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QUOTIDIEN


Les diplômés ignares
Vivement un Audit!
La tendance dominante consiste à poser le chômage des diplômés comme étant l'un des principaux problèmes du pays. Rares, sont ceux qui ont l'honnêteté de reconnaître qu'il y a un autre grand problème, auquel nous faisons face, avec l'existence d'une nombreuse faune de diplômés ignares, en activité et au chômage.
Au fond, ce ne sont pas les médecins, les administrateurs, les ingénieurs, les journalistes, les sociologues et les techniciens qui manquent.
Plusieurs décennies durant, "les Universités" de l'Orient, du Maghreb, de l'Europe de l'Est et d'Afrique ont déversé ici des milliers de diplômés qui ont parfois un rapport avec tout, sauf, avec leur domaine de spécialisation.
Ainsi, dés que la qualité des compétences est soulevée, le problème de déficit de cadres reste entier.
Malgré la pléthore de diplômés, la cacophonie soulevée autour de leurs cas, le problème de ressources humaines valables ne peut plus être occulté.
Qui n'a pas eu affaire parmi nous, à des administrateurs bidon, des ingénieurs moribonds, des faux journalistes, des faux magistrats, des techniciens sans formation réelle et des fonctionnaires analphabètes ?
Qui ne se rappelle pas -entre autres- de l'histoire du faux médecin de Boutilimitt ?
Un jour -peut être- on mesurera à sa juste valeur les dégâts occasionnés par les administrateurs de l'ENAP de Rabat, les ingénieurs de l'ex-Irak, les docteurs d'Egypte, les maîtrisards de l'Université de Nouakchott et les sortants de l'ENI..
Aucune compétence, aucune prédisposition, aucun gramme de savoir vivre et aucune dose de bon sens , seulement les certitudes imbéciles, les superficialités, l'ambition démesurée et l'effet dévastateur d'un ouragan.
Pourtant, pour arrêter cette imposture, par laquelle, n'importe quel petit farfelu peut présenter un bout de papier, délivré par une obscure officine et exiger la Primature en contrepartie, il suffit de mettre en place un Observatoire National des Ressources Humaines, chargé d'auditer les diplômes présentés, d'évaluer les connaissances de leurs détenteurs et de valider les CV que les postulants aux emplois publics et privés élaborent de façon fantaisiste.
Cet observatoire doit comporter des personnalités éminentes connues par leur probité intellectuelle et morale et avoir s'il le faut, le pouvoir de traduire les faux diplômés devant les tribunaux dans l'espoir qu'ils auront affaire à de vrais magistrats.
Et parions que nous découvrirons ainsi, des agrégés en maths qui éprouvent de grandes difficultés devant une question du genre : 7 x 8 c'est combien ?
des docteurs en médecine qui ignorent l'existence de la Pénicilline et des formateurs qui doivent passer par les salles d'alphabétisation.
Certes, il reste hors de propos de décréter ici, qu'il n y a pas des ressources humaines valables dans ce pays, mais il serait hasardeux de continuer à ignorer l'imposture liée à la question des qualifications.
Autant il convient de valoriser les talents, autant il est nécessaire de démasquer et de ne pas compter sur de faux talents plutôt préjudiciables au pays. La complaisance doit avoir des limites. Qui veut se retrouver demain, dans un avion piloté par un faux pilote ou, anesthésié dans un bloc opératoire face à un faux chirurgien?
C'est du baratin peut être? alors, continuons à fermer l'œil !
IOM

