ACTUALITE

Les Mauritaniennes manifestent contre la guerre en Irak

A peine des télévisions étrangères ont-elles diffusé les images de femmes irakiennes servant des plats aux vaillants combattants irakiens sur les champs de bataille, que les Mauritaniennes sont sorties le lendemain (mardi 01 avril 2003), dans les rues de Nouakchott pour manifester leur soutien à l'Irak.

Un refus de la guerre au nom de la femme mauritanienne, qui vient succéder à celui des officiels, des étudiants, de l'Homme de la rue, des journalistes, des avocats et des artistes mauritaniens. Comme quoi les Mauritaniennes ne sont pas en reste de cette solidarité et de ce soutien au peuple et au gouvernement irakiens que la rue Nouakchottoise depuis le premier jour de cette guerre injuste que les américains et les anglais imposent à l'Irak.
Au départ de cette manifestation inhabituelle était, semble-t-il, un brin de causette ici et là, dans les salons et les marchés, pour mobiliser une centaine de femmes. Et, v'lan ! c'est parti, de manière spontanée, comme par enchantement, par défi,sans réelle emprise politique, ni considération partisane.
Et pour cause, les femmes mauritaniennes, véritables bêtes de scène en matière d'improvisation de leur combat pour l'émancipation ont, le temps d'une marche, prouvé qu'elles ont aussi le sens de l’engagement contre la guerre.
Une guerre que l'une de ces battantes qualifiera de "source d'orphelinat pour les enfants de l'Irak, dans le seul but de s'approprier le pétrole de ce pays !".
Quittant l'ancienne Maison des Jeunes aux environs de 17h30, elles ont brandi le drapeau irakien, le portrait de Saddam Hussein et scandé des slogans fustigeant les Etats-Unis et leurs alliés britanniques, pour leurs desseins va-t'en-guerre.
La marche, à laquelle les hommes ont été déclarés "persona non grata" n'empêchera pas les policiers (ce sont bien des hommes !) de tenir compagnie à ces femmes jusqu'à leur dispersion, non sans leur refuser l'accès au siège des Nations Unies à Nouakchott.
Nos manifestantes devait terminer par un pied de grue devant l'imposant immeubledu systême des nations Uniesà Nouakchott, criant leur colère, avant de vaquer à de nouvelles occupations.
Mais l'essentiel n'a-t-il pas été accompli, pour ces formidables femmes qui ont gagné un nouveau point avec cette marche-surprise gravée à jamais dans la mémoire du commun des Mauritaniens? Elles auront prouvé qu' elles ne s'en tiennent pas qu'à leurs têtes.
Mohamed Ould Khattat

Atar
L'U.F.P Marche pour l'Irak

Pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre en Irak une marche de soutien au peuple irakien s'est tenue à Atar ce 1 avril 2003. Cette marche organisée par la section de L'U.F.P à Atar s'est ébranlée du Camp de des Gardes à 16 heures pour aboutir à la tribune officielle " ROND POINT "Les marcheurs que les organisateurs estiment un peu plus de 2000 ont brandi des banderoles appelant l'Amérique et son allié principal à cesser leur agression contre le peuple irakien innocent. Le fédéral, le secrétaire général, et le secrétaire d'organisation du Parti ont exprimé l'hostilité de L'U.F.P. vis à vis de la guerre qu'ils ont qualifiée d'injuste. Sous les regards des forces publiques qui craignaient un débordement, les manifestants se sont dispersés dans un calme remarquable.
Notons que les responsables de L'U.F.P affirme avoir souhaité organiser cette marche avec toutes les composantes politiques sur le terrain mais aucun parti n'a répondu favorablement. Et que même les responsables de ces partis étaient invités individuellement mais personne ne s'est joint à la marche. On a également constaté l'absence des autorités qui auraient pourtant promis d'être représentées par le Hakem de la Moughataa d'Atar.
Selon le fédéral du Parti M.Horma O/ Med Diarra L'U.F.P.compte organiser une semaine culturelle pour mieux expliquer à la population les souffrances du peuple irakien et les motifs réels de cette guerre.
Timéra Abdou Yamadou CP Atar

Guerre du Pétrole
l'Irak broyé sous les bombes, dans l'indifférence des frères
La guerre continue, de plus en plus intense sur l'Irak, avec son cortège macabre. Bombardements sur Bagdad, pilonnages sur Mossoul , déluge de feu sur Kirkuk et l'agression anglo-saxonne se poursuit indifférente au tollé soulevé au niveau de l'opinion mondiale. Les bavures quotidiennes , le carnage en direct , la désinformation instituée en outil de communication par les agresseurs sont aussi d'autres facettes quotidiennes d’une guerre que le Pentagone déclare propre.
Pas plus tard qu'hier dans la ville irakienne d'El Hilal, le directeur de l'hôpital de la ville a déclaré que 33 civiles, dont des enfants, ont été tués et 310 autres blessés, dans les bombardements de mardi matin . Le Comité international de la Croix rouge a qualifié d' " horreur " le résultat de ces bombardements.
" Notre équipe de quatre personnes s'est rendue à l'hôpital El Hilal ce qu'elle a vu là-bas est une horreur. Il y a des dizaines de corps déchiquetés ", a déclaré un responsable du CICR.C'est cela, aujourd'hui malheureusement, le quotidien du peuple irakien.
Un peuple broyé sous les bombes dans l'indifférence générale par la plus grande machine de guerre du monde provenant de pays lointains, se présentant comme des chantres des droits de l'homme, des modèles de la tolérance et des exemples à suivre.
motus et bouche cousue
Cette guerre qui livre de jour en jour une réalité aux antipodes des discours officiels de la " coalition ", et qui ne cesse de faire planer plus d'une interrogation sur l'avenir de l'humanité, la communauté la plus ciblée par ce carnage, à savoir les arabes, accusent passivement le coup.
Disons plutôt les régimes arabes, pour ne pas occulter les assauts quasi insurrectionnels d'une rue arabe qui, elle, dés les premières déclarations belliqueuses américaines, a déjà dit son mot. Et qui ensuite, à la tombée des premières victimes civiles, s'est carrément déchaînée. Mais comme s'il ne suffit pas que le monde entier (et pas seulement les arabes et les musulmans) se soit érigé contre une guerre injuste et " pré-fabriquée ", les régimes arabes font motus et bouche cousue.
Au meilleur des cas, les plus acculés esquissent, en la couvrant du tumulte international, une déclaration timide, dubitative et des fois clairement intéressée. Le pire est que, non contents de paraître sacrifier au profit de leur persévérance propre, l'honneur et le sang de milliers d'innocents, ils se complaisent, en plus, à brider sans scrupules les sentiments d'exaspération des masses. Par ces réflexes d'auto conservation, les gouvernements arabes semblent, en effet, prêts à tout donner pour inhiber les expressions spontanées d'une rue arabe, il est vrai, de moins en moins contrôlable. Certains régimes tournant à leur profit l'état d'abrutissement dans lequel certains peuples arabes ont été longtemps assujettis à coups de répression et de désinformations, poussent le cynisme au point de monnayer tacitement une certaine collaboration avec les agresseurs.
Mohamed Ould Ahmed
N° : 379 du 03 Avril 2003