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Les salles
des Ciné-vidéos
A quoi ressemblent-elles ?
En ce début du mois de janvier 2004, dans un quartier populaire
d'El Mina, non loin du terminus des mini bus, alors que les vendeurs,
standardistes et réparateurs de télé et radios
baissent leurs rideaux pour regagner leurs foyers après
une longue journée de labeur, à l'intérieur
d'une obscure salle règne un silence de mort. Malheur à
celui ou à celle qui prend la responsabilité de
perturber la quiétude des spectateurs, car le gérant
de la salle, le géant G.D.( 1m95 de long et plus de 100
kg) ne badine pas avec les consignes reçues du propriétaire
de la salle, un fonctionnaire qui a trouvé par cette activité
de quoi arrondir ses fins de mois. Le règlement intérieur
n'est pas affiché aux murs, mais comme dans notre constitution
qui stipule dans un de ses articles, nul n'est sensé ignoré
la loi, tous les inconditionnels de la salle le connaissent par
cur. D'ailleurs, il ne tient qu'en deux interdictions :
interdiction formelle de parler pendant la projection d'un film,
ou de fredonner des airs pendant que les acteurs chantent mais
point d'objection à qui veut fumer tranquillement sa cigarette.
Au moment où les cinéphiles suivent religieusement
leur film du jour, dehors, Aicha, une jeune dame, la vingtaine
soigneusement couverte de sa traditionnelle " malahfa ",
attend devant son échoppe, composée de quelques
sachets de tabac, de bonbons, de boites de cigarettes, d'allumettes
Assise sur un tabouret, elle guète de probables clients
que le froid de ce début du mois de janvier ne semble pas
encourager à mettre les pieds dehors.
déliquescence
du cinéma et médiocrité de TVM
Depuis à peu près deux décennies on assiste
à une prolifération de ciné-vidéos
dans les quartiers des communes défavorisées. Ces
cinémas des pauvres, comme les désignent certains
avec dégoût, sont la réponse à la déliquescence
du cinéma et à l'incapacité de la télévision
nationale de proposer au public des feuilletons ou films accrocheurs.
A titre d'exemple, dans les deux communes populaires de Sebkha
et d'El Mina, il n'existe en tout que deux cinémas qui
d'ailleurs ne fonctionnent pas régulièrement. Il
s'agit du cinéma Saada pour la première et Mina
El Ven pour la seconde alors que pour la seule commune d'El Mina
on en comptait jusqu'à trois.
Aussi, si les populations des classes aisées et moyennes
peuvent se passer des cinémas et de la télévision
nationale pour leur divertissement, grâce à leurs
antennes paraboliques, leur abonnement à Canal Horizons
et leurs magnétoscopes, la majorité de la population
reste elle dans l'incapacité financière de faire
autre chose, sinon que d'aller suivre par moment chez un voisin
ou collègue mieux nanti des films de fiction.
Le vide crée par l'absence de cinémas et de films
à la télévision nationale a poussé
certaines personnes à investir le créneau des ciné-vidéos.
D'ailleurs on rencontre de plus en plus devant les maisons de
certains abonnés à Canal Horizons, sur des tableaux
noirs, des annonces du genre 20 H 00 à 21 H 00 championnat
tel, club tel contre club tel. Les billets varient en fonction
de l'intérêt du match, match de groupe, quart de
finale, demi-finale ou finale. En général entre
100 et 200 UM par match.
En dépit des services que rendent ces salles, force est
de constater que leur prolifération et leur localisation
dans les quartiers populaires demande de la part des pouvoirs
publics beaucoup de vigilance, car au déla des films de
violence qu'elles proposent en faisant fi des interdictions sur
l'âge des personnes autorisées à suivre tel
ou tel film, on évoque souvent à tort ou à
raison l'infiltration des adeptes de ces milieux par les vendeurs
des stupéfiants.
A
quoi ressemblent ces salles ?
En général il s'agit d'une pièce de 16 à
18 m2 qui donne sur une place publique dans un quartier populaire.
A l'intérieur le plateau technique se compose d'un poste
téléviseur grand écran avec un magnétoscope,
tous deux de seconde main, posés sur une table en bois.
Le meuble, si on peut ainsi en parler se compose de tables en
bois et de chaises en fer en mauvais état. Le reste de
la salle est complété par des morceaux de natte
sur lesquels prendront place les retardataires. Apparemment la
consigne qui semble être retenue est de ne pas exposer du
matériel neuf dans ces salles eu égard aux populations
qui les fréquentent.
Par souci d'économiser l'électricité ou pour
des raisons inavouées, les tenants de ces salles se suffisent
de l'éclairage de leurs postes téléviseurs,
ce qui rend l'atmosphère de la salle encore monotone.
Combien
gagnent-ils?
En ces temps difficiles, les tenants des ciné-vidéos
cherchent plus à fidéliser leurs clients, plutôt
que de suivre la monté en flèche des prix observée
sur tous les produits et services. " Le billet pour un film
est de 50 UM, mais il arrive que je laisse rentrer des personnes
qui n'ont pas le billet au complet ", nous dit G.D. "
car l'essentiel pour moi c'est de faire des rentrées de
l'ordre de 1000 UM par jour afin de faire face à mes charges
fixes : location de la salle, location du film, facture Somelec
et mon salaire ". G.D prétend qu'il supporte les frais
d'entretien et les taxes communales, car c'est lui qui tire plus
de profit du Ciné-vidéos, " si je reste un
jour sans ouvrir c'est moi qui perd, car je règle beaucoup
de petites choses sans le déclarer au propriétaire
".
Décidément, il n'y a pas que les taximen qui vivent
de leur activité sur le dos des propriétaires.
Oumar FALL
r
é g i o n s
Trafic d'alcools
Des malfrat arrêtés
Les policiers du débarcadère ont saisi une quantité
de 800 g de stupéfiants (haschich) entre les mains de Demba
Thiaw de nationalité sénégalaise. Leurs collègues
de la gare routière de Rosso ont pris la main dans le sac,
un certain Mamadou Alpha Diallo, cette fois ci, de nationalité
guinéenne qui embarquait une quantité importante
de la boisson alcoolisée : 4 caisses de 28 boites de bière
l'une, 41 bouteilles de grand modèle de gin pour l'expédier
à Nouakchott.
Les trafiquants se sont trouvés incarcérés
après avoir été présentés au
procureur du tribunal de Rosso.
Trafic de
clandestins
Un trafiquant échoue
dans son opération
Huit (8) Guinéens qui cherchaient à se rendre à
Nouakchott clandestinement, ont été pris par la
police du PK3 de Rosso. Ils étaient embarqués dans
une Toyota Corrola modèle deux portières matricule
8
AF00. Le chauffeur a brûlé le poste de police
du PK3, à 5h du matin, le 7 janvier 2004. Malheureusement
pour lui, à 600 m du poste, l'un de ses pneus a crevé.
C'est alors que chauffard prit la fuite, abandonnant sa voiture
et ses passagers. Il parait qu'il s'agit d'un ex-gendarme qui
a été radié du corps de la Gendarmerie à
la suite de ce genre de besogne.
Les étrangers ont été expulsés après
la procédure de la police et le véhicule est immobilisé
au commissariat de police de Rosso.
Housseinou O. M'Bareck Diarra
Cp/Rosso
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