Mariage
Et après la noce?
Par
M.O. Khattat
Unique
cadre légal pour toute activité sexuelle et donc pratique
universelle en Mauritanie, le mariage est relativement précoce
dans notre pays où 24% des femmes sont mariées à
15-19 ans.
Selon, l'Office National de la Statistique (voir EDS 2000), globalement
dans 59% des cas, le mariage est rompu avant le cinquième anniversaire.
Trois principales raisons se sont dégagées de cette enquête
: la mésentente entre la femme et la famille de son mari (20%),
le mariage sans consentement de la femme (16%) et le non respect du
contrat de mariage, c'est-à-dire l'infidélité conjugale
du mari (14%).
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D'autres raisons, d'importance certaine, peuvent toutefois être
la cause directe du divorce. En effet, le mariage précoce des
femmes et le mariage avec un homme beaucoup plus âgé que
la femme sont également des raisons importantes du divorce. Par
ailleurs, la mésentente du mari avec la famille de la femme est
souvent à l'origine du divorce. Mais ce sont des problèmes
de relation avec la famille du conjoint qui entraînent le divorce
dans plus de 27% des cas.
Cet état de fait, contraire aux stéréotypes qui
mettent l'accent sur les problèmes économiques comme étant
les raisons principales du divorce, pose la grande question : le mariage,
la noce et après.
Car nos filles, bien plus pressées de se marier que poussées
de nos jours à le faire, n'ont pas toutes réussi "leur
affaire".
Certes, la fréquence élevée du divorce dans notre
pays est une des spécificités de la société
mauritanienne, mais il n'en demeure pas moins vrai que nos filles en
font de trop. N'ont-elles pas eu le temps de faire le bon choix? Ou
est-ce parce qu'elles furent aveuglées par le coup de foudre?
En tout état de cause, une médiation du sujet est nécessaire.
Car, comme le soulignait Emile Zola, "émanciper la femme,
c'est excellent, mais il faudra lui enseigner l'usage de la liberté".
Pourtant, le mariage est un facteur important qui détermine le
statut de la femme dans la société.
Dans notre pays, qui affiche une volonté très pointue
en matière de promotion et d'émancipation de la femme,
il n'existe pas de texte discriminatoire entre les deux sexes.
Le CSP pour limiter les dégâts
Bien au contraire, le récent code du statut du Personnel, qui
prend sa source dans la "charia", donne et garantit les droits
de la femme.
Seulement, a-t-on suffisamment débattu la question du mariage,
ou était-ce un tabou qu'il convenait de laisser au soin des aînés?
En vérité, les temps ont changé et l'infiltration
des valeurs occidentales dans notre société a bouleversé
certaines de nos traditions.
Mais ce n'est pas uniquement à partir d'un amour de Swan, de
Roméo et Julliette, que l'on doit s'unir pour le meilleur et
pour le pire.
Pas non plus, parce que l'on partage étrangement les mêmes
passions, les mêmes idées et les mêmes ambitions.
Non, loin de là.
Le mariage est une institution où l'on entre, non pas pour sortir,
mais pour s'instruire et continuer à instruire jusqu'à
ce que mort s'en suive.
Et c'est là, dans cette entrée, dans cette institution
qu'est le mariage, que se pose la probléme et se définit
la problématique du choix du partenaire.
Car, les prétendants doivent avoir à l'esprit qu'il s'agit
d'ores et déjà de leur propre vie à tout un chacun,
d sa destinée mise en avant, pour ne pas dire... mise en jeu.
Autrement dit, en acceptant de vivre avec un compagnant, cela se doit
d'être un choix.
le secret pour que ça dure
Contrairement aux contraintes sociales et aux obligations des parents,
qui prétextent que "l'on finit bien par aimer le père
de ses enfants", ce choix se doit d'être on ne peut plus
réfléchi, délibéré, spontané,
le fruit d'une très longue prise de conscience.
Les prétendants n'ont-ils pas chacun en ce qui le concerne, une
double responsabilité qui lui incombe au présent et au
futur de sa vie?
Ils doivent absorber, chacun de sa propre personnalité, pour
contribuer à leur bien-être que le complémentarité,
la réciprocité et la complicité doivent marquer,
peut-être d'une empreinte indélébile.
La femme, parce que compensation et maintien de l'équilibre même
de l'homme, veillera quant à l'interprétation aussi parfaite
que possible de son rôle, évitant tout caractère
ou comportement susceptibles de mettre mal à l'aise son compagnon.
