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Santé
Les tribulations d'une famille
M. S. est un jeune père de famille. Lundi dernier, son épouse, A. B. était très inquiète au sujet de leur enfant. Un garçonnet de 4 ans qui, à cause de ses ennuis de santé récurrents, pèse, 9 kilos, donc moins que poids normal pour son âge. Au cours des deux derniers jours, le jeune couple a passé des nuits blanches à cause des douleurs nocturnes de l'enfant. Le mercredi, très tôt, A. B. amène l'enfant au dispensaire d'El Mina, après l'insistance de son époux qui commençait à donner des signes de fatigues à cause des nuits blanches successives. En réalité, si A. B. est restée deux jours sans amener l'enfant au dispensaire, c'est parce qu'elle est sceptique sur la compétence de certains de nos blouses blanches et révoltée par leur rapidité à prescrire une ordonnance. Tout ce qu'ils savent faire, c'est tirer un papier et griffonner une liste de médicaments, aime-t-elle à dire. Elle rappelle, en outre, souvent comment son enfant a faillit devenir un handicapé à cause d'une aide-infirmière qui lui avait administré une piqûre. Il a fallu payer une multitude de pommades et lui faire des séances de message à répétition pour que la situation de l'enfant revienne à la normale.
Au dispensaire d'El Mina, après un rapide examen de l'enfant par l'infirmière diplômée d 'Etat, cette dernière lui prescrit trois médicaments : ORACEFAL 250 en poudre, à diluer dans de l'eau jusqu'à un niveau précisé dans le flacon, un médicament à prendre deux fois par jour ; de l'ASPEGIC 250 mg, trois sachets par jour, matin, midi et soir, et, enfin un sirop GAMALATE enfant, une prise par jour.
Après deux jours d'utilisation de ces médicaments, l'état de l'enfant va se dégrader considérablement. Toute sa cavité buccale s'est enflammée à tel point que l'enfant est devenu aphone. Une situation qui a eu pour conséquence de rendre l'enfant incapable de se nourrir convenablement. Face à la gravité de cette situation, le samedi dernier étant jour de week-end, le jeune couple se rend chez un pharmacien dans le but de faire face aux derniers développements de l'état de santé de l'enfant. Sans tarder, le pharmacien demande le carnet de soin de ce dernier et les ordonnances qui lui ont été prescrites. Il pose deux questions sur son âge et son poids, pour bien s'assurer de la conformité de la prescription avant de donner son avis. Après un court silence, il déclare que l'enfant est en âge de prendre l'ORACEFAL 250 et l'ASPEGIC 250 mg, mais son poids ne le lui permet pas et d'ajouter, normalement, c'est la moitié de la dose prescrite qui devait lui être administrée. A la question des parents de savoir, s'il n'est pas possible de donner l'ORACEFAL 250 une fois au lieu de deux et la moitie d'un sachet d'ASPEGIC trios fois par jour, le pharmacien s'est montré réservé. Inutile de vous dire la colère qui s'est emparée du jeune couple qui venait de dépenser 3 880 UM pour les trois médicaments qui vont être tout bonnement jetés à la poubelle.
Sans prescrire un médicament, le pharmacien va demander au couple de contacter la clinique X. Il va leur indiquer son emplacement et le nom de son responsable, sans tarir d'éloges à son endroit. Vous allez voir, avec elle ça ira bien, leur assura-t-il.
Revenu à la maison, le couple prend la décision d'arrêter les médicaments. Dans la soirée l'état de santé de l'enfant va empirer de nouveau. Un voisin leur recommande de voir un infirmier à la retraite qui offre ses services de consultation gratuitement dans une pharmacie non loin de chez eux. Une aubaine pour ce couple. Par coïncidence, il s'est trouvé que l'infirmier exerce dans la pharmacie où il avait payé les médicaments, deux jours plus tôt, mais que rien ne le prouve, puisqu'ils ne disposent d'aucune facture. Une tendance qui prend de plus en plus de l'ampleur, puisque dans nos pharmacies, les médicaments sont vendus comme les marchandises dans les boutiques. Si le client ne l'exige pas, on ne lui remet jamais de facture.
Après avoir consulté le carnet et regardé les médicaments prescrits, l'infirmier donne un avis similaire à celui du pharmacien et recommande des médicaments doux. Il leur prescrit un antibiotique à prendre trois fois par jours, pendant une semaine. Un petit flacon qui coûte 650 UM.
Sur la base des différentes observations, il reste difficile d'affirmer qu'il y a une erreur médicale, mais une chose est sûre, les parents qui avaient pris la direction du dispensaire pour traiter leur enfant se sont retrouvés avec un état plus grave. Est-ce la faute de l'infirmière ? C'est en tout cas ce que laissent croire les conclussions du pharmacien et de l'infirmier à la retraite.
Autre fait à remarquer, la tendance que l'on observe de plus en plus, chez certains professionnels de la santé, qui orientent les patients vers des cliniques de leur choix. Normalement, c'est une bonne chose car pour chaque type de pathologie, il y a des spécialistes, mais les mauvaises langues disent, à tort ou à raison, qu'il y a des considérations commerciales parfois derrière ces pratiques. Certains affirment que les infirmiers perçoivent des commissions pour ce travail, si ce n'est pas sur leur propre cabinet ou clinique qu'ils vous dirigent.
En attendant, l'état de santé de l'enfant reste toujours préoccupant.
Oumar FALL

