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ACTUALITE
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NOUAKCHOTT-INFO
QUOTIDIEN
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- Politique:
Oui, c'est
le chambardement
Depuis le 6 juillet la scène nationale vit au rythme
de profonds changements qui avaient débuté avec
le gouvernement, le parti au pouvoir et se poursuivent au niveau
des hautes sphères de l'Etat.
Avec le remplacement du premier ministre le 6 juillet par Me
Sghair Ould Mbareck et la quasi-reconduction le 7 juillet de
l'équipe sortante, les observateurs avaient eu l'impression
que Ould Taya changeait seulement d'hommes et faisait même
du neuf avec de l'ancien.
Un sentiment qui a prédominé toute l'après
midi du 7 juillet mais que la nature des mesures prises lors
de la 3eme session extraordinaire du conseil national du Prds,
convoquée la même soirée allait démentir.
En effet au cours de cette (très extraordinaire) session
du conseil national du parti au pouvoir le Docteur Louleid ould
Weddad, un vieux et fidèle compagnon de route du Président
Ould Taya, quittait les commandes du parti au pouvoir et le
conseil national en même temps que l'ex-premier ministre
Cheikh El Avia Ould Mohamed Khouna.
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La
tempête au sommet du parti qui a amené à
la tête de sa pyramide un ancien SG M Boullah ould Mogueya,
a néanmoins épargné le bureau exécutif,
l'instance suprême du parti et allait se poursuivie le
lendemain 8 juillet au niveau des hautes sphères de l'Etat.
Le 8 juillet, M. Sidi Mohamed Ould Boubacar quitte le poste
de ministre-directeur du cabinet du président de la République
où il est remplacé par M. Melainine Ould Tomy
(en haut à gauche), ex-directeur du
protocole d'Etat et personnalité de premier ordre dans
l'entourage immédiat du président de la République.
Ould Tomy est titulaire dune licence en Litterature anglaise
à lUniversité dAlger et dun
DESS en interpretariat de la Sorbone.
En plus de sa culture très vaste, le nouveau DIRCAB est
un fin connaisseur de la Mauritanie. Ould Tomy parle, lArabe,
le Français, lAnglais et lEspagnol.
Dans la même journée, M. Mohamed Lemine ould Guig,
ex-ministre secrétaire général de la présidence
est nommé Commissaire à la sécurité
alimentaire, en remplacement de M. Sidi Mohamed Ould Biyé.
Ould Guig (en bas à gauche) a été
remplacé au Ministère secrétariat général
de la Présidence par M. Dah ould Abdel Jelil (à
droite), plusieurs fois ministre de l'interieur.
Sur les causes d'un tel chambardement qui a concerné
avant tout l'entourage immédiat du président de
la République, trois causes principales sont avancées
par divers milieux.
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Il y a en premier lieu l'attitude du gouvernement et celle du
parti lors des évènements du 8 juin, attitude
jugée " passive et défaitiste ", même
si le parti n'a pas de milices armées à faire
descendre dans la rue pour défendre la République.
Il y a ensuite, la profonde aspiration de l'opinion au changement
revelée au lendemain de la tentative de putsch et à
la quelle il a fallu repondre ne serait-ce qu'en changeant d'hommes
avant de changer de méthodes. Et enfin les observateurs
décèlent, quelque part, une ferme volonté
de remettre les pendules à l'heure à travers des
signaux reflétant que rien ne sera plus comme avant et
que nul quelque soit son enracinement ou sa proximité
ne sera à l'abri des exigences du contexte et de l'obligation
de rendre compte pour ses actes.
Boucs émissaires?
"Sans la tentative de putsch du 8 juin, ils seraient encore
en fonction, à cause d'elle, ils sont dans la rue: le
putsch a-t-il réussi en partie?"
Cette assertion doublée d'une interrogation, émanant
d'un citoyen ordinaire, est, peut-être, révélatrice
du déclic occasionné par les évènements
du 8 juin. Elle tend aussi à faire penser que l'ex-secrétaire
général du parti et l'ex-Premier ministre, soumis
présentement au lynchage psychologique de l'opinion publique,
ne seraient que des boucs émissaires désignés
pour une situation de crise.
Toutefois, cette tentative de les disculper a elle aussi ses
limites. Ould Mohamed Khouna fut trois fois Premier ministre
de la République et eut à gérer et à
superviser l'approche politique, économique, et sociale
du pays qui, décidément et en depit de bien des
résultats, a aussi ses tares et ses frustrés.
