Au cours de cette interview qu'il a bien voulu nous accorder, le Docteur Hamidine Mahamane (notre photo) revient sur le lancement du projet ARIVA depuis 1996, ses phases de transition et la deuxième phase relance dont le point de départ est la présente réunion de Nouakchott. Nouakchott Info Quotidien : Docteur,voudriez-vous bien expliquer à nos chers lecteurs, ce qu'est le projet ARIVA? Dr Hamidine Mahamane: Il faut dire que c'est un projet financé par l'Union Européenne qui a démarré en 1996 avec l'appui des partenaires comme l'UNICEF et l'OMS qui ont lancé un appel à l'Union Européenne pour appuyer huit Etats pauvres et très endettés de l'Afrique Sahélienne pour s'approprier l'approvisionnement en vaccins et consommables de qualité et à un prix abordable. C'est ainsi que l'U.E. a financé cette initiative à travers l'impulsion donnée aux pays pour qu'ils s'approprient cette initiative en inscrivant une ligne budgétaire dans le budget de fonctionnement du Ministère de la Santé pour l'achat de vaccins et consommables du PEV couvrant l'ensemble des liens de liaisons du pays.
NI : Il y a, à notre connaissance, jusque là cinq pays qui ont demandé à adhérer au projet, mais certains n'ont pas été retenus. Pourquoi? Dr H.M: Effectivement cinq pays ont fait la demande officielle pour adhérer au projet ARIVA. Il s'agit du Bénin, de la Code d'Ivoire, de la Guinée Conakry, de la Guinée Bissau et du Togo. Nous avons effectué une mission de préparation dans quatre de ces pays. Pour des raisons de sécurité, nous n'avons pas pu aller en Cote d'Ivoire. Le comité de pilotage qui a examiné ces dossiers en a retenu trois : Guinée Conakry, Bénin et Togo qui remplissent trois critères essentiels, à savoir 1- l'engagement politique ferme en faveur de l'achat de vaccins et consommable sur fonds propres à l'Etat et figurant dans le budget du Ministère de la Santé, 2- la revue du PEV récente datant de moins de trois ans qui fait le compte de la situation avec les partenaires du PEV et 3- un comité de coordination inter-agences et qui se réunit régulièrement pour faire le point de la situation. Pour la Cote d'Ivoire , qui n'a pas été exclue parce que non visitée, le comité de pilotage nous a demandé de faire, dans les trois mois à venir, une mission dans ce pays pour faire la situation. La Guinée Bissau ne remplit pas les conditions : l'engagement politique n'est pas affiché, l'Etat n'achète pas les vaccins et consommables, donc c'est reporté pour l'année prochaine. N.I.: Donc tous les pays ne sont pas présents en Mauritanie? Dr H.M: Bien au contraire, tous les pays sont présents aujourd'hui à Nouakchott. Même les cinq pays qui ont formulé des demandes d'adhésion sont là en tant qu'observateurs, cela fait 8+5. N.I: Comment l'expérience de la Mauritanie a-t-elle été jugée? Dr H.M: L'expérience de la Mauritanie a été exposée ici en plénière. Quand on était venu en mission en décembre 2002 en Mauritanie, en appui technique au PEV , nous avons été impressionnés par un bond assez important qui s'explique par l'engagement politique. Parce que tant qu'il n'y a pas un engagement politique en matière de vaccination et de prévention de manière générale, il est difficile pour un peuple, surtout comme la Mauritanie, pays très vaste, enclavé, (même si il y a la mer), sahélien avec des populations un peu dispersées, d'atteindre des résultats importants. Or, la Mauritanie, grâce à l'appui, au plus haut niveau de l'Etat, au niveau intermédiaire de l'Etat, et à tous les niveaux le PEV a eu cette opportunité pour avoir une relance assez durable et atteindre des performances jamais égalées. Et c'est cette raison qui nous a incité à envoyer une équipe du Tchad sur financement du projet ARIVA pour voir l'expérience de la Mauritanie. Et ça s'est très bien déroulée. Et nous avons été tellement impressionnés que nous avons décidé de concert avec les autorités de tenir cette réunion présentement en Mauritanie. C'était pour motiver un peu l'équipe du PEV et les autorités.. N.I: N'y aurait-il pas un manque de volonté politique dans certains pays qui fait que le projet ARIVA prêche par absence de programmes d'actions annuels? Dr H.M: De décembre 2002 à février 2003, nous avons entamé des missions dans l'ensemble des huit pays membres du projet ARIVA. Nous avons fait le point du financement du PEV, le point des partenaires qui financent le PEV, et, Dieu Merci, pratiquement dans ces huit pays, l'engagement politique est maintenu et affiché à travers les lignes budgétaires qui préfigurent dans les budgets des Etats. Malheureusement nous avons des pays qui ont de fortes tensions de trésorerie avec des budgets de l'Etat assez limités qui n'assument pas entièrement l'engagement qu'ils ont pris pour l'achat des vaccins et consommables et qui se matérialisent par des ruptures de vaccins. Mais l'engagement politique dans tous les pays, il faut dire et le souligner, est maintenu. Surtout que dans la politique sectorielle de santé, la prévention a été placée parmi les priorités et dans les programmes de réduction de la pauvreté, l'ensemble des huit pays ont de la santé une priorité. N.I: L'Union Européenne semble chercher à se désengager ou inscrire son action dans un cadre de concertation et de dialogue inter-pays ou entre les Ministères de la Santé et celui des Finances dans chaque pays qui réduirait son engagement. Serait-elle lassée de financer le projet ARIVA? Dr H.M: Pas du tout. La santé et les finances vont de pair, et le Projet ARIVA a eu l'opportunité de renforcer le dialogue et la concertation entre le Ministère de la Santé et celui des Finances. Vus savez, comme on dit, l'argent est le nerf de la guerre. Et l'Union Européenne a changé sa politique d'appui au niveau des pays. Au départ, elle amenait l'argent et dit en concert avec les pays, on cible un certains nombres de lignes budgétaires pour l'achat de vaccins et consommables au démarrage du projet ARIVAS. Après les concertations, les pays ont dit maintenant nous sommes suffisamment grands et souverains, donnez-nous votre appui budgétaire qui va au trésor national et à nous de mettre l'argent là où nous jugeons, qu'il y a la priorité, chacun selon ses besoins. Fort heureusement, la santé est une priorité !. N.I: Quels derniers appels ou recommandations feriez-vous? Dr H.M: Pour ARIVA, je souhaite que les Etats membres pour qu'ils s'approprient de façon efficace, réelle ce projet qui est le leur. Car, c'est un projet d' Etats, décidé par les Etats dans le domaines des appuis au PEV. Propos recueillis par Mohamed Ould Khattat CLOTURE
DE LA 5ème REUNION INTER-PAYS SUR L'IIV
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