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Civisme
Un déficit dévastateur
Le
civisme est une denrée rare chez nous ce qui explique en
grande partie l'intégration par notre société
d'un certain nombre d'habitudes néfastes et responsables
de l'anarchie régnante et de l'arriération qui reste
notre lot. En effet, le non respect de la voie publique, du patrimoine
commun, de l'ordre sont entre autres autant de tares qui continuent
à nous coûter très chers.
Avec sa mentalité moulée dans le pétrin de
la vie bédouine, le Mauritanien est par nature très
rétif à l'ordre. Ce rebelle du grand chemin n'en
fait qu'à sa tête et n'est pas du genre à
être malléable et corvéable à merci.
Combien sont-ils ceux qui en violation flagrante de la loi annexent
l'espace public à des fins strictement personnelles ?
Combien sont-ils ceux qui déversent leurs déchets
ménagers dans la rue sachant pourtant bien que cela nuit
énormément à toute la communauté dont
ils font partie ?
Et cela sans compter ceux qui brûlent les feux rouges provoquant
parfois de graves accidents ; ou ceux qui garent leurs véhicules
en pleine route pour une raison ou une autre. Et la liste est
encore longue et il ne serait pas aisé de citer toute la
panoplie d'infractions flagrantes dont les uns et les autres sont
responsables. Ce laisser aller est aggravé par la passivité
des services compétents qui ne font rien pour civiliser
la populace. Ces services qui auraient dû être pétris
de civisme et servir de lanterne aux citoyens ferment les yeux
et ne font quasiment rien pour changer les choses.
Et même dans les écoles où le civisme est
maintenant enseigné et constitue une matière à
part entière, la situation n'est guère meilleure.
Nos enfants se comportent comme de vrais petits sauvageons. Ils
ne respectent pas l'heure et de moins en moins l'enseignant, ne
tapent pas à la porte avant d'entrer en classe, n'ont plus
besoin du feu vert de l'enseignant pour sortir de la classe ;
autant de comportements en apparence anodins mais qui en réalité
ne sont pas du tout encourageants.
Pour revenir au monde beaucoup plus mûr des adultes un coup
d'il du côté de la banque à la fin du
mois (moment de la paie) serait beaucoup plus édifiant
que la plus lumineuse démonstration journalistique. Là,
entre gens supposés bien éduqués on arrive
jamais à s'organiser et chacun ne compte que sur ses biceps
et sa ruse pour se tirer d'affaire en parvenant à faire
passer son chèque. Il arrive que parfois l'on parvienne
à mettre de l'ordre dans la baraque mais ce n'est jamais
pour longtemps. Des troubles fêtes surviennent toujours
de partout et de nulle part pour semer le désordre et remettre
en cause l'ordre établi.
Tout cela relève d'un manque de civisme notoire. En fait,
il s'agit là d'un ensemble de comportements solidement
ancrés et qui ne vont pas changer du jour au lendemain.
Néanmoins avec une vaste campagne de sensibilisation bien
ciblée et la volonté commune, l'espoir peut être
permis. Mais encore faudrait-il que l'on s'y mette.
Bakari Guèye
Le calvaire
des officiers de la protection civile
Soit pompier et tais-toi!
Un groupe de huit officiers de la Protection civile, formé
en Algérie pendant dix mois est rentré au pays diplômes
en main alors qu'ils n'ont toujours pas perçu ni bourses,
ni salaires. Anges ou démons, ils ont " jeûné
" tout le temps qu'a duré la formation, atteignant
le feu de la faim et du dépaysement pour tenir le coup
avec seulement 400 dinars algériens (1200UM) et décrocher
leurs diplômes afin de garder ce précieux boulot.
Véritable sacrifice, ce stage n'en est pas moins un autre
cas du laissé-pour-compte des étudiants mauritaniens
à l'étranger. De retour à Nouakchott, ils
continuent toujours de courir après cette maudite bourse
et un salaire qu'ils n'ont toujours pas perçu depuis leur
recrutement (un an et cinq mois). Comme quoi, "sois belle
et tais-toi" s'applique également aux bleu de la protection
civile : "sois pompier et tais-toi !"
Tout avait commencé lorsque, recrutées après
concours pour être des officiers de la protection civile,
cinq recrues subissent localement la formation militaire de six
mois (du 05 mars au 20 septembre 2002). Passée cette première
formation, les jeunes garçons recrutés sont orientés
vers l'Algérie pour une formation de douze mois à
Alger où ils rejoindront trois autres déjà
sur place.
Le directeur de la protection civile, le colonel Sogho Alassane
prend les devants en écrivant deux lettres successives
(N°220 et 221 datés du 17/09/2002) au directeur du
Budget et des Comptes à lépoque pour demander
la " prise en charge par le Ministère des Finances
des bourses des stagiaires issus du recrutement direct "
avant qu'un arrêté de mise en position de stage (arrêté
N°00472/MIPT/DAAF/SP du 10/12/2002) ne vienne parfaire leur
départ en stage. Ils partiront avec un retard de deux mois
et leur formation ne sera alors que dix mois. Première
anomalie due à la lenteur administrative empêchant
les billets d'être réservés à temps.
Soit.
Les cinq élèves officiers arrivent à Alger
le 04 janvier 2003 et sont soumis à la formation qui n'est
plus de que dix mois. Les mois passent sans que les bourses ne
soient débloquées et c'est seulement grâce
à leur propres économies et au complément
de bourse donné par l'Algérie (400 dinars, soit
1200UM) qu'ils devront tenir le coup. L'ambassadeur mauritanien
à Alger, S.E.M. Mohamed Abderrahmane Ould Saiboutt et son
attaché militaire mettent les bouchées doubles,
transmettent les requêtes des stagiaires, communiquent ici
et là pour les aider, mais toujours rien en vue. La formation
s'achève et le 28 octobre 2003, les élèves
officiers rentrent au pays diplômes en mains. Leur directeur
les prend à témoin en les envoyant au budget, Nos
salaires sont bloqués depuis un an et cinq mois alors qu'il
y a parmi nous des pères de familles." sont venus
répéter quatre de ces jeunes recrues dans nos bureaux
ce mardi matin.
Une véritable galère qui n'en finit pas alors que
le Président de la République et le Premier Ministre
promettent de redresser cette administration qui ne respecte pas
le droit des citoyens.
Bahaida Ould Ghoulam
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