère à Moawiyya est morte .Les virus du despotisme, de la corruption,
de la misère et du népotisme l'ont fait vaciller, La témérité des
insurgés du 8 Juin 2003 l'a terrassée. La suite lui a porté le
coup de grâce. Nouvelle tentative de putsch, putsch imaginaires, arrestations
et emprisonnement des principaux leaders politique, tortures, procès
bidon, fraude électorale, refus de reconnaissance et interdictions de
partis politique, acharnement inconsidéré contre le sacré,
agression de Lemghaiti, rien ne manque pour dessiner l'allure verticale du
versant de la chute. Paradoxalement, les " victoires " sécuritaires
du régime n'ont plus pour vacation désormais que celle qui consiste à augmenter à chaque'
hourra' le nombre des ennemis,
C'est en partant de toutes ces considérations qu'on peut déduire
la grande inquiétude actuelle de nos amis du RDU : Au risque de se saborder,
le pays ne peut plus continuer sur la même lancée. L'unité nationale,
l'intégrité du territoire, les privilèges et les positions
mal ou bien acquis, l'avenir tout court c'est cela qui risque désormais
d'être emporté par les conséquences désastreuses
de nos choix absurdes.
C'est en partant de ces déductions qu'on peut comprendre la nouvelle
démarche de nos amis : Il y a urgence pour que cela change. Pour commencer,
Il faut qu'on se retrouve et qu'on se parle. Désormais, il faut coûte
que coûte arriver à cette intersection des intérêts à laquelle
se réduit finalement tout dialogue sérieux. Autrement dit il
faut travailler en toute urgence pour susciter un sursaut national à la
mesure de la tempête qui se lève à l'horizon : Concrètement
cela veut dire : se reconnaître mutuellement, se mettre d'accord sur
l'ampleur de la crise, faire des concessions réciproques et accepter
enfin de s'engager en faveur d'un changement en profondeur
Nos amis ont-ils une chance d'être entendus ?!Hélas
!
Si l'opposition dans sa majorité a apporté son
soutien à l'initiative du RDU, il est clair jusqu'à présent
en tout cas que le régime reste opposé à tout
infléchissement significatif de ses positions. Malheureusement
pour nous tous, en haut lieu, la prospective et les tendances
n'intéressent personne ici. Par culture, on ne croit qu'à la
parade sécuritaire, par orgueil à la fuite en avant.
Jusqu'à preuve du contraire, niant la gravité de
la crise, niant la crise tout court, le régime ne comprend
le dialogue que sous la forme d'une soumission à sa volonté,
d'une résignation à ses restes ou encore en terme
de manœuvre dilatoire ou de diversion pour amadouer ses
partenaires étrangers. Mettant de coté ses lunettes,
faisant fi de l'histoire, misant sur la protection étrangère,
Il refuse obstinément de voir qu'à la périphérie
de cette opposition qu'il s'acharne continuellement à affaiblir,
le désespoir, sous la forme de l'extrémisme se
mobilise et s'équipe. Chaque jour il gravit un nouvel échelon
dans la prise de son élan dévastateur.
.Dans ces conditions à quoi doit-on s'attendre ?
Malheureusement à tout sauf à un dialogue responsable
et équilibré.
Pourtant, face à cette amère réalité,
Ahmed, Said et Isselmou persistent et signent. Ils viennent de
réunir le comité de suivi issu du dernier forum..
On dirait qu'ils s'inspirent de l'adage qui dit : Rien n'est
pire que de ne pas réussir excepté de ne pas essayer
Souhaitons leur bonne chance.
Sidi Mohamed Ould Khattry
Lettre ouverte à
SON EXCELLENCE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE MONSIEUR MAAOUYA
OULD SID'AHMED TAYA
Excusez-moi Excellence, Monsieur le Président de rompre
ce silence qui a duré plus d'une décennie et sortir
de ma longue réserve pour exercer de nouveau ma verve.
Cette fois-ci par voie de presse sous forme d'une contribution
avec un style no allusif, écrit noir sur blanc où je
livre en toute conscience ma pensée de ce qui q'est passé et
de ce qui devrait être à mes yeux… .En tant
que militant engagé du PRDS, le seul parti convaincant.
Après plusieurs tentatives de trouver des solutions à nos
problèmes et des audiences torpillées, j'ai décidé de
faire recours à l'écriture qui demeure la seule
et la dernière issue.
