sit-in
des fonctionnaires postiers
la grève de faim est envisagée
Une femme
assise à l'extrémité d'un groupe d'une trentaine
d' hommes âgés de 42 à 54 ans entassés et
bataillant contre un vent poussiéreux qui veut leur soutirer
un léger matelas rougeâtre posé sur une natte en
caoutchouc, sous les, branchages d'arbres servant d'ombrage contre le
soleil envahissant, tel est le spectacle désolant des fonctionnaires
postiers qui font le pied de grue depuis le 9 avril courant devant la
direction de la Mauripost pour réclamer leurs droits.
Une quarantaine d'hommes et de femmes qui ont pourtant servi l'entreprise
pendant au moins vingt ans et dont une quinzaine ont occupé,
jusqu'à leur départ, des postes de responsabilité
en qualité de directeur financier, de conseiller du directeur
général, de receveur principal, etc. Parmi eux également,
des pères de familles nombreuses (14 enfants), des veuves, des
malades (diabète, cur, rein, tension).
D'ailleurs la maladie emportera leur collègue à Kaédi
(Athié Mohamed Nadhirou) qui n'a pas "tenu le coup"
de cette longue attente et n'a pu couvrir les frais de ses soins grâce
à l'argent promis dans le cadre du plan social.
Isselmou
Ould Mohamed Yahya, administrateur de régie financières
et porte-parole de ce groupe ignoré par le plan social mené
par la Mauripost l, nous fera étalage de leur triste situation,
de leur pénible aventure. "Nous nous en tenons encore à
cette politique du sit-in, mais nous avons aussi la ferme volonté
d'entamer une grève de faim dans un délai très
proche."
Au commencement de cette fâcheuse condition était une proposition
de départ volontaire en janvier 2002 avec un délai de
rigueur pour le dépôt de demande arrêté au
15 février de la même année. La Mauripost jugeait
alors son effectif pléthorique et ces fonctionnaires avaient
cru bon faire en souscrivant à un départ volontaire que
la société avait, dans le cadre de son programme de restructuration,
négocié avec l'Etat.Surtout que, lors de la scission de
l'OPT le 30/12/1999 en deux entités distinctes (Mauripost et
Mauritel), il était prévu dans les termes de référence
que la Mauripost ne conservera que l'effectif strictement nécessaire
à son fonctionnement, le reste revenant à son autre jumelle..
Une disposition qui ne sera qu'une lettre morte car, c'est la Mauritel
qui sera en sous-effectif surtout par rapport à ses potentialités
Ainsi, dès janvier 2002, la Mauripost multiplie les "avis
au départ volontaire" dans lesquels ont pouvait lire : "Dans
le cadre du plan social de l'entreprise, il est porté à
la connaissance du personnel qu'une prime d'incitation correspondant
à 36 mois de salaires nets est accordée au personnel fonctionnaire
désirant réintégrer la fonction publique"
(
) "dans ce cadre, toutes les dispositions ont été
prises au niveau du Ministère des Finances pour la prise en charge
des salaires des fonctionnaires au budget de l'Etat."Des promesses
alléchantes qui feront rêver cette quarantaine de fonctionnaires
qui seront mis à la porte avant d'empocher leur butin. "Il
s'est avéré, chemin faisant, que le plan social avait
été exécuté pour les contractuels aux conditions
précitées alors que les fonctionnaires-cadres de la poste
ont tout bonnement été mis dans la rue." Dixit Isselmou
Ould Mohamed Yahya.
En un mot comme en mille, les promesses resteront sans lendemain jusqu'à
nos jours et ces quarante postiers resteront sans travail avec leurs
lots de problèmes quotidiens pour nourrir leurs enfants, assurer
leur scolarité, leurs soins. Non seulement leurs salaires seront
coupés dès le mois de juillet mais ils ne verront pas
la couleur de l'argent promis (prime d'incitation de 36 mois de salaires).
Leur seule consolation: un leitmotiv que la direction de la Mauripost
ne cesse de leur répéter et qui se résume en deux
mots: "c'est en voie de règlement."
A la direction générale de la Mauripost où nous
nous sommes rendus pour avoir une idée de la force de cet argument
avancé ou de l'explication donnée à cette situation
qui perdure, on nous a expliqué que les fonctionnaires ont déjà
été remis à la disposition de la fonction publique,
que Mauripost leur a payé leurs salaires jusqu'en Décembre
2002 et que la balle est dans le camp du ministère des Finances.
Seulement, on semble oublier que tant que ces fonctionnaires n'ont pas
été à nouveau fonctionnarisés et tant qu'il
n'ont pas eu compensation, la logique et le bon sens, dictent qu'ils
restent postiers de Mauripost.
