Interview
de Ahmeda Ould Cherif Ahmed Ould Cheikhna
Hamahoullah (photo)
Ahmeda Ould Chérif Ahmed Ould Cheikhna Hamahoullah: Tout d'abord, je remercie votre journal pour cette précieuse occasion qu'il m'offre pour exprimer mon point de vue sur les questions qui me tiennent à cur moi-même et qui, par ailleurs, présentent un intérêt manifeste pour la "confrérie Hamaouya". Je sais gré en outre à toute l'équipe du journal et j'implore le Tout Puissant pour qu'il nous guide tous vers le succès et fasse réussir notre action pour le bien de notre nation et de ses citoyens. S'agissant de la question proprement dite, je m'appelle Ahmeda Ould Chérif Ahmed Ould Cheikhna Ahmeda Hamahoullah. Je réside à la fois en Mauritanie, qui est mon pays d'origine et au Mali qui est ma seconde nation. NI: pouvez-vous nous donner des informations sur la famille? AOCAOCH: Si la famille, dans le passé, se limitait à quelques individus, aujourd'hui, grâce à Allah, elle compte quelques deux cents personnes représentées et guidées par mon oncle Mohamedou Ould Cheikhna Ahmeda Hamahoullah qu'Allah lui accorde longue vie. Elle réside sur un territoire situé entre Guelb El Jemel au Hodh El Charghi, Aïoun, Tintane, Ould Agueïla, Dar Salama, Ksar Salama, Bedr (Hodh El Gharbi) mais aussi à Nioro au Mali qui est considéré comme le fief de la famille et son centre de rayonnement spirituel. NI: Et la confrérie? Quelles sont ses méthodes, la portée de son action, sa dimension véritable? Et quelles différences y-a-t-il entre elle et la confrérie Tijania? AOCAOCH: Il n'y a pas de différence entre les confréries Hamaouya et Tijania. La première est partie intégrante de la seconde dont elle constitue le prolongement naturel. La confrérie Hamaouya s'est très largement répandue dans de nombreux points du globe où nous comptons 25 millions d'adeptes. Au Burkina Faso par exemple, nous avons plus de 900 zaouiyas hamaouya. Nous sommes présents à Paris et dans d'autres villes françaises mais aussi à New York, aux Etats-Unis, à Shanghaï, en Chine et dans tous les pays d'Afrique. Le fondateur de la confrérie Cheikhna Ahmeda Hamahoullah est réputé pour avoir lutté contre le colonisateur. Mais en dépit de son efficacité, cette lutte avait un caractère pacifique. C'est cette voie là que la famille continue de suivre. Nos rapports tant avec le fort que le faible privilégient la persuasion, la recherche de la vérité et le dialogue et non la violence et sommes ouverts à l'endroit du pauvre comme du riche. NI: Tout le monde sait que le colonisateur en voulant éloigner les fils du Cheikh, a exilé Chérif Ahmed à Ouad Initi depuis lors connu sous l'appellation de Ouad El Jemel au Hodh El Charghi près de la ville de Oualata. Ce qui a engendré la convergence de nombreux disciples vers cet endroit. Parmi ces disciples, il y a une communauté dont on dit qu'elle a actuellement des problèmes d'ordre foncier avec la famille. Qu'en est-il exactement? Et quelle en est l'ampleur? AOCAOCH: Cette question délicate nous donne au moins l'occasion de faire part de certaines réalités. Délicate parce qu'il est tout de même étonnant de voir surgir des problèmes entre cette famille et quiconque, a fortiori, entre elle et une partie de la confrérie. Ce que je peux dire à cet égard est que, n'eût été la mauvaise foi de certains, omnibulés par la volonté de semer la discorde entre les membres d'une même confrérie, votre question serait sans objet. Je crois toutefois que derrière cette histoire se profile l'ombre de gens voulant semer la zizanie, je ne sais trop pour quelle raison. Je ne sais non plus, les raisons à l'origine de la démission ou de la négligence de l'administration qui ne s'est pas intéressée au règlement d'un problème au demeurant simple comme celui-là. J'estime pour ma part que les problèmes auxquels vous faites allusion n'ont aucune justification ni sur le plan historique ni sur le plan géographique. Historiquement, cette communauté vivait en harmonie avec la famille et partageait avec elle les préceptes de la confrérie hamaouya mais encore mettait à son service tout ce dont elle disposait. La famille, à son tour, continue de manifester amour et fraternité à l'égard de cette communauté et partager ses heurs et malheurs. En tout état de cause, cette communauté ne peut et ne doit être rendue responsable pour des faits attribués à quelques individus ne l'engageant pas forcément. Car de tels actes ne peuvent à notre avis émaner de cette communauté. Ainsi, le fait par exemple qu'un groupe de pasteurs se déplaçant d'un endroit à l'autre au gré des pâturages, intervienne dans les affaires d'un village dans le choix des lieux d'implantation de services publics (école, dispensaire, etc.) bien que ne détenant sur place aucun titre de propriété d'une quelconque parcelle de terrain, ne peut normalement émaner de cette communauté. NI: la fin de cette année connaîtra de nombreuses activités politiques principalement les élections présidentielles. Avez-vous une position déjà arrêtée sur la question? Vous-même et la confrérie à laquelle vous appartenez? AOCAOCH: il est inutile de relever ici le poids tant de la famille que de la confrérie dans son ensemble. Le poids de la Hamaouya est très important et dépasse celui de n'importe quelle formation politique. Elle est dirigée par une personnalité qui se soucie de ses intérêts autant que de ceux de toute la nation. C'est pourquoi et en raison aussi des réalisations accomplies dans le pays qui ont conduit à son développement et à sa prospérité, ce que nous apprécions beaucoup, nous disons que nous sommes au service de notre pays et nous nous tenons à la disposition de ceux qui le servent. On ne peut en effet ignorer les réalisations accomplies dans tous les domaines et touchant directement les conditions de vie des citoyens. Il en est ainsi de l'eau, de l'électricité et des télécommunications désormais à leur portée mais encore de l'enseignement, de la santé, de l'hydraulique et du développement rural ainsi que des routes, ports et aéroports, etc, sans compter l'alphabétisation et la propagation du savoir, le tout dans un contexte de quiétude et de stabilité qui constitue à lui tout seul un acquis majeur. Donc, nous serons, comme par le passé, solidaires de l'artisan de ces réalisations. Bahaïda Ould Ghoulam
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