ACTUALITE

Guerre du Petrole
Les journalistes nouvelle cible de la coalition

Au dix-neuvième jour de l'agression anglo-saxonne contre l'Irak, "les mongoles des temps modernes" s'apprêtent eux aussi à raser Bagdad.
Telles les hordes de Genkhis Khan en 1254, les chars M1 Abrahams et les avions de combats n'ont pas fait de différence entre objectifs civils et militaires , bâtiments administratifs ou quartiers résidentiels et enfin miliciens ou simples journalistes.
D'ailleurs plusieurs responsables de médias estiment suite au bombardement des bureaux de deux chaînes arabes, (Al-Jazira et Abu Dhabi TV, et de l'hôtel Palestine, résidence de nombreux journalistes étrangers) que les Etats-Unis cherchent à réduire au silence les organes de presse non-américains pour imposer leur propre vision d'une guerre de plus en plus deguelasse.
A Paris, Reporters sans frontières a fermement condamné les bombardements qui ont touché les bureaux d'Al-Jazira et d'Abu Dhabi TV, causant la mort de deux journaliste et en blessant un autre. "La direction d'Al-Jazira a pris soin d'informer tout au long de la guerre les Américains de la localisation exacte de ses équipes en Irak. L'armée américaine ne peut donc pas prétendre qu'elle ne savait où se trouvait le bureau d'Al-Jazira à Bagdad", a souligné Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation.
Parallelement au massacre des journalistes les ambulances continuaient à acheminer vers des hôpitaux déjà débordés des civils blessés dans les pilonnages., les pillages se sont étendus dans la capitale comme dans la deuxième ville du pays, Basra, dans le Sud.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé lundi que les hôpitaux surchargés de Bagdad étaient à court de médicaments et n'avaient presque plus ni eau ni électricité."Il ne fait aucun doute que le personnel de ces établissements travaille à flux tendu", a déclaré Florian Westphal, porte-parole du CICR.L'hôpital d'Al-Kindi a accueilli plus de cinquante blessés sur une période de cinq heures lundi, ont appris les employés du CICR dans la capitale irakienne. "Même les hôpitaux ont du mal à savoir combien de patients ils ont", a ajouté M. Westphal.
Mais le CICR s'inquiète également de la pénurie d'eau et d'électricité à laquelle sont confrontés les hôpitaux de Bagdad. "Ils ont très peu de courant, quand ils en ont. Ce matin, par exemple, ils fonctionnaient entièrement grâce à des groupes électrogènes", a expliqué le porte-parole de la Croix-Rouge. Les représentants de la Croix-Rouge ont constaté lundi les terribles conditions de travail à l'hôpital Kindi de Bagdad, le seul où ils aient pu se rendre au milieu des combats en ville. Les médecins ont fait état d'un afflux de blessés et d'une pénurie de produits anesthésiques et de matériel. Au cours des dernières 24 heures, Kindi a reçu 124 blessés et quatre corps.
Mine de rien l'après-saddam
Mine de rien et sans quelconques regrets par rapport au désastre humanitaire occasionné par la guerre, Bush et Blair se sont entretenus de l'après-guerre d'Irak en Ulster. "Nous ferons en sorte, le plus tôt possible, que les responsabilités gouvernementales soient placées entre les mains d'une administration provisoire composée d'Irakiens de l'intérieur comme de l'extérieur du pays", a dit le président américain avant de repartir pour Washington. "L'administration provisoire sera en place jusqu'à ce que le peuple irakien puisse choisir un véritable gouvernement." A Bagdad, où des colonnes de fumée s'élevaient au-dessus de ministères et d'autres bâtiments officiels bombardés, ainsi que les quartiers résidentiels les perspectives de reconstruction sont encore loin
Blair a déclaré que le chef de la Maison blanche et lui étaient convenus que l'Onu devait jouer "un rôle essentiel dans la reconstruction de l'Irak".
NAGAZAKI II
Lundi soir, des avions américains avaient lâché plusieurs bombes de 900 kilos sur un immeuble du quartier El Mansour. D'après des témoins, deux bâtiments ont été détruits et quatre autres très endommagés dans cette opération, qui aurait fait neuf morts et quatre blessés selon des sources proches de l'armée américaine ce qui doit amener à penser que les victimes étaient mille fois supérieurs au chiffre avancé..
Dans le Sud, où l'armée britannique a déclaré contrôler Basra depuis lundi, un porte-parole militaire a annoncé la mise en place prochaine d'une nouvelle administration provinciale avec le concours d'un chef de tribu locale. Des habitants ont néanmoins demandé aux forces britanniques de mettre fin aux pillages.
Dans le nord de l'Irak, l'aviation américaine a bombardé intensément des positions irakiennes dans la ville pétrolière de Kirkouk, mais les forces kurdes déployées au sol n'ont signalé que peu de progrès sur le front.
L'Onu veut être associé
Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a entamé lundi de manœuvres diplomatiques pour qu'un rôle de premier plan soit reconnu à l'organisation internationale dans l'après-guerre en Irak.
M. Annan, se rendra cette semaine à Londres, Paris, Berlin et Moscou pour "poursuivre ses discussions sur l'Irak" avec le Premier ministre britannique Tony Blair, le président français Jacques Chirac, le chancelier allemand Gerhard Schroeder et le chef de l'Etat russe, Vladimir Poutine.
Le secrétaire général a également informé lundi le Conseil de sécurité de la nomination d'un haut-fonctionnaire qui sera chargé de coordonner les discussions "sur les différents scénarios impliquant l'Onu" en Irak après le conflit.
"L'implication des Nations Unies, a-t-il déclaré, apporte la légitimité qui est nécessaire dans le pays, dans la région, ainsi que vis-à-vis des autres peuples du monde".
L'intervention des Etats-Unis en Irak a été largement condamnée par la communauté internationale, et Washington et Londres ne sont pas parvenus à obtenir des Nations Unies la résolution qu'ils souhaitaient autorisant formellement le recours à la force.
Pour les "faucons" de l'administration américaine, ce refus justifie leur volonté de n'accorder, au mieux, qu'un rôle subordonné à l'Onu en Irak après le conflit.
Washington a ainsi décidé de confier l'administration du "nouvel" Irak à un général américain à la retraite, Jay Garner, rattaché au Pentagone, "jusqu'à ce qu'un gouvernement permanent soit établi par le peuple irakien". Quand sera-t-il établi? Washington n'a pas répondu.

