NATION

L'Agence d'Accès Universel
Bilan, Zéro pointé

Par Fall O. Mohamed

L'actuel gouvernement sera jugé sur son bilan en matière de lutte contre la pauvreté mais aussi sur les réponses apportées aux problèmes auxquels le pays est confronté et dont la plupart sont latents depuis quelques années.
Leur traitement ne peut plus être reporté; car lors du prochain scrutin, l'exigence de vérité sera encore plus grande.
Les promesses bafouées, les réformes enlisées et les vérités masquées se verront sanctionnées par l'acte de pouvoir du peuple : le vote. C'est fort de ce constat, que les pouvoirs publics ont lancé en 2002 la stratégie d'accès universel.

Cette stratégie vise entre autres comme objectif, l'universalisation des services des télécommunications, de l'eau et de l'énergie.
Un an après, l'agence n'a pas réussi à rénover des infrastructures décrépites encore moins généraliser les services universels.
Les pauvres sont donc restés sur leur faim et " leur stratégie au stade de projet ".


Mohamed Ould Dié, Directeur de l’AAU
C'est dans un contexte marqué par une libéralisation tous azimuts des secteurs, mais aussi et surtout l'adoption du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP), que le gouvernement a mis en place la stratégie d'accès universel.
Avec un coût global de 126,7 millions de dollars, un programme d'investissement qui couvre toute la période (2002-2005), la mise en œuvre de cette stratégie qui n'est en réalité qu'un sous-programme du CSLP, permettra à coup sûr de positiver tous les paramètres qui concourent à la mesure de l'indice national de développement humain.
Valoriser les actifs et stimuler l'activité économique dans les zones de concentration des pauvres à travers la promotion de l'accès universel, le développement d'un partenariat public privé pour le financement des infrastructures et l'incitation à l'innovation technologique constituent les axes stratégiques de cet ambitieux programme.

Renforcer les objectifs de réduction de la pauvreté
L'universalisation des services des télécommunications, de l'eau et de l'énergie et la disponibilité des services des infrastructures de base contribueront à renforcer les objectifs de réduction de la pauvreté et à l'émancipation des groupes-cibles.
Pour le secteur des télécommunications, la stratégie vise à doter tous les villages de 1.000 à 3.000 habitants d'un poste d'accès téléphonique.
Les villages de plus de 3.000 auront en plus de l'accès aux nouvelles technologiques, un système technologique avec possibilité au moins de 1,5 connexions par 100 habitants.
Au plan du secteur de l'électricité, la stratégie prévoit de porter le taux de branchement en milieu urbain de 41,4% actuellement à 80% avec 50% pour les quartiers périphériques dans les 5 années à venir.
En milieu rural, 30% des villages de moins de 1.000 habitants seront dotés d'un point de chargement de batteries en sus du développement du recours aux énergies alternatives.
Enfin, sur le plan du secteur de l'eau potable, la mise en place de la stratégie permettra de porter le taux de desserte par branchement de son niveau actuel de 26,2% à un taux de 80% en milieu urbain.
Aussi, en milieu rural, tous les villages de plus de 500 habitants seront pourvus d'un réseau d'adduction d'eau potable.
Fonds d'accès
universel
Pour la réalisation de cet ambitieux programme, l'agence d'accès universel dispose d'un fonds d'accès universel. Sur financement (Etat et bailleurs de fonds), ce fonds comprend une composante mise à niveau des infrastructures financées sur ressources du programme de lutte contre la pauvreté, une compensation aux opérateurs sur budget-Etat et enfin une composante innovation technologique sur contribution des bailleurs de fonds.

Le Statuquo-anté demeure
Au cours de l'exercice 2002, l'Etat a accordé à l'agence une subvention de 500 millions d'ouguiyas sur le budget consolidée des investissements (BCI). Sur le budget 2002, l'Etat a reconduit la même subvention de 500 millions sur le BCI en plus d'une dotation exceptionnelle de 400 millions sur les dépenses communes.
Malgré une telle manne, aucune des actions figurant dans le programme d'activités de 2002 ou de 2003 n'a encore été exécutée : zéro projet test, zéro projet pilote, aucun programme de mise à niveau des infrastructures, aucun programme de desserte en perspective, bref, l'agence a brillé par son inertie programmatique et son impuissance propositionnelle face à ce grand chantier social.
Le statuquo-anté demeure et peut être encore pour longtemps. Sur le registre financier, la situation n'est guère plus reluisante. Il semble que l'agence se débat dans d'inextricables problèmes de frais financiers avec ses banques, suite à plusieurs prélèvements sur des comptes de découvert au moment où l'agence dispose d'un compte de fonds bloqué sous forme de placement. N'est-ce pas là un signe évident d'amateurisme ou d'inexpérience en matière de gestion. Quand on sait que le fonds d'accès alimente le compte de fonctionnement. Où est-ce un acte délibéré de l'intéressé cherchant à être " intéressé " par le placement ?
Peut-être aussi que limité dans ses " manœuvres " par la décision de l'assemblée générale de n'autoriser que l'engagement des dépenses urgentes, le Directeur s'est trouvé confronté à l'obligation de travailler sur le rouge du compte ?
Autre registre, autre irrégularité, les achats d'équipements plus de 100 millions n'ont pas fait l'objet d'appel d'offres au grand mépris des règles et procédures en vigueur en matière de passation de marchés publics.
Au plan administratif, avec un personnel peu ou proue qualifié, la situation est encore floue et sa gestion archaïque. (Aucun contrat signé, fichier de personnel inexistant). La paie n'est pas automatisée ; malgré l'acquisition d'un logiciel.
Du côté de la tutelle, ce n'est vraiment pas la lune de miel et pour cause l'agence n'a jamais daigné fournir le moindre rapport d'activité trimestriel à la tutelle.
Ceci sans parler des documents spécifiques dans les conventions de maîtrise d'ouvrages délégués.
Enfin, les procédures de règlement ne sont pas en reste.
En effet, il semble que le Directeur puisait directement dans ses caisses en attendant de procéder à des régularisations. Et si les caisses parlaient un jour?
“Ce missionnaire de l'impossible” qui affiche un zéro pointé au compter parviendra-t-il à redresser la barre? Wait and see.