Obéissance, fidélité, délicatesse, attention
particulière, chaleur, bienveillance et amour inébranlable,
telle est la magie dont elle doit se prémunir pour préserver
son foyer.
Bref, autant de savoir-vivre et de savoir-faire que, même l'ignorant,
elle est apte à l'apprendre. Car, la femme n'est pas uniquement
et forcément une procréatrice d'enfants. "On ne naît
pas femme, on le devient", se plaisait à affirmer Simone
de Beauvoir dans son livre "Le deuxième sexe".
Mais autant elle est belle, douce et agréable, autant la femme
est fragile et a surtout besoin d'être aimée et de se sentir
en sécurité.
C'est pourquoi, il ne suffit pas à la femme que son homme soit
seulement une machine à sou.
Elle voudrait le voir personnifier l'amour véritable, la confiance
infaillible, la force tranquille, la compréhension intuitive
du désir inexprimé, la générosité
débordante, l'appui de toujours, le serviteur infatigable et
par dessus le marché, la raison limpide, claire, nette et précise.
C'est sans nul doute la quête d'un tel prince charmant qui précipite
nos jeunes filles dans des mariages, où, passée la noce,
elles sont abandonnées ou se retrouvent avec un ventre rond,
un avenir incertain, et des chagrins d'amour.
Jeunesse
Une nouvelle production RAP
Le rap mauritanien, peu connu du grand public mais très populaire
chez les jeunes, connaît depuis quelques mois, une effervescence
sans précédant.
Depuis la sortie du premier album de son histoire, signé Papis
Kimmy, les MC's osent et croient en eux. Les MC's à l'étranger
ne sont pas en reste, à l'instar de l' Amiral Double P le rappeur
de TD4 qui en ce moment analyse un contrat à New York.
Avec un public, qui kiffe les productions de ses rappeurs et des figures
emblématiques du hip hop mauritanien comme DJ TIF qui encourage
les rappeurs, l'euphorie s'explique.
Après
"Mani Zaani" de Papis Kimmy et "Mine Zaman"
de Overdoz, c'est au tour de la Rue Publik de se lancer pour nous
concocter un album de dix titres.
Depuis septembre 2002, les deux rappeurs Nouakchottois : M.O.N.ZA
et COULY MAN, se sont penchés sur l'écriture, et ont
terminé les dix titres que doit compter leur album.
Les rappeurs affirment que l'enregistrement dans son intégralité
se fait à Nouakchott dans les locaux du studio d'enregistrement
994 Records, où ils ont déjà terminé
la production des sons assurée par un DJ français. |
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L'album se
veut avant tout hip hop et conscient, les deux MC's ont commencé
à travailler avec Negro Zéro, un artiste du RD Congo, dans
un titre où le Rap sera en fusion avec la musique traditionnelle
congolaise. Il est prévu aussi, un titre avec un rappeur Sénégalais,
donc deux duos de charme en plus des autres rappeurs mauritaniens invités
par la Rue Publik dans cet album.
Il faut dire que M.O.N.ZA et COULY MAN ont fait un travail remarquable
et entendent bien être à la hauteur des attentes du public
mauritanien qui n'est pas conquit d'avance. Les deux rappeurs sont depuis
dimanche à Dakar où ils doivent s'occuper de la promotion
de leur album à la radio et par des concerts et des shows en boite
mais aussi pour régler quelques business, nous confient-ils.
L'album l'Art de la Rim, qui sortira en indépendant, parle de la
société mauritanienne et de sa jeunesse qu'il représente
dans sa totalité.
La qualité artistique de l'album est dores et déjà
assurée, vu les performances des deux MC's aux flows différents
et aux plumes poétiques.
La date exacte de la sortie de l'Art de la Rim n'est pas encore fixée,
mais le crew affirme que c'est pour bientôt. Et que l'album sera
simultanément dans les bacs en Mauritanie et au Sénégal.
L'Art de la Rim, un album qui représente la jeunesse mauritanienne
dans son éclectisme, et qui se veut conscient n'échappera
sans doute pas à la frange très critique du public mauritanien.
Mais une chose est sure, le Rap est une musique urbaine avec des originalités
spécifiques à chaque pays. La notre n'est toujours pas identifiée,
espérons que M.O.N.ZA et COULY MAN apportent une touche d'espoir
en ce sens.
"1 love à tous les MC's de la Mauritanie et à tous
ceux qui croient en nous" Couly Man.
"faut que le rap mauritanien fasse deux mains d'un salamalek, 1 love
pokkka" M.O.N.ZA.
Tagourla
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N°
: 352 du 10 février 2003
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