MAED / CCM
citernes
à la merci de la rouille
Depuis quelques années le ministère des Affaires économiques
effectue des marchés de gré à gré au
titre du budget consolidé d'investissements pour l'achat
de citernes. Souvent ces marchés ne dépassaient guère
10 citernes.
En 2003, et sous couvert du plan d'urgence 2003, deux nouveaux marchés
de gré à gré sont passés. Les marchés
étaient enregistrés sous le n° 46/CCM /2003 du
02 mars 2003 de 1 666 500 euros (faites le calcul en monnaie locale)
et le n° 84/CCM/2003 du 28 mai 2003 pour 1 694 500 euros.
Ils ont été conçus pour l'acquisition de deux
lots distincts de 15 citernes Actros 2031 de 12000 litres pour l'eau
potable et payés comme d'habitude sur le budget consolidé
d'investissements. Ces deux marchés ont été
initiés par Abdellahi Ould Souleymane l'actuel Ministre des
Affaires Economiques et du Développement du temps où
il était directeur de la Programmation. Il finalisera une
fois devenu ministre au mois de mai 2003 l'un d'eux : le marché
84/CCM /2003. Le marché 46/CCM/2003 le fut par son prédécesseur
Mohamed Ould Nany.
Avec le temps, on peut bien dire que le pays a acquis (et dans quelle
condition ?) un parc impressionnant de citernes, mais, dans l'irrespect
des procédures en matiere de passation de marchés,
de qualité- prix, de réception, de fiscalité
et même d'opportunité.
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Des
marchés approuvés par Maouloud Ould Sidi Abdellah
le président de la commission centrale des marchés
(CCM) et pour lesquels une commission spéciale s'est
réunie sine die, un certain mardi 27 mai 2003 et
qui ont été signés in extremis par
le Secrétaire Général du Gouvernement
Diallo Abou Moussa un mercredi 29 mai 2003. En somme, quarante
huit heures seulement, pour des procédures qui devaient
prendre tout au moins, deux mois.
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Fac
simile  |
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Et bien que les trente citernes aient été livrées
depuis le mois d'Août 2003, 22 parmi elles, sont jusqu'à
présent stationnées au niveau du Garage administratif
et à la Direction de l'Hydraulique alors que huit autres
sont toujours entre les mains de la Somarem qui fait des mains et
des pieds pour qu'elles soient enlevées de ses magasins.
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Côté
prix, des observateurs avertis se sont interrogés
sur l'origine de ces citernes livrées par Star auto
une filiale (à vérifier !) pour la Côte
d'Ivoire de Daimler Benz avec laquelle les marchés
avaient été signés à raison
117 100 euros l'unité pour la citerne de deux ponts
et à 110 900 euros pour la citerne à un pont.En
fait, pour ces spécialistes, les prix au meilleur
des cas, ne devaient guère excéder les 73
000 euros, quelle que soit la citerne. Et que ces remarques
soient fondées ou sujettes à caution, il y
a eu tout de même des faits curieux..
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Signatures |
Les citernes acquises dans le cadre de ces marchés ont été
déclarées hors taxes, hors droits de douanes et hors
TVA.. Fraude ou évasion fiscale qui sait?
S'est-on référé en décrétant
une telle exonération, à la loi 97-008 du 21 janvier
1997 fixant le régime fiscal et douanier applicable aux projets
publics réalisés sur emprunt extérieur? En
tout cas l'article 6 de la loi 97-008 stipule que seul le Président
de la République est habilité à accorder à
titre exceptionnel par décret pris en Conseil de Ministres
une exonération de droits et taxes de douane à l'importation
lorsque l'intérêt supérieur de l'Etat le commande.Sur
les trente citernes acquises à prix d'or et dans des circonstances
qui gagneraient à être élucidées, trois
citernes seulement auront finalement servi à quelque chose.
Ce sont les trois citernes confiées à la Société
Nationale des Eaux (SNDE) dans le cadre du renforcement de ses capacités
pour fournir l'eau potable, à bon marché dans les
quartiers précaires.
Le restant des citernes est à la merci de la rouille et plusieurs
zones d'ombres subsistent.
Ne doit-on pas se demander par exemple, pourquoi, il y a eu marchés
de gré à gré alors qu'on pouvait faire une
consultation ouverte à la concurrence et tout autant à
la transparence ?
Pourquoi ces citernes n'ont-elles pas été réceptionnées,
neuf mois après leur livraison ?
Y-a t-il
un protagoniste qui s'est estimé "lésé"
?
