Direction
des Sports-fédérations sportives nationales :
"
Le ministre a besoin de la vérité"
La semaine dernière, la Direction des Sports (qui cherche
toujours un directeur) a organisé un séminaire
de deux jours au profit des fédérations sportives
nationales séminaire qui avait pour but de discuter de
la loi 97 021 régissant le sport en Mauritanie. Cette
retrouvaille a été l'occasion pour les responsables
des fédérations de se connaître et de déverser
leur venin sur un département qui selon eux est loin de
se soucier de leur sort. Après deux jours de discussions
et de débats, la conclusion est simple, selon les participants
: " Sans une réelle volonté politique, comme
dans le cas du Livre avec l'implication directe du président
de la République, le sport restera au stade où il
se trouve actuellement".
Les problèmes financiers déballés
Prenant tour à tour la parole, les responsables des fédérations
se sont éloignés de la loi pour attaquer aux problèmes
de fond qui sont liés à la question du sport : " Une
loi est une loi et elle vaut ce qu'elle vaut. C'est un instrument
de travail ", ont-ils signalé, mais les problèmes
se situent ailleurs ". La faiblesse des moyens des fédérations
a été l'un premiers cités : " La subvention
de 42 millions qu'alloue le département à toutes
les fédérations (plus de 40), n'est même
suffisante pour l'activité d'une seule fédération ".
Comment peut-on demander un résultat à une fédération
qui n'a pas d'infrastructure, et qui touche une subvention de
300.000 UM, somme qui n'est même suffisante pour les cotisations,
s'interrogent certains. D'un autre côté, il y a
la lenteur pour l'obtention de cette subvention qui a été dénoncée. " La
plupart des fédérations n'ont pas encore obtenu
leur subvention pour l'année 2004, ont signalé des
responsables de fédérations.
Au niveau des participations aux compétitions internationales,
les responsables des fédérations ont dénoncé le
mur du silence qui les entourent au niveau du département
et le manque d'intérêt qu'on leur manifeste. " Notre
pays rate la plupart des rendez-vous sportifs, qui ne demandent
parfois aucune dépense de l'Etat, à cause de la
démission du département, notamment de la direction
des sports ". Dans ce cadre, ils ont cité le cas
de la délégation qui devait se rendre aux Jeux
Islamiques en Arabie Saoudite et qui a reçu ses billets
mais n'a pu obtenir des passeports pour ses athlètes . " C'est
comme s'il ne s'agissait pas de l'image du pays à l'extérieur".
Nécessité de mise en place d'un budget autonome
Pour ce qui est des déplacements des équipes nationales,
les responsables des fédérations ont proposé la
mise en place autonome qui doit être géré directement
par le département, comme, c'est la cas dans les pays
de la sous-région ". D'autres ont signalé que
loi 097 21, dans certains de ces articles, freine le sport dans
notre pays. " Une loi, ont-ils dit, est appelé à être
changée, si elle ne correspond pas aux attentes " .
D'autres plus sceptiques, ont lancé un véritable
cri de cœur : " Si nous voulons que le sport marche,
il faut que ceux qui en tiennent les rênes soient de véritables
sportifs , sinon, à quoi bon se fatiguer ". Selon
eux, la décadence du sport est imputable au département
qui l'a, lui même, marginalisé en le confiant à des
personnes qui ne s'y intéressent pas.
" Le ministre a besoin de la vérité "
Un responsable d'une fédération n'est, quant à lui,
pas passé par quatre chemins pour dire ce qu'il pense
: " Ce séminaire est une bonne chose, il nous a permis
de parler de nos problèmes, mais, je suis persuadé que
les conclusions ne franchiront pas la porte de cette salle. " Le
Ministre, qui vous a mandaté pour organiser ce séminaire
doit avoir un compte rendu fidèle de ce qui a été réellement
soulevé, ici. Malheureusement, ce ne sera pas le cas,
parce que vous (les représentants du ministère)
lui direz que tout est rose et que tout va bien. Cet esprit faux
qui gangrène et élude ne colle pas avec l'esprit
du sport qui demande des résultats concrets ".
D'autres intervenants ont demandé une ingérence
directe du Président de la République pour promouvoir
le secteur. " On ne doute pas de la volonté du ministre,
mais pour que le sport marche, il faudrait une réelle
volonté politique. L'appel historique du président
de la république du 20 août 1993, a aujourd'hui,
12 ans et rien n'a été fait. Il faudrait comme
pour le Livre, une nouvelle volonté avec une implication
directe du président de la République".
Quels facilitateurs !
Devant les nombreuses interrogations, la loi est passée
au second plan, pour laisser place aux problèmes des fédérations.