Soutien au peuple Irakien
La société civile marche le 9 avril

La coordination mise sur place par la société civile sous la présidence du Docteur Abderrahmane Ould Horma, Président du CRED et regroupant les journalistes, les syndicats, l'ordre des avocats, les partis politiques, les Ong, les artistes et d'autres composantes de la société civile organise le 9 avril une marche de soutien au peuple irakien.
Cette manifestation autorisée doit débuter de la place OMVS à 17 heures et se terminera aux environs du siège des Nations unies à Nouakchott. Toutefois certains organisateurs nous ont déclaré qu'il s'agit d'une manifestation organisée pour une situation déterminée et qu'ils souhaitent qu'elle ne soit pas récupérée à des fins politiciennes.

Marche du Front Uni de l'Opposition
Les formations politiques composants le Front Uni de l'Opposition ont organisé lundi une marche de soutien en faveur du peuple Irakien. Contrairement aux autres manifestations organisées par le FUO, celle du lundi manquait cruellement d'organisation au point qu'il était impossible de distinguer les organisateurs des autres manifestants. En plus les deux principaux leaders au sein de cette coordination étaient absents, en l'occurrence Ahmed O. Daddah et Messoud Ould Boulkkheir.
Malgré ces quelques inconvenances, la manifestation fut une réussite du point de vue mobilisation. Le public se comptait par milliers et les banderoles portant des slogans anti-américains et anti-britanniques flottaient au vent.
Aux alentours, la police, mobilisée depuis le matin, quadrillait les principales artères de la capitales, notamment celles menant aux ambassades et à la présidence.
La foule qui s'était retrouvée à la place de l'OMVS, s'est dirigée, dans une marche homogène, en direction du siège des Nations-Unies, mais arrivée au niveau du carrefour BMD elle commença à se disperser. Les députés Cheikh Ould M'haïmed et Ould El Alem à défaut d'avoir pu occuper le premier rang vont se mêler à la foule scandant des slogans condamnant l'agression des USA et de la GB perpétrée contre l'Irak.

Première victime mauritanienne en Irak
Le journal le Monde, dans son édition du 6 Avril rapporte qu'un mauritanien aurait été tué il y a quelques jours par " des irakiens ralliés aux américains " qui patrouillaient prés de la frontière syro-irakienne.
Robert Belleret auteur de l'article n'a pas précisé le nom du mauritanien en question mais semble avoir rencontré un groupe de 29 combattants dans le village frontalier de Sha Mah dont un jeune syrien de 18 ans parti sans prévenir ses parents et un groupe de magrebins qui ont déclarés être "attendus de l'autre coté".Espérons qu'il ne s'agira pas du comité d'accueil qui fauché la vie à notre compatriote.

N° : 382 du 09 Avril 2003