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Conseil National du PRDS : L'option du rassemblement privilégiée
Par Isselmou Ould Moustapha

C'était le 31 janvier à 19 h 30. Ce soir là et sous la présidence du président de la République et président du PRDS Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya, le parti au pouvoir tenait au Palais des Congrès à Nouakchott son 16ème conseil national ordinaire, transformé en congrès extraordinaire, dans une ambiance de supputations et d'incertitudes vis à vis de ses résultats.

Le Congrès
Placé sous le signe de "l'introduction du savoir dans les foyers", un thème en vogue depuis 1999, le PRDS signifiait au moins que, sur le plan de la trame idéologique classique, c'était la continuité. Il faut reconnaître que, tout en développant une approche altruiste pour expliquer ses dernières démêlés électoralistes en se présentant comme un père victime de la transparence et de la nécessaire implication-participation des partenaires politiques, le PRDS ne cache pas pour autant un sentiment d'orgueil blessé. Son leadership a été profondément ébranlé dans plusieurs grands centres urbains et pouvait l'être ailleurs si ses adversaires en avaient eu le temps et les moyens.

Cette situation explique le changement intervenu à la tête de sa pyramide, consacrant la désignation du Docteur Louleid Ould Weddad à sa tête et l'amorce d'un processus de réflexion pour expliquer les causes de la débâcle et les moyens susceptibles de l'éviter à l'avenir (2003 oblige).
A la veille de ce congrès extraordinaire, les observateurs - ou ce qui en tient lieu - s'attendaient à une amorce de reformulation du discours politique figé, à une profonde réorganisation des structures minées et essoufflées et à une grande lessive au niveau du personnel politique d'encadrement au sein du parti et du gouvernement, responsable de la dernière débâcle.
Il faut dire que les amateurs de chamboulement en sont restés pour leurs frais même si le secrétaire général a été, par moments, très critique dans son rapport présenté à l'ouverture du congrès.

Le fameux slogan relatif à la sanction et à la récompense va se limiter à l'ex-secrétaire général, M. Mohamed Yehdhih Ould Moctar El Hacen, pour ce qui est de la sanction, et l'on semble avoir été plus magnanimes, en termes de récompense, avec 19 cooptations au Conseil National et quatre ascensions au Bureau Exécutif. La limitation de la sanction et l'extensibilité de la récompense pourraient bien s'inscrire dans le souci d'élargissement de la base et de rassemblement des forces à la veille des présidentielles de 2003.
Au niveau des instances statutaires, le Conseil National, en plus de ses membres es qualité, va passer de 50 à 69 membres. Des profils représentatifs ainsi que des éléments des commissions jeunes et femmes vont y accéder.

La même tendance est observée au niveau du Bureau Exécutif dont les membres vont passer de 12 à 15. La logique est toute simple dans cet ameublement du décor : tout en cédant de la place aux nouveaux., il n'est pas question de jeter les vieux meubles.
La prudence observée au niveau des instances statutaires va prévaloir pour les instances de base.
Alors que l'on s'attendait à une reprise de l'implantation dans les six régions où le leadership du PRDS a été fortement ébranlé, c'est-à-dire au Guidimagha, au Brakna, au Gorgol, au Tiris Zemmour, à Nouadhibou et à Nouakchott, ce sont uniquement les trois dernières wilaya qui vont faire l'objet d'une reprise de l'implantation.
La première journée de ce congrès extraordinaire allait donc être clôturée tard dans la nuit du 31 janvier par trois décisions : l'élargissement du Conseil National et du Bureau Exécutif et la reprise de l'implantation du parti au niveau de trois fédérations du pays.

Le Conseil National
Signalons toutefois que l'élargissement du Bureau Exécutif a été finalisé lors de la 2ème session ordinaire du Conseil National le 3 février soit 48 heures après la tenue du congrès extraordinaire du 31 janvier.
Les deux commissions qui s'étaient constituées lors du congrès avaient donc eu le temps de se pencher sur la rédaction de leurs rapports qui ont été finalement présentés le 3 février.
La commission chargée de l'étude du rapport du Bureau Exécutif, présidée par M. Cheikh Sid'Ahmed Ould Baba, a présenté un exposé dithyrambique à l'endroit du rapport présenté par le secrétaire général.

Ainsi, cette commission "apprécie le rapport dans son contenu et note en particulier son exhaustivité, qui a permis de rendre compte de toutes les préoccupations actuelles des militants du parti ainsi que la précision, la franchise et la pertinence des informations qu'il contient". Elle n'oublie pas de mentionner "l'audace, le sérieux et la justesse des solutions proposées pour pallier les insuffisances et combler les lacunes constatées dans le fonctionnement du parti à l'occasion des élections municipales et législatives".
Des insuffisances sur lesquelles la commission va s'attarder en évoquant tour à tour la déficience de la concertation, la faiblesse de la participation, l'absence d'implication de la commission de réconciliation et d'arbitrage et l'incapacité de certaines structures.
Ces lacunes ont également été occasionnées par l'absence de complémentarité et de cohésion entre les instances du parti et les coordinations de cadres, le manque de capitalisation du potentiel mobilisateur et l'adoption de propositions d'investiture contraires au point de vue de la majorité.