Comment se fait-il que tous ses cadres exilés de la collectivité de
Chorfa Ehel Moulaye Abdel Kerim parmi les plus grandes sur le
plan électoral, n'arrivent pas à avoir accès à l'emploi,
ni à la promotion depuis 13 ans ?. Tous ses cadres fauchés à fleurs
de l'âge : exclusion sociale, exil.
Excellence Monsieur le président, je veux que la lumière
soit faite sur notre situation qui risque de nous causer des
problèmes. Personnellement j'ai toujours respecté scrupuleusement
le choix du parti. J'étais innocent, j'ignorais tout ce
qui se préparait autour de moi et contre moi.
Excellence Monsieur le Président, vous avez fait le plus
grand geste et le plus honorable à l'égard de notre
moughataa. Mais qu'est ce qui s'est passé ? Pas de résultats
tangibles.
Personne n'ignorait ce qui s'est passé dans cette moughataa
de 30000 électeurs fidèles au parti. La fameuse
Moughataa où il n'y a ni secrétaire général,
ni ambassadeur, ni consul, ni mali, ni hakem. Amourj est- il
une dynastie ? Et pourtant il est dans l'obscurité totale.
Excellence Monsieur le Président, à force de trop
pousser ça fait mal. Ou bien notre problème est
le problème de Hassan Watara de Cote d'ivoire. Peut être
qu'on est sélectionné parmi les sociétés
qui n'ont pas le droit à l'emploi aux postes politiques.
Quant est ce que finira cette marginalisation et cette exclusion
?. Aujourd'hui, plus que jamais, personne n'a le droit de jouer
avec l'image cette moughataa.
Excellence Monsieur le Président, vous avez toujours prêché pour
la tolérance et l'amour des citoyens les plus démunis.
Vous vous distinguez par la magnanimité à l'égard
de vos adversaires les plus intransigeant pendant les moments
les plus difficiles, en faisant preuve de stoïcisme et surtout
du courage.
Ni les menaces, ni les provocations n'ont jamais troublé votre
serennité. Mais le comportement de certains faux cadres
opportunistes débouche souvent sur l'amplification de
la colère populaire qui se traduit par des soulèvements
et des comportements non responsables, favorise la fragilité des
structures politiques, la faiblesse de la situation économique
et sociale de larges pans de la population, sans oublier le niveau élevé d'analphabétisme
et l'acuité de la pauvreté et du besoin.
Excellence mon président cette façade hypocrite
derrière laquelle s'abritent les espoirs égoïstes
et avares, demeure le seul obstacle au triomphe complet de votre
politique de développement dans cette moughataa dont son électorat équivaut à l'électorat
de deux régions.
"
Ce n'est pas sur du pus que l'on guérit une plaie ",
C'est vrai, cette politique de vengeance et des intérêts
personnels a bel et bien réussi à éliminer
et même marginaliser toute une génération
de cadres dans ce département. Ce fut leur seul succès
d'une manière globale. Est ce que cette attitude de frustration
et de dilation mensongère que le département n'a
pas de cadres ne visent pas à crées un foyer de
tensions ? Combien de manifestants touchés par la faim
et le choléra ont manifesté ces jours passés
devant le Hakem demandant l'intervention du CSA pour venir à leur
secours.
Cette politique de malhonnêteté de certains de nos
cadres privés de bonne foi mettra notre chère moughataa
dans le plus grand gouffre de son histoire et risquera d'engendrer
un désordre dans cette moughataa.
Excellence mon Président, cette contribution milite fortement
en faveur de l'urgente instauration d'un cadre de règlement
commun, équitable qui garantit notre participation dans
l'exercice des fonctions administratives et politiques de l'état.
Il est tout à fait juste de m'adresser à votre
Excellence Monsieur le Président de la République
qui demeure le seul grand de la constitution pour constater qu'il
convient d'adopter une démarche plus globale et plus constructive
de l'édification d'une société évolutive
et moderne car on ne peut avancer en mettant toute une jeunesse à l'exclusion
et en encourageant l'analphabétisme et la pauvreté.
Je souhaite que cette lettre trouvera de réponse et constitue
aussi un pont de communication idéal entre le sommet et
cette société touchée durement, afin de
faciliter la bonne compréhension, le rapprochement et
le contact permanent.
EL MORTEIJI OULD MOULAYE ELI
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