Les facilitateurs dépassés par les débats
n'ont guère pu apporter
d' éléments de réponse. Ils se sont contentés
de donner et de retirer la parole. D'ailleurs, cela se comprend
très bien , exception faite de Sid'Ahmed Ould Housseîn,
le Conseiller Sports, les autres étaient perdus dans un
milieu qu'ils ne connaissent pas. Dépassés et somnolents,
ils étaient pressés que tout cela finisse pour
empocher leurs perdiem. Certes, quelques cadres du département
présent, Ba Aly, Mohamed Salem Ould Harouna dit Sneidry,
Dembélé Birama, M'Bodj Amadou et autres, ont apporté des
contributions non négligeables lors des débats,
mais cela est -il suffisant ? Maintenant, la question reste de
savoir quel sera le contenu du rapport qui va être soumis
au ministère ? Sera-t-il fidèle à ce qui
a été dit ou sera t-il truffé de contre-vérités
pour justifier l'organisation d'un autre séminaire. Le
ministre qui a rencontré pratiquement la majorité des
fédérations sportives, est conscient des problèmes,
il sera difficile à tromper.
Apprendre à différencier les fédérations
Le séminaire, même s'il est sorti de son cadre,
a permis de regrouper les responsables de toutes les fédérations
sportives nationales, les fédérations " cartables " qui
n'existent que de nom, celles qui n'ont aucune activité (malgré d'énormes
budgets, on peut citer parmi elles, celle de Volley-ball) et
celles qui travaillent réellement et qui ne sont pas nombreuses.
La fiche de présence qui a circulé au tout début
de la réunion va-t-elle servir à pour toutes ses
fédérations où bien simplement à justifier
des dépenses ? La question reste posée. Le département
doit tenir compte de toute cela s'il veut réellement que
le sport avance dans notre pays. Comme l'a si bien dit l'un des
participants, " notre pays a plus de 40 ans et le sport
doit y être mûr. L'ensemble des pays que nous dominions
par le passé nous ont laissé loin derrière
eux et il y a bien une raison à cela. Aujourd'hui, nous
devons la chercher, tous ensemble ".
Le silence coupable
Le nouveau ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports,
doit tenir compte de l'ensemble de ses paramètres. Ce
dont il a réellement besoin, c'est de la vérité et
non de compte-rendus avantageux qui font croire que tout baigne
dans l'huile. Le sport dans notre pays, est marginalisé,
même au sein du département qui est censée
le promouvoir. Pour le faire décoller, il faut que ce
département prenne ses responsabilités et implique,
ceux qui sont réellement soucieux de son progrès.
La Direction des Sports qui est censée conduire les politiques
du département doit être valorisée et renforcée
avec des cadres compétents. Elle doit aussi être
un passage obligé pour les fédérations.
Autrement à quoi serviront les séminaires et les
rencontres sinon à permettre à quelques uns d'en
tirer des dividendes. Feu Dia Mountaga qui avait conçu
et préparé cette rencontre avec les fédérations
aurait souhaité être présent pour répondre à certaines
interrogations et à apporter le message des fédérations
dans toute sa plénitude au Ministre. C'est de cette sincérité que
notre sport a besoin pour véritablement aller de l'avant.
Activités de l'Inspection Régionale de la Jeunesse
et des Sports pour l'année 2005 :
Un remake de la précédente édition
L'Inspection Régionale de la Jeunesse et des Sports de
la Wilaya de Nouakchott organise du 02 au 09 juillet 2005, la
2éme édition du tournoi de Football de l'Inspection.
Ce tournoi est doté d'une Coupe mise en jeu par World-vision
International en Mauritanie. Elle regroupera les équipes
des moins de 15 ans des neufs (9) Moughataas de Nouakchott en
raison de 25 participants par équipes ( 20 joueurs et
5 encadreurs).
En prélude à cette compétition, chaque
Moughataa a organisé à son niveau un tournoi regroupant
des équipes dans la catégorie ciblée pour
arriver à une sélection représentative.
Celui d'El Mina entamé depuis le Dimanche 29/05/2005 se
poursuit au Centre de la Jeunesse et des Sports de la Moughataa.
Un Comité de Supervision et des Commissions Spécialisées
créées pour la circonstance, sont à pied
d'œuvre pour assurer les préparatifs et donner à l'événement
le succès qu'il mérite.
En marge de cette Coupe, d'autres activités de mobilisation
et de sensibilisation seront organisées (un tournoi de
basket-ball féminin au profit des jeunes filles des moins
de 14 ans, des séances de sensibilisation sur VIH/SIDA
animées par des troupes culturelles et des groupes de
rap avant, pendant et après les rencontres sportives).
Il faut signaler que la première édition de cette
Coupe s'était déroulée du 10 au 18 Septembre
2004 à Nouakchott, avec la participation de 225 jeunes âgés
de moins de 17 ans et en raison de 25 participants par Moughataa.
Avant le démarrage de cette première édition,
Wordl-Vision avaient équipé les équipes
des Neufs (9) Moughataas de la Wilaya de Nouakchott en ballon,
maillots, shorts, chaussures, bas et a supporté les frais
afférents à l'organisation de la manifestation.
la 2éme édition sera organisée dans les
mêmes conditions que la précédente, à la
seule différence que l'édition 2005 est réservée
aux moins de 15 ans.
Toutes les rencontres prévues au programme de la Coupe
se dérouleront sur sept (7) sites à Nouakchott
( Arafat, Sebkha, El Mina, Teyarett, Dar-Naim, Ksar, Ryah ).
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