POLITIQUE

Le CCO demande à marcher pour l’Irak
Après la semaine de solidarité organisée par l’UFP et autorisée par les pouvoirs publics, les partis fondateurs du Cadre de Coordination de l’Opposition ont décidé eux aussi d’organiser des meetings et une marche de soutien au peuple irakien.
Pour les meetings, l’obtention d’une autorisation n’est pas nécessaire, du moment qu’ils vont être organisés au niveau des sièges respectifs de ces partis. Seul posera problème l’organisation d’une marche de soutien. La question posée est de savoir si les pouvoirs publics vont accueillir la demande du CCO avec le même état d’esprit que pour l’UFP: Un accueil favorable signifierait un assouplissement à l’égard du droit d’expression des partis d’opposition alors qu’un refus justifierait les dires selon lesquels les partis ne sont pas traités au même pied d’égalité.
Mais, il est certain que les craintes de débordement sont plus grandes pour ce qui est d’une marche organisée par le CCO que celle d’un seul parti, en l’occurrence l’UFP.

Opposition : Les dirigeants planchent sur le projet du C.C.O.
Les dirigeants des huit partis affiliés au Cadre de Concertation de l’Opposition (C.C.O.) s’étaient réunis samedi 08 février au siège du R.F.D.
A l’issue de cette rencontre, il a été décidé que les textes sanctionnant les travaux des commissions devaient faire l’objet d’étude dans une réunion prévue ultérieurement entre lesdits dirigeants.
En effet, ce lundi 10 février, ces responsables vont plancher sur ces textes en vue d’y apporter les amendements et rectificatifs nécessaires avant leur adoption. Rappelons que les textes en question constituent l’essence juridique du futur Cadre de Concertation de l’Opposition (C.C.O.), et que les travaux de commissions, destinés à leur élaboration, constituaient l’étape la plus décisive du processus de genèse du C.C.O.
Il s’agissait, en effet, pour les représentants de tous les partis concernés, d’aplanir leurs divergences pour mettre sur pieds un projet de charte, un projet de statut et un plan d’action de l’Opposition.
Mais la nouveauté, à l’issue de cette rencontre du samedi, a surtout été l’annulation de la séance plénière tant attendue par les militants de ces partis, et à qui il revenait de débattre de ces textes avant leur adoption. Il semble qu’il faille tout bonnement s’en tenir à la future réunion des chefs pour entériner les textes. Et en cas de divergences sur les questions de fond, celles-ci seraient renvoyées aux commissions pour approfondissement avant une adoption définitive.

Présidentielles 2003
Une arène politique on ne peut plus diffuse
La scène politique nationale est, ces jours-ci, le terrain d'intenses activités de la part des différents acteurs du jeu politique. En effet, pendant que les partis d'opposition s'activent isolément ou sous forme de conglomérats, le parti au pouvoir, le PRDS, engage toutes ces structures dans une campagne d'implantation qui bât actuellement son plein à l'échelle nationale.
Mais par delà ce tumulte, qu'amplifie sensiblement l'avènement imminent des élections présidentielles de 2003, le citoyen lambda entrevoit encore à peine les contours éventuels d'une scène politique on ne peut plus diffuse. Disons que les acteurs eux-mêmes engagés dans la compétition, ne semblent pas encore y voir clair.
On sait, jusqu'ici, en ce qui concerne le PRDS, que le président Maaouya est candidat à sa propre succession; que le PRDS, en conséquence, mobilise toutes ses énergies en vue de redynamiser ses structures de base et d'élargir ses assises.
On sait, par ailleurs, que l'opposition, en mal de structuration, tente, tant bien que mal, de gérer ses contradictions et de se recentrer, tout de même, de quelque façon.
Mais un regard rétrospectif permet aussitôt de mesurer la complexité des rapports de force entre les deux camps adverses, et de comprendre, par suite, que rien n'est encore joué. Suite aux résultats du double scrutin d'octobre 2001, une réalité est désormais claire pour le PRDS : l'opposition, par voie de compromis internes et d'alliances (même parfois contre-nature), pouvait se faire menaçante. Même si durant ces élections, le parti au pouvoir a montré, presque partout, qu'il était le plus fort, les performances électorales réalisées par certains partis comme le RFD, AC et l'UFP à Nouakchott, à Nouadhibou et dans certaines localités du Sud, ont montré, elles, au PRDS que l'issue des urnes, est parfois imprévisible, et que surtout les dissensions et les antagonismes internes à l'opposition, tiennent parfois du leurre.
Car ces partis aux options et aux compositions apparemment incompatibles, ont prouvé qu'ils savaient toujours, à la dernière minute, se ménager un espace de convergence qui, bien exploité, mettait sérieusement en péril les intérêts du PRDS. Celui-ci, dit-on, essuie encore l'effet de surprise, suite aux exploits électoraux enregistrés par ses rivaux dans des zones de haute concentration urbaine.
Ces zones au poids électoral décisif, et que le PRDS croyait, jusqu'ici, acquises à sa cause. On se souvient, en tout cas, que ces contre-performances électorales du parti avaient provoqué l'ire de certains dirigeants du PRDS contre certains responsables, supposés avoir failli à leur mission. Ce qui a conduit, plus tard, à une restructuration totale du PRDS, qui s'est traduite par le départ de l'ancien Secrétaire Général et l'arrivée de Louleid Ould Weddad et de ses hommes.
L'on se demande encore, dans certains milieux du pouvoir, si la percée de l'opposition était réellement due à un ancrage de ses idéaux. Ou si elle était plutôt imputable aux rivalités et aux querelles internes entre les factions PRDS elles-mêmes. Ce qui aurait fait ainsi obstacle à l'implantation suffisante du parti dans certaines localités.
On s'attend donc, pour les élections à venir, que le PRDS, prenant la menace à sa juste mesure, fasse les réaménagements nécessaires et qu'il use, cette fois-ci, de mesures plus tactiques pour parer à des désagréments de dernière minute. Comment s'y prendrait-il? Quelles nouvelles armes fourbit-il secrètement en attendant l'échéance? Rien, jusqu'ici ne permet déjà d'en juger.
Quant à l'opposition, elle ne semble se faire aucun doute, suite à ses propres déboires électoraux, que ce géant qu'est le PRDS, n'est pas debout sur des pieds d'argile. Et que, à peine unie, elle pourrait espérer l'inquiéter et déjouer les urnes en sa propre faveur.
Au demeurant, et à en juger par les divisions qui la déchirent, l'opposition ne semble pas pouvoir inscrire son action dans cette optique. Jusqu'ici, les leaders d'opposition que sont Ahmed Ould Daddah, Messoud Ould Boulkheir ou Mohamed Ould Maouloud peinent, chacun pour sa part, à faire l'unanimité autour de lui. La sortie, à la dernière minute, de Ould Haïdalla, constituerait -t- elle, comme le supposent certains, le sésame de la situation?
Encore faudrait-t-il que celui-ci sache convaincre -on ne voit pas encore comment- qu'il est réellement l'homme de la situation. Serait -ce par le fait que l'ex- président n'est affilié à aucun des partis politiques en lice?
Seulement, est-ce, en soi, un argument efficient pour que les dirigeants de l'opposition lui confèrent le droit au leadership? Sur toutes ces questions, et sur d'autres, on ne peut encore être fixé. Car, nous le disions plutôt, rien n'est encore joué.
Mohamed Ould Ahmed

N° : 352 du 10 février 2003