Abdel Ghader Ould Ahmed au CDHLCPI
Une nomination bien accueillie
La nouvelle de la nomination de M Abdel Ghader ould Ahmed (notre photo)à la tête du commissariat aux droits de l'homme à la lutte contre la pauvreté et à l'insertion, a mis du baume aux cœurs des populations du Tagant en général et des membres de la communauté Kunta Awlad Sidi Haybala en particulier.
Cette communauté rappelons-le, est largement concentrée au niveau de la Tammourt el naaj, Aknaykeur, Bou Raga, Voum el kouz, Kra Dlegane, Masra jusqu'à Zoumziya localité frontalière de l'Adrar .
Constituant l'une des trois composantes essentielles de l'ensemble Kunta dont elle en constituerait selon certaines estimations plus de 40%, cette fraction n'a pourtant jamais tiré profit de cette importance démographique. En effet, hormis Sidi ould Mohamed ould Mohamed Vall ambassadeur en Arabie Saoudite et Sid'Ahmed ould Ahmed cadre à la Mauritel , le reste des cadres de N'Beîka et environs, sont dans leurs écrasante majorité ,toujours restés a la touche.
C'est pourquoi d'ailleurs, ils n'ont jamais caché leur désapprobation face à ce manque de considération. Abdel Ghader lui-même, n'avait pas hésité de nous en faire part lors de notre dernière rencontre qui remonte à la vielle des élections jumelées d'octobre 2001.
C'est dire donc, qu'avec cette nomination, un pas vient d'être franchi dans le sens de la réparation de cette <<injustice>>
Mais pour d'autres, cette nomination, est aussi une récompense faite à l'infatigable homme politique qui malgré sa longue traversée du désert (dernière nomination en 1981) et les nombreux déloyautés dont il fut victime et qui lui proviennent paradoxalement de sa propre famille politique, a toujours continué à mobiliser plus de monde sous la bannière PRDS au niveau de ses siens. Mais pour ceux qui le connaissent bien, Abdel Ghader, c'est aussi un esprit vif, un travailleur infatigable dont la compétence n'est plus à démontrer. Sortant de l'école de commerce de Paris (3eme cycle) il était devenu une pièce maîtresse au sein de l'assemblée nationale ou il siégeait en sa qualité de député de Moudjeria. Récemment, tout le monde aura constaté , les nombreuses sollicitations dont il faisait l'objet au cours des différentes sessions de cette chambre ou selon des sources généralement très bien informées, ses avis sont toujours pris en considération.
Mais, sa nomination selon d'autres , s'expliquerait également, par l'apaisement du climat politique au niveau de N'Beîka ou grâce à ses efforts, ceux de son neveu Sid'Ahmed ould Ahmed et de son rival Sid ould Chouweîkh, les divergences politiques se sont aplanies. D'ailleurs, Sid ould Chouweîkh qui était récemment de passage à Tidjikja pour les besoins d'un atelier de restitution de trois jours organisé par le CDHLCPI, confirmera cet apaisement avant de dire qu'il ne considère pas Abdel Ghader comme un rival mais bien comme un partenaire politique auquel il accorde tout le respect et toute la considération dues aux nombreuses qualités qu'il a décelé chez l'homme . Il faut dire en effet, qu'en faisant preuve de dépassement et de compréhension, le tout nouveau commissaire a beaucoup contribué a la décrispation politique au niveau de cette localité
Mais aussi , la nomination de Ould Ahmed pourrait s'expliquer vraisemblablement par un choix stratégique que le commissariat mettrait avant et qui consisterait à designer le commissaire a chaque fois, au sein d'une région ciblée pour des interventions intensives. En effet, après les deux Hodhs, le Nord, et le Brakhna, le Tagant semble être actuellement au cœur des priorités au niveau de cette institution. C'est peut être aussi pour cette raison ,selon certains observateurs , qu'on a jeté le dévolu sur l'un de ses fils.
En tout cas, avec Abdel Ghader à la tête du CDHLCPI ,tous les espoirs sont permis au niveau du Tagant mais aussi pour le reste du pays . priorité donc à nos régions les plus éprouvées ,doter les délégations zonales de moyens pour les permettre de bien fonctionner et du coup pouvoir, réussir la décentralisation auxquelles elles sont vouées, en renforçant les acquis et en faisant preuve de créativité pour répondre efficacement aux attentes des uns et des autres, tels sont les différents défis auxquels le nouveau commissaire devrait apportait des solutions efficaces pour que cette prestigieuse institution puisse continuer a nourrir l'espoir que de très nombreuses personnes placent en elle.
Khalil Sow Cp Tagant
N° : 382 du 09 Avril 2003