En demeurant dans l'expectative, ces ex- fonctionnaires qui ne sont
plus fonctionnaires , qui ne sont plus postiers continuent d'affronter
les feuillages des arbres, la poussière asphyxiante et la chaleur
caniculaire de ce début d'été, non sans s'exposer
aux vrombissements des véhicules qui viennent souffler leurs
échappements sur eux dans la cour d'une Mauripost pour laquelle
ils ont donné leur jeunesse et le meilleur d'eux-mêmes.
Triste destin !
Mohamed Ould Khattat
Association
Ribat
Irak et Palestine, même combat
L'association Ribat pour la lutte contre la normalisation avec Israël
et la défense d'Al Qods, en collaboration avec le Syndicat Libre
des Professeurs du Secondaire, a organisé hier dimanche, à
l'ancienne maison des jeunes, une conférence-débat en
soutien à l'Irak et pour condamner l'agression contre ce pays.
L'idée centrale lors de cette conférence fut celle de
considérer la guerre contre l'Irak et l'occupation des terres
palestinienne comme une seule et même question. " Seul les
noms diffèrent ", dira Ahmed O. Wediaa, l'un des membres
du Ribat, "
mais la finalité est la même "
: Concrétiser les desseins d'Israël en prenant le monde
arabe et musulman comme cible. Selon le Ribat, Israël constitue
la première raison pour laquelle, américains et britanniques
agressent les pays de la région.
L'organisation de cette conférence était nécessaire
pour le Ribat afin que soit observé un moment de réflexion
et présenté des analyses de nature à édifier
tous les membres de l'association, de la société civile
et par delà l'ensemble de la population sur les questions du
moment.
Plusieurs personnalités étaient présentes à
la manifestation dont certaines ont pris la parole.
Le représentant du syndicat libre des professeurs du secondaire,
évoquera dans son intervention, les conditions précaires
dans lesquelles se trouvent les professeurs, entre le marteau de la
hausse des prix et celui de la stagnation des salaires. Mais dira-t-il,
ces conditions n'ont pas affecté notre engagement pour les causes
palestinienne et irakienne. Il rappellera pour l'occasion que l'Irak
n'en est pas à sa première occupation, mais que cet illustre
pays, symbole de la résistance arabe et du savoir, s'en est toujours
sorti grandi et plus fort. Il ne fait aucun doute selon lui, que l'Irak
se lève et mette à la porte les occupants.
L'avocat Yarba Ould Mohamed saleh présentera un long exposé
sur le rôle que doit jouer le juriste arabe face aux évènements
actuels puis répondra à la question de savoir si l'Amérique
et son alliée la Grande Bretagne peuvent se targuer d'avoir le
droit et la légalité de leur côté.
L'avocat dira en substance que sur le plan juridique, ces deux pays
ont subi une défaite indéniable comme ils ont mis à
découvert leur véritable visage. Car aujourd'hui, l'action
américano- britannique en Irak est considérée comme
une occupation, ce qui est lourd de sens selon Me/Yarba. Sur un plan
général, dira-t-il, ces deux pays ont perdu toute crédibilité
concernant les questions en rapport avec les droits de l'Hommes. La
prison de Guantanamo et son existence hors tout cadre juridique démontre
selon lui la véritable face des USA qui ont l'habitude de se
dérober des conventions internationales pouvant impliquer leur
responsabilité.
Le président du comité de soutien à l'Irak et à
la Palestine Abderrahmane O. Babana, évoquera pour sa part les
intentions cachées de ces deux pays qui selon lui en veulent
aux richesses pétrolières de la région tout en
réalisant les intérêts d'Israël.
L'un des dirigeant du Ribat, en l'occurrence Mohamed Ghoulam O. El Hadj,
devait par la suite utiliser des termes jugés aussitôt
excessifs par Ahmed O. Oubeïd (membre d'Ennouhoud Al Watani). Une
mésentente entre les hommes allait provoquer l'anarchie dans
la salle. Mais très vite, les organisateurs ont su redonner à
la séance le même enthousiasme et l'engagement générale
sur l'objet de la conférence.
Le spectre de la lutte de leadership entre islamiste et nassériens
a cependant plané pendant quelques minutes dans la salle.
Avant la fin de la manifestation, un autre membre dirigeant du Ribat
Abderrahmane Ould Cheïkh saura utiliser les termes adéquat
pour unir les deux tendances.
Mohamed Jemil Ould Mansour, SG du Ribat, s'est ensuite prononcé
dans le même sens faisant remarquer que la question ne constitue
pas un détail par rapport à la lutte qu'il faut mener
contre les occupants des terres arabes et musulmanes.
CS