La commission des textes et motions (la deuxième), présidée par M. Abdel Kader Ould Ahmed, devait elle aussi présenter son rapport. Un rapport axé sur l'élaboration de projets de résolutions soumis à l'approbation du Conseil National et relatifs à la modification des articles 24 et 46 du règlement intérieur.
La modification de l'article 24 du règlement intérieur permet aux parlementaires d'intégrer en tant que membres de droit les commissions exécutives des sections dans un souci de renforcer les structures de base et de combiner l'action politique et parlementaire.
L'amendement apporté à l'article 46 vise à intégrer les trois nouveaux membres du Bureau Exécutif et fixe leurs prérogatives. Il s'agit des secrétaires chargés de la promotion et de la modernisation de la société, et de ceux de la jeunesse et des femmes.

Le Bureau Exécutif

Les rentrants
Ahmed Ould Die: Député de Tidjikja et président du groupe parlementaire PRDS à l'Assemblée Nationale, M. Ahmed Ould Die remplace au Bureau Exécutif son allié politique Mohamed Ahmed Ould Hamoud après l'avoir remplacé à la tête du groupe parlementaire du parti au terme de la troisième législature. A ce rythme, il finira par le remplacer à la SOMIGEM
Diabira Bakary: Le ministre de l'Equipement et des Transports, ex-DGA de Radio Mauritanie et parfait bilingue, devient le Soninké du Bureau Exécutif après le départ, pour obligation diplomatique, de Sidney Sokhna. M. Diabira Bakary semble avoir le vent en poupe. Est-ce la disgrâce de Sidney Sokhna ?
Hamadi Ould Meïmou: Directeur Général de la CNSS, président d'un mouvement affilié, la commission des jeunes du PRDS, Ould Meïmou symbolise la nouvelle génération de cadres PRDS qui sait s'adapter aux restructurations. Collaborateur rapproché de l'ancien secrétaire général, il semble devenir l'éminence grise du nouveau SG. Son ascension au Bureau Exécutif démontre un souci de valorisation des mouvements affiliés et des organisations de masse. Technocrate plus que politique, très courtois, avare en paroles, Ould Meïmou aura une trajectoire à suivre de près.
Ematt Mint Ewnene : Professeur d'anglais, député et membre du bureau à l'Assemblée Nationale, cette originaire de Chinguitti faisait partie du staff rapproché de l'ancien SG. Présidente de la commission des femmes PRDS, Mint Ewnene gravit plusieurs échelons en faisant son entrée au Bureau Exécutif. Elle est ainsi la troisième femme à en être membre avec Mariem Mint Abdel Maleck et Khadijettou Mint Boubou. BCBG, elle consacre une certaine évolution du goût au niveau du PRDS, jadis plutôt porté sur les vieilles branches.

le partant
Mohamed Ahmed Ould Hamoud: Membre fondateur du PRDS et député de Tidjikja, Ould Hamoud cède son fauteuil de président du groupe parlementaire PRDS et sa qualité de membre du Bureau Exécutif pour se retrouver membre du Conseil National. Homme politique très en vue au Tagant et homme d'affaires prospère à Nouakchott, il pourrait bien ne pas être en disgrâce. Sous-utilisé au Conseil National, Mohamed Ahmed est un poids lourd politique qui pourra être réservé à la fédération du Tagant et à la supervision des missions sensibles.

Liste des nouveaux membres du Bureau Exécutif

- Secrétaire aux élus: Ahmed Ould Die
- Secrétaire à la promotion et à la modernisation de la société: Diabira Bakary
- Secrétaire chargé de la jeunesse: Hamadi Ould Meïmou
- Secrétaire chargée des femmes: Ematt Mint Ewnene

Liste des nouveaux membres du Conseil National

- Cheikh El Avia Ould Mohamed Khouna - Ahmedou Ould Ahmedou - Dr Ahmedou Ould Khteira - Thiam Samba
- Cheikh Mohamed Lemine Ould Sid' Mhamed - Cheikh Sid'Ahmed Ould Baba - Isselmha Mint Tourad - Tislim Mint Moctar Ould Samba
- Diabira Bakary - Zeinabou Abdoul Sow - Kane Yahya - Mohamed Ahmed Ould Hamoud - Mohamed Mahmoud Ould Jaavar
- Mohamed Vall Ould Youssouf - Mohamed Ould Haïmer - Mahfoudh Ould Agatt - Fatimetou Mint Mohamed Saleck Ould M'Bareck
- Toutou Mint Khattry - Abdel Kader Ould Mohamed

N° : 291 du 06 février 2002