|
La ronde du reporter
Incendie
Quelles solutions pour les
habitats précaires ?
Aux environs du crépuscule, la semaine dernière,
la kebba d'El Mina a été subitement éclairée
par d'énormes flammes qui montaient dans le ciel. Les quelques
rares passants qui s'étaient attardés dans les ruelles
tortueuses de ce bidonville, ont donné l'alerte aux autres.
Et tout ce que comptait la kebba de monde s'était déversé
sur les lieux de l'incendie. Une marre humaine cernait les lieux
en proie à l'embrasement.
En un laps de temps, trois baraques contiguës avaient pris
feu. Les flammes attisées par le vent dansaient en se tordant
dans tous les sens menaçant d'atteindre les autres baraques.
Aussitôt, les gens ont commencé à démonter
les baraques avoisinantes laissées en abandon par leurs
propriétaires. Dans la précipitation et l'urgence,
on les faisait littéralement tomber. La confusion aidant,
certains esprits malveillants en on profité et se sont
mis à piller les baraques démontées en les
dépouillant de tout bien qui vaille ajoutant ainsi au malheur
des victimes. Et comme on dit " le malheur des uns fait le
bonheur des autres. " D'autres par contre se sont attelés
à éteindre l'incendie en s'investissant de toutes
leurs forces dans l'entreprise. Transportant les seaux d'eau ou
jetant le sable sur les braises ardentes occasionnées par
le bois avec lequel sont construites les habitations en flammes.
Le manque d'espace dû à l'absence de rue, à
proprement dite, et l'obscurité régnante, tout comme
le fait qu'il n'y ait pas d'eau, a compliqué les opérations
de secours en les rendant plus difficiles. Les efforts des hommes
ont été lourdement handicapés. Soudain et
après que l'incendie ait été pratiquement
maîtrisé, les propriétaires sont venus. Les
flammes éteintes avec quelques foyers de braises incandescentes,
d'où montait une longue colonne de fumée empestait
l'endroit d'une odeur de brûlé avec un arrière
goût amer et suffocant. Avec beaucoup de peine liée
à l'exiguïté des lieux, les pompiers ont pu
se frayer un chemin et déployer toute leur logistique et
mettre ainsi fin d'une manière définitive à
l'incendie. L'adjudant Doumbiya qui était de service ce
soir là, était à sa deuxième intervention
de la nuit. La première avait concerné une boutique
à Sebkha tandis que pour la seconde celle de la kebba.
Ils ont reçu un coup de téléphone de la police
d'El Mina. Il faut souligner tout de même que les pompiers
n'avaient pas de moyens d'éclairage et que même pour
les interviews avec les victimes, ils ne disposaient ni de feuilles
ni de stylos. Après le répertoire des biens fait
par les pompiers, on a appris que l'incendie a été
causé par une bougie. Les enfants d'une famille qui, après
avoir révisé leurs leçons en l'absence des
parents, étaient sortis subitement. On ne sait pas comment
la bougie était tombée. Toujours est-il que le tapis
et les matelas avaient pris feu. Celui-ci s'est propagé
rapidement dans la baraque. Ainsi, quatre baraques au total avaient
pris feu laissant quatre familles dans le dénuement total.
Le plus triste c'est l'arrivée de la police avec l'attachement
et l'insistance des familles à la transcription exacte
de leurs noms pour avoir des pièces d'identité.
Mais ces familles aussi ont apprécié la présence
de Mokhtar Ould Kardidi un membre d'un comité qui a été
mis sur pied par les autorités de la moughataa d'El Mina.
Il s'agit du Hakem Isselmou Ould Sidi et du Maire Mohamed Ould
Berbouss. Ce comité est chargé de collecter les
fonds nécessaires aussi bien auprès des autorités
que des hommes de bonne volonté pour dédommager
les personnes sinistrées. C'est ainsi qu'un premier cas
a été traité par ce comité qui a réussi
à réunir 800.000 UM pour une famille victime d'un
incendie. Cependant, cette solution ne s'applique qu'à
la kebba d'El Mina qu'en est-il pour les autres endroits ?
Le droit
Primauté de la loi
Cette question avait fait l'objet récemment d'un débat
passionné au sein d'un minibus empruntant la ligne Arafat-Polyclinique.
Tout a commencé par la remarque faite par un passager sur
l'absence de contrôle et donc d'impunité dont jouissent
les bus. En effet, l'encaisseur et le chauffeur comme à
leur habitude avaient cherché à remplir le bus au
maximum entassant les gens et faisant fi de leur confort. Un autre
a renchéri que c'est la force de la FNT qui en est la cause.