Distillerie clandestine d'alcool frelaté :
Une distilleuse de "SOUM-SOUM" expulsée

Le " soum-soum" dont on a souvent entendu parler est une sorte d'alcool qu'on prépare localement à base de levure. Ce sont les Ghanéens et Nigérians qui ont commencé à le fabriquer en Mauritanie au début des années 90, mais le soum-soum a connu sa période d'or entre 1996 et 2003 au 5e arrondissement (Sebkha).
Durant ces années, cet alcool a proliféré et son usage s'est répandu chez les jeunes et chez quelques autres personnes d'âge plus mûr.
Plusieurs réseaux de fabrication et de distribution de cet alcool ont été démantelés au cours des années passées. Mais le réseau de la Bissau-Guinéenne Antoinette Jackindy a donné du fil à retordre aux deux brigades de recherche des deux commissariats de police de Sebkha I et II.
Avec ses deux frères Antonio et Rose (actuellement reconvertis selon les sources de la police), cette femme avait réussi à installer des distilleries souterraines de soum-soum.
Le fonctionnement de ces usines clandestines est assuré grâce à un grand récipient en permanence sur le feu, relié par un tuyau à un énorme fût dont part un autre tuyau vers une sorte de marmite en ébullition. Un troisième tuyau relie cette marmite à une sorte de robinet dont l'ouverture se termine par un philtre.
Pour fabriquer ce produit, on doit remplir le grand récipient d'eau dans laquelle on met le contenu d'un sac de 50kg de sucre et 20kg de levure. On laisse bouillir ce cocktail du matin jusqu'au soir. Lorsque la température de cette préparation monte à plus de 1000 degrés, on ouvre le premier tuyau, celui qui est relié à la grosse marmite où on ajoute une matière gluante pour diriger le produit vers le robinet.
Après avoir été filtré, le soum-soum, prêt à la consommation, peut être déversé dans des récipients pour être ensuite écoulé …
Un seul verre est vendu 500 à 1000UM. Ce qui assure des bénéfices énormes aux propriétaires de ces distilleries.
Antoinette Jackindy était la dernière personne à fabriquer le soum-soum à Sebkha. Elle fut arrêtée, pour la première fois, il y a six mois puis déférée et sa distillerie fut déterrée et détruite en présence du procureur de la République.
Dix jours plus tard elle était remise en liberté " pour cause d'allaitement " dit- on au parquet.
La semaine suivante, sa deuxième distillerie fut découverte toujours au 5e. Elle fut écrouée puis relâchée, un mois plus tard, pour récidiver immédiatement. Elle est à nouveau déférée, mais une semaine plus tard, elle se promenait librement dans les rues.
Les sources de la police ont affirmé l'avoir arrêtée plus de dix fois en la déférant chaque fois, mais elle a toujours été relâchée quelques jours plus tard.
La dernière fois ou elle fut arrêtée par les éléments de la brigade de recherche de Sebkha II, c'était au début du mois d'Avril. Elle venait tout juste de monter une nouvelle distillerie de soum-soum, pas loin du marché Tieb-Tieb. Sa distillerie fut démontée et la police décida de l'expulser hors du territoire national. Jusqu'à présent, elle n'a pas refait surface, mais la police pense qu'elle ressurgira bientôt.

MOSY

 

 

 

N° : 785 du 30 Mai 2005