Quant à l'ex-secrétaire général
du parti, le Docteur Louleid Ould Weddad, il se confondait tellement
avec son patron qu'on le prenait souvent pour ce dernier. Ould
Weddad qui cristallisait toutes les rancurs à l'endroit
d'un régime auquel il reste assimilé, paie, peut-être
en réalité, pour une image qu'on lui colle à
tort ou à raison. Et que l'on ne se trompe guère.
Les phrases assassines, jetées ça et là
, la soirée du 7 juillet, nous ont bien rappelé
celles prononcées à l'encontre de Ould Mogueya,
quand il a quitté le secrétariat général
du parti en 1995 et à l'endroit de Ould Moctar El Hassen
quand il a été évincé du conseil
national en janvier 2002. Diaboliser le partant, angéliser
le nouveau, voilà une recette miracle bien mauritanienne.
Il n y a pas que des désaveux
On a l'impression à travers ce chambardement au sommet
qu'il n y a eu que des disgrâces. En fait il y en eu mais
il y a eu également des récompenses. C'est le
cas de M. Melainine ould Tommy qui devient directeur de cabinet
du président de la République. Ould Tommy qui
a toujours été l'ombre du président et
qui n'a pas encore été envoyé dans les
marécages du gouvernement et ceux du parti, a été
l'une des rares personnalités de l'entourage à
avoir côtoyé la Président de la République
dans les sombres moments du 8 juin, quand la République
était menacée.
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Dans
le cas de Mohamed Lemine Ould Guig, désigné
commissaire à la sécurité alimentaire,
un poste avec rang de ministre, alors qu'il était
MSGP, un super ministre, on a fait plutôt appel
aux qualités d'intégrité et la réputation
d'homme propre. Ould Guig (en bas à gauche)
débarque au CSA au moment où on parle d'une
gestion controversée du plan d'urgence, dans ses
différents volets qu'ils soient alimentaires ou
hydrauliquesselon des rumeurs probablement assassines.Le
départ M. Sidi Mohamed Ould Boubacar du poste de
ministre-directeur de cabinet du président de la
République a été plutôt mis
sur le compte du changement général des
symbolesdu pouvoir davant le 8 juin. On parle, d'ailleurs,
de sa nomination imminente comme ambassadeur dans une
capitale européenne, peut être lAllemegne
en remplacement de M. Melainine Ould Moctar Nech qui pourrait
être affecté au Caire. Des informations encore
non confirmées de sources officielles.
Enfin, il y a le retour de M. Dah Ould Abdel Jelil qui
a quitté le ministère de l'interieur en
mai 2001 et qui réintègre ainsi les hautes
sphères du pouvoir. En attendant
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IOM
Déclaration de politique générale du Gouvernement:
Continuité
dans les options et les programmes
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Le
Premier ministre, Me Sghaïr Ould M'Barek (notre
photo) a développé, mercredi 9 juillet,
devant l'Assemblée nationale, les grandes lignes de la
politique générale que le gouvernement entend
mener. Une politique à travers laquelle son équipe
oeuvrera à "consolider les importants acquis enregistrés
dans tous les domaines, politique, économique social
et culturel dans un climat de sécurité de stabilité
et de règne de l'Etat de droit "
Dans sa déclaration, le premier ministre, faisant allusion
à la tentative de putsch du 8 juin, a fustigé
les actions barbares qui visaient à détruire les
institutions démocratiques, à compromettre la
sécurité et la stabilité du pays dans une
vaine tentative de l'entraîner dans un cycle de violence,
de destruction et de ruine . Le premier ministre a estimé
que le courage et la sagesse du président Ould Taya ont
permis de sauver la Mauritanie des conséquences du coup
d'Etat avorté que le peuple " dans toutes ses composantes
rejette et condamne".
Au niveau du bilan et des perspectives, Me. Ould M'Barek a promis
de lutter contre la pauvreté, d'accélérer
le rythme de la croissance économique, estimée
en 2002 à 4,2%, selon des chiffres officiels.
Il a également promis de maîtriser l'inflation
(réduite à moins de 3%) et de consolider les grands
équilibres macro-économiques de l'économie
nationale.
Ainsi la lutte contre la pauvreté continuera à
constituer la pierre angulaire de la politique de développement
et le CSLP le document de référence pour l'action
gouvernementale.
D'ailleurs, le gouvernement poursuivra l'exécution des
programmes portant réalisation des infrastructures socio-économiques.