Et pourquoi encore, ces marchés avaient été
libellés en devises, en hors taxes, hors droits de douanes
et hors TVA alors que tel cas ne doit se faire que sur la base d'un
décret pris en Conseil de Ministres après une communication
motivée du ministre des Finances, laquelle, à notre
connaissance, n'a pas été eu lieu .
Et Pourquoi surtout, cette extrême diligence dans le paiement
des marchés par la Banque centrale de Mauritanie (BCM) ,
paiements effectués d'une manière supersonique à
une banque européenne de premier ordre, au moment où,
les transferts pour les produits de première nécessité
sont en souffrance au niveau de ses services.
Et Pourquoi enfin, des citernes qui auront mobilisé autant
de ressources en monnaie forte, vont finalement se retrouver en
stationnement sous les intempéries, depuis neuf mois.
La mission de la Cour des Comptes qui séjourne au ministère
des Affaires économiques depuis plus d'un mois aura décidément
du pain sur la planche avec la gestion du budget consolidé
d'investissements (BCI).
Cette illustration de l'usage des fonds du BCI dans le cas des citernes
n'est malheureusement qu'un exemple parmi tant d'autres.
Le cas des fonds alloués au Secrétariat d'Etat aux
Technologies Nouvelles est également un cas d'école
de l'absence de toute orthodoxie.
On l'a compris au niveau du ministère des Affaires économiques
et de la Commission centrale des marchés, la transparence
n'est pas souvent à l'ordre du jour..
Et ce n'est pas grave, car ce sont les réserves en devises
du pays qui en patissent.
IOM
Dernière
Au moment où nous mettons sous presse nous apprenons de
sources concordantes que le procès verbal de réception
des citernes stipulé par l'article 5 du marché,
circule sous le manteau depuis la journée du 20 avril.
Ayant eu échos de nos investigations, les parties dans
ces marchés des citernes dont certains ont essayé
de nous dissuader d'en parler, sont en train de colmater les brèches.
Trop tard !
Le Président
Ould Taya à Banjul
Le président Ould Taya a entamé mercredi après-midi
une visite de travail de trois jours en Gambie.
A son arrivée à Banjul, la capitale de la Gambie
le Président Ould Taya a été accueilli par
le président Yahya Jammeh, des membres de son gouvernement
ainsi que des représentants de la communauté mauritanienne
vivant en Gambie.
Le programme de la visite du président Ould Taya en Gambie
comprend un tête-à-tête à la présidence,
suivi d'un dîner officiel mercredi soir.
Dans la journée du Jeudi, le président Ould Taya
se rendra au "Naval Command" (siège de la marine
nationale Gambienne) à Banjul avant de recevoir à
déjeuner, en privé, des membres de la communauté
mauritanienne.
Procès
des putschistes
Prévu avant le 8 juin
à Jreida
Selon une source généralement bien informée
le procès des 128 putschistes présumés en
détention dans une aile de la prison civile de Nouakchott
à la Base Marine va se tenir avant le 8 juin 2004 à
la base militaire de Jreida. La direction du Génie militaire
avait en effet été chargée, il y a quelques
mois, de réfectionner des dortoirs de cette base militaire
qui avait servie dans le passé de lieu de jugement pour
affaires relevant de la sûreté de l'Etat. C'est dans
les dortoirs de Jreida qu'auront vraisemblablement les audiences
de la Cour Criminelle devant laquelle les prévenus seront
présentés. On ne sait pour le moment si les cerveaux
toujours en cavale du putsch manqué de juin 2003 seront
jugés par contumace ou si, les personnes interpellées
au début du mois d'avril 2004 seront présentées
au jugement. Toujours est-il qu'il s'agit d'un procès dont
le déroulement et l'issue sont très attendus par
l'opinion nationale et internationale.
On
en parle
Le million de flibustiers
L'affaire de l'Omanais très vraisemblablement arnaqué
par des mauritaniens pour un montant avoisinant les deux millions
d'euros repose de nouveau le problème et l'urgence de la
moralisation de nos rapports avec autrui.
Il n'y a pas longtemps, nous étions réputés
être le pays du million de poètes. Mais il est à
craindre que par la pratique de certains de nos concitoyens, nous
nous voyions priver d'un qualificatif enviable pour devenir le
pays du million de fibustiers. Ces histoires de mauritaniens Wanted
aux USA, auteurs de malversations en Afrique centrale, arnaqueurs
de riches ressortissants des pays du Golfe, renégats de
leurs engagements vis à vis de partenaires européens
affectent l'image du pays et des ces citoyens.
Nous avons encore à l'esprit les frasques d'un mauritanien
qui avait roulé dans la farine un Emir du golfe en 97 et
qui avait compté sur un éventuel appui de l'appareil
judiciaire.
