SOCIETE

DROIT DE REPONSE
A monsieur le Directeur de Publication de NOUAKCHOTT-INFO, Quotidien
Vous affirmez (Nouakchott-Info, n° 343 du 22 janvier 2003), sans aucune prudence, que le président Haïdallah est candidat à la prochaine élection présidentielle de décembre 2003, et vous ajoutez que, parmi ses émissaires, moi-même "....DIOP Moustapha, ancien directeur général de la sûreté, multiplie les contacts en vue de créer un consensus autour de sa candidature… ".
Il est vrai que lorsqu'on a exercé le pouvoir on accepte d'en assumer les conséquences, d'être une cible un peu trop facile pour des tirs de tous ordres (ragots, opprobre, médisances…) et aussi de recevoir des hommages et des louanges, souvent éphémères.
Je n'avais pas souhaité demander un droit de réponse mais, à la réflexion, je me suis dit que votre démarche était si provocatrice pour moi et pour M. Taleb Khayar Ould Mamina qu'il fallait quand même me décider à vous parler pour ne plus vous laisser abuser d'un droit d'informer qui n'est que la face honorable d'un pouvoir occulte surestimé, qui par des méthodes inacceptables s'exerce impunément sur certaines consciences (je n'en suis pas, grâce à Dieu). Vous êtes craints pour cela, paraît-il ! Je suis curieux et impatient de goûter à la saveur des frayeurs que vous procurez.
Vous avez délibérément choisi de ne rappeler que mon titre de directeur général de la Sûreté au lieu de celui de ministre. Serait- ce pour agglutiner un ancien du BED (M. Taleb Khayar) avec un ancien de la Sûreté (moi) ? Je vois cela d'ici : Association de Barbouzes pour Candidature à la Présidentielle ! Mon Dieu, quelle horreur, des barbouzes….à nouveau en service ! Vous devenez presque adorable dans ce rôle de mystificateur. Mais peut-être que, plus simplement, votre habitude de "confondre" BED et DGSN aidant, cet amalgame est … tout à fait naturel.
S'agissant de la multiplication des contacts que, selon vous, j'entreprends, je dois avouer que l'amateurisme politique ombrageux, poussé à la caricature, dont vous faites preuve ne m'avait jamais, auparavant, préoccupé outre mesure. Mais, je vais vous faire maintenant une confidence, monsieur le directeur, et vous me promettez de ne le répéter à personne: la politique n'avait plus aucun attrait pour moi, depuis que j'avais découvert, que chez nous, elle avait servi de terreau à l'intolérance, à l'extrémisme, et à l'opportunisme hypocrite. Alors l'apprenti dictateur marin que je fus avait préféré prendre le large, après une courte et infructueuse incursion dans le paysage démocratique, pour jeter l'ancre dans des mers moins hostiles.
Aujourd'hui, vous m'apprenez que j'ai des talents cachés que j'étais bien loin de soupçonner….Et vous voudriez que j'accepte votre invite à revenir? Pourquoi pas? Mais à ma façon, et au moment que j'aurais choisi.
Ne nous voilons pas la face, vos propos s'inspirent sûrement du fait que j'ai gardé une amitié et une déférence pour l'ancien président (comme je les garde pour ceux qui, aujourd'hui encore au pouvoir, me témoignent leur estime) et vous en concluez qu'une candidature de M. Haïdallah (c'est vous qui en faites un axiome) fait forcément de DIOP Moustapha un de ses chargés de mission. Un raccourci vers les ténèbres que vous avez été bien hardi d'emprunter.
En conséquence de tout ceci, je vous serais reconnaissant de tenir ce qui suit pour l'expression de la vérité.
- M. Haïdallah ne m'a jamais, et, à ma connaissance, n'a jamais entretenu quiconque de sa volonté de se porter candidat à la prochaine présidentielle de décembre 2003.
- Je n'ai, par conséquent, jamais été mandaté ni par lui, ni par qui que ce soit d'autre, pour "multiplier" quelque contact que ce soit, ni n'ai pris sur moi de "créer un quelconque consensus autour de sa candidature". Point barre.
Recevez, monsieur le directeur de publication, mes salutations distinguées.
DIOP Moustapha, Ancien Ministre

VARWAJA
Encore un litige foncier!
La semaine passée, tout ce que le Tagant compte d'autorités administratives, judiciaires et militaires, s'étaient rendues dans la localité de Varwaja située à une centaine de kilomètres de Tidjikja,dans la Moughataa de Moudjeria; et pour cause, ordre leur avait été donné par leurs supérieurs de Nouakchott d'aller sur place pour régler le conflit foncier opposant la famille Ehel Ahmed ould Issa et celle de Taleb Ould Abeîd.
Le terrain de Tourouaja qui est l'objet principal de ce litige est selon la famille Taleb ould Abeîd un bien qui leur revient de droit grâce à l'autorisation portant le numéro 304 du 18 mars 1921 signée de la main de l'ancien commandant de cercle français Dubos, autorisation renvoyant au titre foncier N268 du 1/10/1919 octroyant ce terrain à leur famille . Mais, selon les membres de cette famille, ils détiendraient d'autres preuves, qui confirmeraient aisément, si besoin est, le droit qu'ils exercent sur ce terrain. Toutefois, il faut dire ,que le sentiment général au sein de cette entité est celui de mettre tout le tort sur le nommé Mohamed Abderrahmane ould Moine sénateur de Guérrou, qu'ils accusent de soutenir dans l'ombre, la fraction ehel Ahmed ould Issa, tout en sachant pertinemment selon eux , qu'elle ne détiendrait aucun droit sur ce terrain.
Evidement la version de l'autre famille est toute autre. Pour la famille ehel Ahmed ould Issa, ce terrain leur appartient pour l'avoir acheté des mains de Ely Ould Bakar de la Tribu Emirale des Soueîd Ahmed du Tagant il y a de cela 42ans. Ce terrain précisent-ils, ils l'ont mis en valeur pendant plus de 15ans sans qu'aucune tierce personne ne viennent leur revendiquer quoi que ce soit. Ils s'étonnent de ce fait, de voir selon eux, une revendication montée de toute pièces, remettre en cause leur droit sur ce terrain dont, l'acte de vente existe encore et l'une des copies semble-t-il, se trouverait encore entre les mains des descendants de la famille émirale.
Il faut dire par ailleurs que pour cette famille aussi, la revendication des Ehel Abeid est à la fois infondée et fantaisiste .
Elle est selon eux, le seul fait de Salem ould Dah résident lui-aussi à Guérou qu'il accuse de soutenir et surtout de manipuler, l'autre famille pour des fins politiques dont le principal est celui de créer des problèmes à son rival politique, en la personne du sénateur de Guérou.
Notons enfin que ce problème, est ce que l'on peut qualifier sans risque d'exagérer ,de véritable casse tête en ce qu'il met au prise d'irréductibles va-t-en guerre, probablement influencés dans l'ombre par des politiciens dont les ambitions dans cette affaire restent encore inavouées.
Les autorités du Tagant sont certainement très conscientes de la gravité de ce problème, mais jusqu'à présent, elles n'ont presque pas pesé de tout leur poids pour le solutionner. C'est en tout cas l'impression qui se dégage face à leur première tentative qui apparemment n'a rien donné .
Au dernières nouvelles il semblerait que le Hakem de la Moughataa de Moudjeria ait suggéré à la commission de patienter deux à trois semaines pour mieux s'informer sur les dessous de ce litige qui, on le voit bien, semble dépasser les frontières du seul Tagant.
Khalil Sow cp Tagant

N° : 345 du 26 janvier 2003