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Politique : L'opposition à l'heure du recentrage

Les partis d'opposition, dans un ultime effort pour se recentrer, semblent se polariser aujourd'hui autour de deux noyaux centraux. Selon leurs sensibilités politiques et leur degré de miscibilité, ces partis se positionnent de part et d'autre des deux grands tenants actuels de l'opposition que sont le RFD et l'UFP

Les partis d'opposition, dans un ultime effort pour se recentrer, semblent se polariser aujourd'hui autour de deux noyaux centraux. Selon leurs sensibilités politiques et leur degré de miscibilité, ces partis se positionnent de part et d'autre des deux grands tenants actuels de l'opposition que sont le RFD et l'UFP.
D'un côté, il y a les partis de l'opposition jugée radicale où on trouve des formations actuellement interdites telles que CC (issue de l'ex-AC) ou En-Nouhoud El Watani (survivance du parti At-Talia), d'autres ayant été interdites comme l'UFD(qui est actuellement RFD), et tous les partis affiliés au CCO (Cadre de Concertation de l'Opposition).

De l'autre, des partis aux rapports moins rigides ave le pouvoir comme l'UFP, le PTG (Parti de la Troisième Génération), l'UPSD de Ould Mah, l'UNDD, et qui ne s'en réclament pas moins de l'opposition. Si les dirigeants de ce dernier groupe tentent, vaille que vaille, de créer un consensus entre des formations jusqu'ici indifférentes les unes aux autres (exceptées l'UFP et l'UNDD qui auraient collaboré aux élections de 2001 à Kaédi), ceux du premier groupe affrontent, eux aussi, un défi non moins titanesque. Ils s'attèlent à leur tour, à prouver que leurs liens ne répondent pas seulement à une certaine exigence tactique: celle de s'unir d'abord pour barrer la route à l'adversaire.
Quitte à se résoudre par la suite à faire éclater le ménage. Ces dirigeants ont la pénible tâche de gérer les contradictions inhérentes à des formations qui se ménagent déjà très mal au sein du cadre de concertation, créé pourtant pour les unir.
En tout cas, les militants de ces partis sont depuis quelques temps dans l'expectative. Ils attendent les résultats des ateliers organisés au siège du Front populaire où les représentants de ces partis sont depuis quelques jours en conclave. Ces résultats devraient, d'ailleurs, dans les jours qui viennent, faire l'objet de débats en plénière.
Ces plénières promettent déjà d'être très houleuses, si l'on en juge par l'atmosphère quelque peu électrique des débats précédents. Telles ces polémiques autour de la question de l'identité de la Mauritanie, et où les représentants du parti AJD (Alliance pour la Justice et la Démocratie) disaient ne pas retrouver dans la dénomination de la Mauritanie : "pays arabe et africain", en insistant sur l'appartenance purement négroïde d'une partie de sa population.
On le voit, si En-Nouhoud et l'APP devaient eux aussi, y mettre du leur, la plénière tant attendue risque fort de n'être rien de plus qu'un déversoir de problèmes de cœur.
Mohamed Ould Ahmed

Campagne contre l'Irak
Les élus Démocrates demandent à Bush d'attendre la fin des inspections

Plus de 120 Démocrates du Congrès américain ont adressé vendredi 24 Decembre un courrier au président Bush l'exhortant à attendre la fin du travail des inspecteurs avant de lancer une quelconque offensive contre l'Irak.Hans Blix, le chef des inspecteurs en désarmement de l'ONU, et Mohamed El-Baradeï, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), présenteront lundi devant le Conseil de Sécurité leur compte rendu des inspections qui ont repris fin novembre.
Les inspecteurs ont toutefois fait savoir que le travail sur le terrain pourrait s'étaler sur une année entière."Nous pensons que les Etats-Unis doivent par tous les moyens essayer de désarmer l'Irak par la voie diplomatique et avec le soutien total de nos alliés", déclarent les 122 sénateurs et députés Démocrates qui ont signé le courrier.Une autre lettre, qui pourrait contenir plus d'une dizaine de signatures supplémentaires, devrait être envoyée au président américain la semaine prochaine.
Cette initiative des Démocrates intervient alors que la Maison Blanche a annoncé vendredi que George W. Bush ne déclarera pas la guerre à l'Irak mardi soir, lors de son discours sur l'Etat de l'Union. Nombreux sont ceux qui craignent toutefois que l'importante mobilisation américaine autour de l'Irak ne laisse présager de l'imminence d'une offensive. En outre, des avions de combat américains ont bombardé vendredi un poste irakien de défense anti-aérienne, a annoncé l'armée américaine. C'est la 12e frappe dans la zone sud d'exclusion aérienne ce mois-ci. La cible était située à proximité de la localité d'Al-Haswah, à environ 56 kilomètres au sud de Bagdad, et a été bombardée à 19h30 GMT, selon un communiqué du Commandement central de l'armée américaine.
Le poste de défense anti-aérienne représentait une menace pour les appareils patrouillant dans la zone d'exclusion aérienne, précise le communiqué. Les avions américains et britanniques effectuent régulièrement des patrouilles au-dessus des zones d'exclusion aérienne instaurées dans le sud et le nord du pays après la guerre du Golfe en 1991. Bagdad ne reconnaît pas ces zones et considère ces vols comme des violations de son territoire. Vendredi, l'aviation américaine a également largué des prospectus dans le sud du pays exhortant les Irakiens à ne pas reconstruire les postes de défense détruits et à écouter les programmes radiophoniques de propagande américaine Sur un autre plan,
C'est la sagesse, et non la vieillesse, qui rend les Européens méfiants face à l'éventualité d'une guerre en Irak, a déclaré vendredi Romano Prodi, en réponse aux propos de Donald Rumsfeld sur la "vieille Europe". "Ce n'est pas la vieillesse qui conduit les Européens à s'opposer à la guerre, c'est la sagesse", a estimé le président de la Commission européenne lors d'un point presse.
Le secrétaire d'Etat américain à la Défense avait déclenché la colère de la communauté européenne mercredi en estimant que la France et l'Allemagne, opposées à une action contre Bagdad sans nouvelle résolution de l'ONU, ne représentaient plus qu'une "vieille Europe". Pour Romano Prodi, qui faisait référence à l'amitié entre deux nations autrefois ennemies, "il est difficile de qualifier (ainsi) la France et l'Allemagne, alors qu'elles ont été capables de renverser leur histoire".Il a rappelé que les deux pays, qui ont célébré cette semaine le 40e anniversaire du Traité de l'Elysée, avaient "enterré la hache de guerre et fondé un avenir partagé à partir d'un passé tragique". "Si cela est supposé signifier qu'elles sont vieilles, alors je pense qu'on en a tiré une mauvaise conclusion", a-t-il conclu.

N° : 345 du 26 janvier 2003