Par ailleurs, le PM a fait part de l'attention qui sera portée
au secteur du développement rural dans ses différents
volets ainsi que ceux visant à intégrer le secteur
des pêches dans l'economie nationale et en accroître
la valeur ajoutée. Tel sera le cas, selon la déclaration
du premier ministre, pour le secteur minier et pour celui du
tourisme. Le Premier ministre a promis, par ailleurs, d'étendre
la couverture sanitaire et de renforcer les efforts pour la
réussite de la reforme du systeme éducatif ainsi
que ceux visant à éradiquer l'analphabétisme,
le renforcement du rôle des mosquées dans la propagation
des valeurs authentiques et l'encouragement de la création
scientifique, culturelle, et technique ainsi que la promotion
de la jeunesse et le développement de ses capacités.
Enfin le premier ministre a exprimé les félicitations
du gouvernement aux forces armées pour le courage, le
patriotisme, l'attachement aux institutions constitutionnelles
et aux valeurs républicaines dont elles ont fait preuve
lors des évènements du 8 juin, avant de conclure
que la mise en uvre de cette politique permettra le renforcement
de l'Etat de droit , les fondements de la démocratie
et garantira une croissance économique soutenue qui va
contribuer à la réduction de la pauvreté
et à l'amélioration constante du niveau de vie
des populations.
Périple
présidentiel au Tiris Zemmour:
Au Nord, ça
se prépare
Le Président de la République se rendra, à
partir du 12 juillet courant, dans la capitale du Tiris Zemmour,
Zouerate, en visite de travail, de prise de contact et d'informations
auprès des populations. Côté travail, il
inaugurera le T.O. 14, un gisement de fer, riche en minerai
que la SNIM avait récemment découvert et posera
la première pierre de l'aéroport de Zouerate.
Côté contact, on pense généralement
que le Président s'enquerra des conditions de vie des
populations et cherchera à comprendre sur le terrain,
les raisons de la déroute de son parti en octobre 2001,
avant de fouetter les léthargies des uns et des autres
en perspective de l'échéance présidentielle
de novembre prochain.
La visite tourne la page du putsch manqué du 8 juin et
renoue avec les sorties à l'intérieur profond
du pays auxquelles le Président Maaouya a habitué
les populations.
Beaucoup de doléances attendent le Président dont
la visite dans cette capitale industrielle du pays, bien courte
(moins de quarante huit heures), ne touchera pas Bir Moghrein
où la soif risque de faire des victimes.
Les populations de cette ville éloignée lui poseront
les problèmes liés à l'eau du fait du tarissement
de la nappe de Hassi Loughar, située à plus de
110 Km et dont l'extension tarde à venir, même
si son financement a, semble-t-il, été en accordé
par le Fadès. A Zouerate où se trouvent les grandes
unités industrielles de la SNIM, l'eau pompée
à partir de Tazadit est devenue très salée
et se raréfie en cette période d'été.
Par ailleurs, les populations du Tiris Zemmour rappelleront
au Président que la construction de digues de retenue
d'eau douce sont une priorité étant donné
que les pâturages tiennent bon et longtemps dans cette
zone et que les eaux de pluies peuvent aider au maintien des
populations dans leurs terroirs.
L'alimentation de la ville de Zouerate en électricité,
que la SNIM prend en charge est coûteuse, en plus d'être
sujette à plusieurs coupures quotidiennes. Les habitants
lui diront que cette société ne peut se substituer
totalement à l'Etat. Surtout sur le volet sanitaire.
Le Tiris Zemmour, zone frontalière de notre pays avec
le Maroc, l'Algérie et le Sahara Occidental, est une
passerelle naturelle entre le Maghreb arabe et l'Afrique de
l'ouest. Mais une passerelle qui manque cruellement d'infrastructures,
notamment routières, et dont la capitale Zouerate reste
enclavée et n'est reliée au reste du pays que
par le train minéralier ou par des pistes à peine
carrossables. Une route qui relierait Zouerate à Atar
suffirait à désenclaver la Wilaya et achèverait
de relier l'ensemble du pays.
Ainsi, la visite qu'effectuera le Président de la République
le 12 juillet prochain ne sera pas de tout repos, puisque l'homme,
futur candidat à sa propre succession, est, peut-être,
déjà considéré en campagne.
Le Tiris Zemmour lui est déjà acquis, mais les
doléances lui seront, cette fois, remises en mains propres
dans l'espoir que les promesses soient concrétisées.
Mohamed Ould Khattat
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N°
: 429 du 10 juillet 2003
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