Somelec
passation de service au sommet
La passation de service, le week-end dernier, entre l'ancien directeur général de la Somelec le colonel Sidi Ould Riha et son nouvel remplaçant, M. Kane Moustapha, a permis à ce dernier de constater qu'il a hérité d'une société en parfait état de marche avec une excellente situation financière (des centaines de millions en banques et autant au Trésor Public).
Qu'il s'agisse du redressement économique de la société ou de la gestion de ses ressources humaines, la "boîte" a été remise sur les rails pour donner le meilleur d'elle-même. Ainsi, la Sonelec, (ancêtre de la SOMELEC) dont tous les groupes ont été révisés, à la veille du branchement de la ville de Nouakchott sur le réseau Manantali, et après avoir réussi le pari difficile de l'électrification des treize capitales régionales, avant d'être scindée en deux (SOMELEC et SNDE) en vue de sa privatisation, a connu sous le colonel Sidi Ould Riha une véritable cure de gestion. Côté social, les employés de la Somelec sont unanimes : une attention particulière leur avait été donnée à tout un chacun et le directeur sortant avait été l'un des meilleurs. Une œuvre grandiose qui nécessite cependant d'axer les efforts sur l'extension des réseaux. Il laisse à son remplaçant, M. Kane Moustapha, ingénieur et homme du sérail qui a été directeur et ministre de l'Hydraulique, une société dont l'avenir est prometteur.
L'on se souvient que le colonel Sidi Ould Riha, qui vient d'être promu Chef d'Etat-Major de la Gendarmerie Nationale, en remplacement du colonel Mohamed Mahmoud Ould Deh admis à la retraite, avait, durant ces vingt dernières années, été l'homme des situations difficiles auquel le Président Ould Taya n'a de cesse de renouveler sa confiance. Cet officier de la gendarmerie bardé de diplômes avait été de 1982 à 1987, directeur général des Douanes, puis des Impôts de 1988 à 1990, avant de diriger la Sonimex jusqu'en 1996, date à laquelle il est nommé à la tête de la Sonelec.
Mohamed Ould Khattat

CGTM
Renforcement des capacités pour les syndiquées
Une table ronde sur le renforcement des capacités syndicales des Femmes en Mauritanie pour la réduction des disparités de genre dans une perspective de développement humain durable a été ouverte ce dimanche matin 11 janvier au Centre de Formation pour la Promotion Féminine, par le Secrétaire général du Ministère de la Fonction Publique et du Travail.
L'atelier qui s'étalera sur cinq jours (du 11 au 15 janvier courant), est organisé par la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM), grâce à un financement de la Confédération Générale des Syndicats Libéraux de Belgique (CGSLB) via son ONG MSI (Mouvement pour la Solidarité Internationale) et avec le concours du Ministère belge de la coopération.
Dans son mot de bienvenue le Secrétaire Général de la CGTM, M. Abdallahi Ould Mohamed dit Nahah devait rappeler que c'est là un "important événement car la réduction des disparités de genre à travers la promotion de la femme et le renforcement de ses capacités sont aujourd'hui au cœur des préoccupations tant au niveau des gouvernements que des acteurs de la société civile à travers le monde."
Prenant la parole à son tour, le représentant belge, M. André soulignera que sa confédération a été impressionnée par la volonté et le militantisme des femmes syndicales mauritaniennes et que dans le cadre de leur coopération avec les pays du Sud, ils ont décidé de favoriser la coopération en Mauritanie bien que la Belgique ne soit représentée en Mauritanie que par un consulat. C'est également la première fois que les belges financent un projet dans notre pays.
Mme Sy Lalla Aicha, la responsable de ce Projet de Renforcement des capacités syndicales des Femmes, membre du Comité national des Femmes et responsable des relations extérieures à la CGTM, expliquera longuement le processus historique de ce projet, rappelant qu'il est le fruit de la coopération entre les deux syndicats (la CGTM et la CGSLB). Ainsi, après étude, la CGTM a remarqué que la syndicalisation des Femmes en Mauritanie était très faible et après la tenue du congrès 2000, il fut créer un comité national des femmes syndiquées, dépendant du secrétariat exécutif chargé des femmes et des jeunes au sein de la CGTM. Les démarches et requêtes qui suivirent la création de ce comité trouveront oreille attentive auprès de la CGSLB qui, dans une première phase assurera la formation de deux femmes en Belgique en gestion de projet (PCM), notamment comment concevoir les projets, les gérer et les évaluer. De retour en Mauritanie, ces femmes ont restitué la formation reçue et créer un comité de pilotage. Deux autres rencontres, l'une en septembre pour l'identification du projet de renforcement des capacités et l'autre en novembre pour la planification permettront d'organiser le présent atelier pour aboutir à un outil de gestion appelé Cadre logique du projet qui comprend des objectifs généraux, l'objectif spécifique, les résultats attendus et les activités pour atteindre ces dits résultats. Parmi les objectifs globaux ont peut citer les conditions de vie et de travail des femmes améliorées, les disparités de genre réduites dans les organisations syndicales et les syndicats renforcés. L'objectif spécifique est quant à lui, le renforcement des capacités syndicales des travailleuses.
Le séminaire devra se poursuivre au siège de la CGTM sis à l'ilot L jusqu'au dernier jour pour être clôturé au Centre Pilote Féminin du CFPF, le 15 janvier courant.
Mohamed Ould Khattat

N° : 522 du 12 janvier 2004