Ici, dit-il, on se fédère pour imposer sa loi au
lieu de s'organiser. Et c'est le citoyen qui subit en payant les
pots cassés. Tout cela, assène un autre passager,
est favorisé par la corruption. Les responsables ferment
les yeux sur les dépassements au prix de leur silence s'il
est acheté. Pour cet homme, il faut souligner l'interventionnisme.
Si quelqu'un est arrêté ou tout simplement inquiété
des interventions de hauts niveaux, de gens apparentés
ou connaissances annulent toute poursuite à son encontre.
Parfois les subalternes sont dépassés et ne peuvent
qu'exécuter. Ce qui, selon lui, crée l'injustice
entre les gens. Alors face aux mauvais exemples donnés
par les supérieurs, continue notre homme, les subalternes
reproduisent en pire ce qui a été fait par leur
hiérarchie. Mais pour cet homme qui donne l'apparence d'un
intellectuel, tout est question de mentalité Tiens, avoue-t-il,
la France était un pays plus arriéré que
nous. Tous étaient des paysans mais grâce à
l'évolution de leurs mentalités, ils sont devenus
ce qu'ils sont aujourd'hui. Donc, conclut-il, c'est le peuple
qui est arriéré. Pour cet étudiant en Droit,
seule la primauté de la loi garantit l'équité
entre tous.
Bâ Youssouf
Point de
presse du Porte-parole du Gouvernement
"Nous condamnons tout ce qui porte préjudice à
la cause Palestinienne."
Dans son point de presse hebdomadaire du mercredi consécutif
au Conseil des Ministres, le porte-parole du Gouvernement, s'était
longuement attardé sur le projet de loi relatif au Code du
Travail. Un projet de loi qui est en fait une proposition du Gouvernement
de révision de fond en comble des textes et lois régissant
le travail en Mauritanie depuis 1952, lesquels s'inspirent essentiellement
du Code (français) des territoires d'Outre-mer. Or, que de
choses ont changé par rapport à cette période
exceptionnelle, tant sur le plan politique, social qu'économique,
qui rendent ces textes et lois inadaptés de nos jours, comme
le feront ressortir les différents acteurs sociaux, les opérateurs
économiques nationaux, les travailleurs, les représentants
du secteur public et le Patronat dans leur réunion de mai
2003.
M. Hamoud Ould Abdi, soulignera que ces modifications du Code du
Travail porteront dans la forme sur l'élargissement des articles
de ce code allant de 313 à 450 articles répartis dans
huit volumes au lieu de cinq et cela dans le souci de rassembler
tous les textes de loi régissant chaque domaine dans un seul
et unique volume. Ces modifications porteront dans le fond essentiellement
sur les relations professionnelles, les conditions de travail, le
règlement des litiges individuels et collectifs, l'emploi
et la formation professionnelle, etc.
Répondant aux questions des journalistes au sujet de l'assassinat
du martyr Abdel Aziz Rantissi, le Ministre de la Communication et
des Relations avec le Parlement, Porte-parole du Gouvernement, devait
affirmer que la Mauritanie a toujours soutenu et milité en
faveur de tout ce qui garantit les droits légitimes du Peuple
Palestinien ainsi que ceux des Arabes. De même que nous condamnons
et rejetons tout ce qui porte préjudice à la cause
Palestinienne. Nous l'avons déjà dit lors de l'assassinat
de Feu Cheikh Yassine, nous le répétons après
l'assassinat d'Abdel Aziz Rantissi.
A la question de savoir si le verdict de la Cour Suprême portant
déchéance des droits civiques et politiques de Haidalla
et de certains de ses compagnons n'est pas une manière de
tuer dans l'uf leurs espoirs de créer une formation
politique, Hamoud Ould Abdi déclarera que ce verdict fait
suite à un procès qui a vu le pouvoir judiciaire prendre
d'autres décisions après les évènements
que le pays a connus lors des dernières élections
présidentielles, évènements pendant lesquels
un groupe de mauritaniens avaient comploté contre l'Etat
en cherchant à prendre le Pouvoir par la force.
Donc c'est un processus qui a été entamé depuis
lors et le verdict d'hier vient répondre à un appel
que les condamnés avaient introduit. C'est une décision
de la justice de notre pays qui est une justice indépendante
agissant conformément à nos lois et à nos procédures.
Toute appellation ou interprétation qui ne tient pas compte
de cela sort du cadre de la déontologie, de la légitimité
et de la légalité a ajouté le ministre Porte
parole du gouvernement.
Mohamed Ould Khattat
|