Et nous constatons intrigués l'enrichissement brusque de
certains mauritaniens qui passent sans transition de la situation
de vendeur de journaux à la criée à celle
d'un magnat du pétrole.
Eh bien ! ces mauritaniens- là, nous ont causé assez
de préjudices. Arrêtons le cirque!
Des parlementaires
allemands en Mauritanie
Une délégation des parlementaires du groupe d'amitié
Maghreb-Allemagne au parlement allemand est arrivée mardi
soir à Nouakchott pour une visite qui durera de trois jours.
Au cours de cette visite, la délégation aura des
contacts avec des responsables mauritaniens en vue d'étudier
les voies et moyens de renforcement de la coopération dans
le domaine législatif. Notons que ce groupe de parlementaires
devait visiter dans la journée du 21 avril le siege du
Prds , le parti au pouvoir et que cette visite a été
annulée au dernier moment. Par ailleurs les parlementaires
allemands prévoient d'organiser un point de presse le 22
avril à 19 heures dans l'enceinte de l'ambassade d'Allemagne
à Nouakchott.
Une délégation
officielle s'envole pour Washington
Une délégation ministérielle , comprenant
MM. Abdellahi Ould Souleymane Ould Cheikh Sidya, ministre des
Affaires Économiques et du Développement et Hacen
Ould Mhamed, ministre de l'Education Nationale, a quitté
Nouakchott à destination de Washington.
La délégation discutera avec la Banque Mondiale,
le volet relatif à l'enseignement supérieur du programme
de développement du secteur de l'éducation nationale,
financé par la Banque, un volet qui prévoit la construction
d'un campus universitaire à Nouakchott à proximité
de la zone du centre émetteur.
Ould Bellal de retour
Le ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération,
M. Mohamed Vall Ould Bellal est arrivé mardi soir en provenance
de Rome et de Doha.
A Rome, le ministre a signé avec son homologue italien
un procès-verbal relatif à la coopération.
A Doha , il a assisté sur invitation de son homologue Qatari
à une rencontre, organisée le 19 avril sous le thème
"l'OTAN et la sécurité du Golfe".
Réaction
à l'assassinat de Rantissi
Le Journal Israélien Haaretz
"couvre" les manifs de Nouakchott
Dans son édition Online du 20 avril, le Quotidien israélien
Haaretz a couvert, évidemment à sa manière,
et non sans arrière-pensée pernicieuse, les manifestations
organisées en Mauritanie pour protester contre l'assassinat
du chef du Hamas le Docteur Abdel Aziz Rantissi, en soulignant que
les manifestants et les leaders de l'opposition ont demandé
(demanded their Islamic republic) entendez par là "à
leur République islamique" avec évidemment toute
la charge que revêtira le mot islamique, de rompre les relations
diplomatiques avec Israël, suite à cet assassinat .
Et de citer par la suite le communiqué d'un parti d'opposition
non identifié qui a considéré la rupture des
relations diplomatiques comme devant être la réponse
logique du gouvernement mauritanien. Mais Haaretz ne va pas s'arrêter
à couvrir les manifestations.
Ainsi, il rappellera mine de rien, "l'alliance de la Mauritanie
avec le dictateur irakien Saddam Hussein pendant les années
90", c'est à dire à l'époque où,
Donald Rumsfield l'actuel ministre américain de la défense
fournissait du matériel de guerre ultra sensible à
l'Irak.
Et toujours mine de rien, Haaretz rappelle qu'après cet épisode,
la Mauritanie a amélioré ses relations avec les USA
et fut le seul Etat membre de la ligue arabe a avoir maintenu des
relations diplomatiques complètes avec Israël durant
l'Intifada.
Revenant sur les manifestations de Nouakchott, Haaretz a estimé
le nombre des manifestants de "cette nation ouest africaine
dominée par les arabes " à 5000 personnes revelant
tout de même que la police sécurise l'ambassade d'Israël
en Mauritanie et qu'aucune interpellation ou blessure n'est à
déplorer au niveau des manifestants. Et sans transition,
Haaretz passe de la couverture des manifestations à autre
chose en revelant que le président Ould Taya a pris le pouvoir
en 1984 suite à un coup d'état et qu'il a gagné
les elections de novembre que les partis d'opposition ont qualifié
de truquées.
Enfonçant le clou, Haaretz souligne que les arabes constituent
le tiers de la population et dominent l'économie et le gouvernement
et que les deux tiers de la population sont constitués d'ethnies
ouest africaines et de métis. Ne soyez pas surpris, on savait
les journalistes israéliens assez doués dans tous
les domaines et particulièrement dans l'art de distiller
les contrevérités.
IOM
Article disponible sur www.haaretz.com/hasen/spages/417214.htm |