Conférence
de presse du S.G. du PRDS Boullah Ould Mogueya
"Il y a une crise de leadership
à l'Opposition"
C'est devant un parterre de journalistes nationaux et internationaux
que le Secrétaire Général du PRDS, M. Boullah
Ould Mogueya a donné une conférence de presse ce samedi
à 12h 30mn au siège de son parti. Etaient présents,
le directeur de cabinet Ahmed Ould Mohamed Khairou dit Ahmed Traoré
et les conseillers Deddoud Ould Abdallahi et Kaber Ould Hamoudi
et le responsable de l'organe de presse du Prds M Mohamed Abdellahi
Ould Bellil .
Affichant bonne mine, détendu et se montrant confiant, le
Secrétaire Général du PRDS rappellera d'emblée
que cette quatrième rencontre depuis trois mois (date de
sa prise de fonction NDLR), la seconde après les élections
présidentielles du 7 novembre courant rentre dans le cadre
du dialogue continu qu'il a pris habitude d'organiser avec la presse.
| Ould
Mogueya en profitera pour remercier les efforts remarquables
que la presse avait fourni pour couvrir les élections
présidentielles 2003, avant de souligner que cet entretien
tournera autour de la campagne, des résultats de cette
présidentielle et des enseignements qui en ont été
tirés. Du point de vue du Prds, ces analyses ont fait
ressortir les observations suivantes : |
 |
Sur
le déroulement de la campagne présidentielle :
M. Boullah Ould Mogueya affirmera que "cette élection
majeure a été, de par son organisation, sa gestion,
son déroulement, sa modernité, sa vivacité,
différente de celles qui l'ont précédé
que ce soit au niveau des moyens ou des enjeux. Ainsi, dira-t-il,
que ce soit par l'utilisation des téléphones Thuraya,
de l'Internet, des supports publicitaires gigantesques, des couleurs,
des jeux de lumières ou la participation de la société
civile, particulièrement les initiatives de soutien des jeunes,
des femmes, des travailleurs qui ont accompagné ce profond
mouvement de liberté, cette campagne présidentielle
a été différente, mais aussi très réussie
et très moderne. Cela est d'autant plus vrai qu'elle a été
caractérisée aussi par la participation de candidats
issus de toutes les catégories sociales pour la première
fois de l'histoire du pays avec une femme candidate à la
présidence. Que ce soit avant ou après la couverture
médiatique de cette élection, notre pays était
au cur de l'événement et cela est très
important."
M. Boullah Ould Mogueya rappellera que "cette campagne s'est
caractérisée par la neutralité de l'administration
et la transparence grâce aux mécanismes mis en place
de carte d'identité infalsifiable, urne transparente, encre
indélébile, représentants des candidats dans
les bureaux de vote, isoloir, etc."
Malgré la tentative de diabolisation que certains candidats
ont essayé d'imposer au déroulement de cette élection
présidentielle en menaçant et promettant que "
le 7 novembre sera
", le Secrétaire Général
du PRDS dira que "le 7 novembre n'a été que ce
que le peuple mauritanien a voulu qu'il soit. Notre candidat avait
un programme réaliste et non violent, les candidats de l'opposition
étaient incapables de présenter un programme ou un
projet de société."
Sur le plan des résultats et de leurs enseignements,
Ould Mogueya remarquera que "les opérations de vote
et les résultats sont conformes aux indicateurs de la campagne,
lesquels montraient clairement qu'il y avait une seule réelle
orientation populaire en faveur de notre candidat. De même
que le taux de participation était très élevé
(60%). Ce qui relève de la maturité et de la prise
de conscience de notre peuple, surtout que vous n'êtes pas
sans savoir que dans certains pays (NDLR : Serbie), on a reporté
récemment les élections parce que le taux de participation
était faible.
Par ailleurs dans les villes et les communes rurales, notre candidat
a remporté l'élection partout sauf dans la Moughataa
Nouakchottoise de Sebkha. L'un des enseignements les plus importants
à retenir de cette élection est que les leaders traditionnels
de l'opposition ont été désavoués par
leur base. C'est un divorce total puisqu'ils n'ont obtenu que 5
ou 6%. Comme je l'avais déjà dit, la candidature de
Ould Haidalla n'a fait qu'affaiblir ses amis Ahmed Ould Daddah et
Messaoud Ould Boulkheir et le résultat de 18% que Haidalla
a réalisé est un fiasco total pour ces leaders traditionnels.
Même le score de 33% que l'opposition avait réalisé
en 1992 a volé en éclat. Mais ces résultats
ont aussi montré que le peuple tient à son unité
et tous les pronostics que ces candidats de l'opposition avaient
fait ont échoué, affirmant du coup un net recul et
une faiblesse du régionalisme, du sectarisme etc. Il faut
noter également que le peuple et même les représentants
des candidats, tous ont accepté les résultats et dès
la fin de la campagne électorale, au petit jour du jeudi
6 novembre, tout était paru comme si de rien n'était
la veille. Ce qui veut dire que le peuple est soucieux du respect
des lois et des règles du jeu démocratique, sans oublier
la bénédiction internationale rapide de la majeure
partie des pays qui se sont empressés de reconnaître
les résultats et féliciter notre candidat. Le peuple
qui connaît notre candidat l'a choisi et a refusé les
autres qui symbolisent l'incertain et le chaos."
Le "question-réponse"
Après cette longue introduction, le Secrétaire Général
du PRDS invitera la presse à poser ses questions. Sans en
esquiver la moindre et se donnant à cur joie à
la critique de l'opposition et de ses candidats qui se sont révélés
incapables "après 12 ans de faire un score meilleur
que 5 ou 6%, alors qu'ils ont eu le temps et les moyens humains
et matériels grâce notamment aux financements de leurs
partis par l'Etat, mais aussi au travail avec l'étranger
et l'utilisation de la presse", Ould Mogueya ne donnera dans
la dentelle pour accabler l'opposition de tous les (maux) mots.
Au sujet de savoir si le Pouvoir acceptera de s'ouvrir à
cette opposition qui a réalisé 5 ou 6% seulement ou
si, pour combler le vide politique qui existe du fait qu'elle soit
quasi-inexistante, il faut "créer" une opposition
crédible et responsable pour sortir la démocratie
de l'état comateux dans lequel elle risque de sombrer, Boullah
répondra qu'il "n'y a pas de vide politique. Les institutions
démocratiques fonctionnent et le vide qu'il y a est un vide
dans l'esprit de certains opposants. On n'a pas à créer
une opposition. En démocratie on choisit d'être dans
la majorité ou dans l'opposition qui constitue une pièce
de rechange. Mais il faut être une pièce de rechange
réelle et non pas "arrivage". C'est à eux
de choisir leur avenir pas à nous de le faire à leur
place. Il ne faut pas confondre l'absence de leadership pour l'opposition
et l'opposition elle-même. Il n'y a pas de crise d'opposition,
mais une crise de leadership."
Ould Mogueya dira également que "le PRDS est un parti
de dialogue ouvert à une opposition crédible mais
comment, se demande-t-il dialoguer avec une opposition extrémiste
dont le discours défie les lois." Et Boullah de s'interroger
: "comment faire le dialogue avec une opposition qui rejette
la volonté du peuple. Les 31% de votes recueillis par les
candidats de l'opposition sont ceux des populations qui veulent
le changement mais qui ne le veulent pas dans l'anarchie et c'est
pourquoi ils n'ont pas suivi les appels au soulèvement et
à la violence prônés par ces trois candidats.
Or en démocratie, il faut qu'il y ait un gagnant et un perdant,
c'est le jeu et ces leaders (NDLR : Ahmed et Messaoud) doivent demander
à ces 18% qui ont voté pour Haidalla qui n'a pas de
parti, pourquoi ils l'ont fait et pourquoi ils ont donné
à Ahmed Ould Daddah et Messaoud 5 ou 6%. Par ailleurs ces
leaders traditionnels de l'opposition ont versé pendant 12
ans dans un discours extrémiste qui n'a rien à voir
avec ce qui se passe dans le pays."
Répondant à une question relative à la création
du Forum pour le Salut Démocratique, Ould Mogueya dira qu'il
ne lui reproche rien sinon qu'il rejette les résultats des
élections.
Mohamed Ould Khattat
Ministère
de l'hydraulique
Où est il passé
le pactole?
A la veille du démarrage de la campagne électorale
l'ex-ministre de l'hydraulique M Kane Moustapha a ordonné
à son secrétaire général El Hadrami
Ould Ahmed et l'inspecteur général du même
ministère de lui ramasser un pactole de 30 millions sur
l'ensemble des etabilissements relevant du département
de l'Hydraulique et de l'Energie.
L'ex ministre directeur de campagne au Brakna laissait entendre
que c'était pour les besoins du financement de la campagne
électorale pourtant financée par la direction de
campagne nationale.
Selon nos informations tous les établissements sous la
tutelle du ministre s'étaient exécutés sauf
la Somelec et l'Ader et un pactole de 30 millions d'ouguiyas aurait
été remis à M Kane Moustapha. Au vu des résultas
obtenus là où M Kane dirigeait la campagne on peut
se demander si réellement ce pactole a servi le candidat
dont l 'ex ministre était directeur de campagne ou s'il
a tout simplement servi ses adversaires. Et de toute façon
une question reste à l'ordre du jour : Où est -il
passé le pactole?
Arrestation
de Ould Haïdalla et de ses proches
Les épouses des détenus
sorganisent
Le black out continue de régner sur les arrestations de Haïdalla
et de ses proches qui depuis leurs arrestations au lendemain du
scrutin du 7 novembre n'ont pas fait signe de vie. Détenus
à la prison civile de Beila sans motif d'inculpation formellement
formulé par le Procureur de la République, ils restent
ballottés entre ce dernier qui est censé s'occuper
de leur dossier et la police qui semble encore exercer son droit
de garde à vue. Une situation de non droit selon les avocats
de la défense qui se battent depuis le début de cette
affaire pour rétablir leurs clients dans leurs droits.
De son côté, l'opposition qui vient de se réorganiser
en mettant en place un Forum pour le Salut Démocratique promet
de dépasser ses gesticulations et de faire quelque chose
pour la libération inconditionnelle des détenus. Les
familles des victimes ne sont pas non plus en reste. Elles ont marché
ce jeudi sur le Palais de Justice pour avoir des informations précises
sur leurs proches.
| C'est
ainsi qu'une bonne centaine de femmes se sont regroupées
la matinée du jeudi dernier au portail du Palais avant
de se voir confisquer leurs pancartes revendicatives qu'elles
portaient et qu'elles ne soient dispersées pacifiquement
par la police. Selon Mariem mint Haba, file de M Haba Ould
Mohamed Vall (notre photo) qui s'exprimait
au nom des femmes : |
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"
Nous sommes venus pour rencontrer le Procureur de la République
afin qu'il nous édifie sur le sort de nos proches. "
Malheureusement, ce dernier ne l'entendait pas de la même
oreille et était resté terré dans son bureau
sous bonne protection policière.
Notons qu'à l'issue de cette manifestation, un caméraman
allemand accusé par la police d'avoir filmé l'événement
a été arrêté. L'officier de police dirigeant
les opérations que nous avons approché accuse le photographe
d'avoir filmé la police en action ce qui, visiblement, ne
plaît pas à nos hommes en tenue qui, apparemment, tiennent
beaucoup à leur image mais qui oublient que les journalistes
tiennent à faire eux aussi, leur travail protégé
par la constitution : le droit d'informer.
Pour l' officier de police qui s'adressait aux journalistes présents
sur les lieux : " Nous n'en voulons pas à votre collègue.
Je vous invite à aller le raisonner. Il faut qu'il nous restitue
ce film. S'il s'exécute il est libre. ". Finalement,
notre confrère allemand n'a pas voulu enlever le film de
sa camera pour le restituer à la Police et il fut embarqué
par les hommes en tenue. Espérons qu'il ne se retrouvera
pas à Beila pour avoir filmé !
Bakari Guèye
Suite à
l'octroi de primes insignifiantes
Grogne au MIPT
A la veille de la fête en fin de ce mois Beni du Ramadan,
le personnel des établissements publics et privés
s'attend généralement à des gestes de leurs
employeurs pour les aider à faire face aux exigences de
la fête et aux multiples dépenses qu'elle occasionne
. Si, au niveau de plusieurs établissements, la tendance
est à la magnanimité avec dons et gratifications
au menu, tel ne semble pas être le cas au ministère
de l'interieur.
En effet, le personnel de ce ministère est traversé
actuellement par une grogne en raison de la décision prise
et ayant pour conséquence la diminution drastique de la
prime concédée au personnel après les élections
durant lesquelles le ministère demandait pourtant à
son personnel de se surpasser au travail.
Les primes affectées cette année seraient sans commune
mesure avec celles octroyées en pareille circonstance .
Du personnel subalterne en passant par les directeurs et les conseillers
c'est le mécontentement général. Drôle
de méthode de gestion du personnel dans un département
aussi sensible, où la motivation devait être à
l'ordre du jour.
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