Visite du DG de l’ASECNA à Nouakchott: Qu’est-ce qui fait courir Mahamat ?
Dans notre édition N°1987 du lundi dernier, nous faisions cas de l’audience, accordée 24H plus tôt au palais présidentiel à Nouakchott, par le Président de la République, M. Mohamed Ould Abdel Aziz, au directeur général de l’ASECNA, M. Yousouf Mahamat, non sans rappeler que le mandat de ce dernier expire le 31 décembre 2010 et que la Mauritanie est candidate à ce poste continental de directeur général de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), elle qui vient d’être élue, pour un mandat de six ans, à la présidence de la Zone Nord et à la Vice-présidence de la CAFAC, à l’issue de la XXIème session plénière de la Commission Africaine de l’Aviation Civile qui s’est déroulée du 11 au 13 Mai 2010 à N’Djamena (Tchad).
Une notoriété de la Mauritanie et une confiance au niveau de la communauté aéronautique mondiale qui sont des atouts non négligeables pour son candidat Mohamed Khaled Ould Sidiya et/ou pour tout candidat qu’elle viendrait à soutenir qu’il s’agisse d cette course pour diriger l’ASECNA ou pour le renouvellement du Conseil de l’OACI, sachant que l’aviation est un secteur stratégique.
C’est dire que cette visite du directeur général sortant de l’Agence ne saurait répondre uniquement aux «visites périodiques dans les pays membres en vue d’informer les autorités nationales de la situation générale de l’Agence, s’informer sur leurs aspirations et leurs attentes et écouter leurs conseils et leurs recommandations» qu’il se doit d’entreprendre. D’où l’intérêt de savoir qu’est-ce qui fait courir M. Youssouf Mahamat ?
Cela d’autant plus qu’en exprimant son désir de rester encore deux ans au-delà de sa période, plusieurs pays membres de l’ASECNA, dont le Sénégal, avaient menacé de quitter l’Agence «si jamais le mandat de l’actuel Directeur Général, le Tchadien Youssouf Mahamat est prolongé», estimant que sa candidature pour prolonger son mandat est «contraire aux engagements des Chefs d’Etat», lui qui a été nommé en juillet 2004 et qui «s’oppose systématiquement à l’audit que souhaitent mener certains pays sur l’ASECNA».
En campagne pour prolonger son mandat ?
L’on comprendra ainsi, que le directeur général de l’ASECNA aura beau faire l’historique de l’institution qu’il dirige et déclarer qu’il est venu en Mauritanie, qui est un pays fondateur de l’ASECNA mettre la politique de l’ASECNA au service de la sécurité de navigation aérienne dans le pays, soulignant que les espaces aériens mauritaniens et d’autres pays seront gérés à partir du centre de contrôle de l’ASECNA de Nouakchott, mais il ne fera aucun doute que le directeur général sortant n’a pas encore baissé les bras et n’a pas dit son dernier mot.
A-t-il oublié d’expliquer au Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, son conflit avec certains pays comme le Sénégal qui s’oppose farouchement à la prolongation de son mandat ? On peut en douter étant donné qu’il a avoué avoir informé le Chef de l’Etat de «la situation générale de l’Agence, notamment en ce qui concerne son personnel, ses services et ses infrastructures» alors que le conflit remonte à 2007 lorsque le Sénégal avait publié un communiqué pour dire qu’il quitte l’ASECNA, en ambitionnant de s’approprier la FIR océanique (la régie d’information de vol) qui, à elle seule constitue le 1/5ème des recettes de l’Agence, bien que le Cap-Vert, grâce à l’appui des espagnols et des brésiliens s’en soit attribué une partie. Pourtant la FIR ou «zone atlantique» n’appartient à aucun Etat, le Portugal l’ayant cédé dans les débuts du siècle dernier à la France laquelle l’a remise à l’ASECNA à sa création en 1959.
Vraisemblablement, ce sont ces deux ans (2007-2009) de conflit opposant le Sénégal et Madagascar à l’ASECNA que réclame aujourd’hui M. Youssouf Mahamat pour rattraper le temps et remplir son contrat convenablement.
Au-delà des apparences …
Pourtant le départ de M. Mahamat figurait parmi les engagements pris par les Chefs d’Etat et, «c’est seulement dans un souci d’apaisement qu’à la réunion du Comité des ministres de Ouagadougou en juillet 2009, il a été consenti de le laisser finir son mandat». Mieux, lors de sa réunion tenue les 11 et 12 janvier dernier au Burkina Faso qui assure la présidence tournante du Comité des Ministres de tutelle de l’Agence, il avait décidé de lancer un avis de vacance de poste, afin de pouvoir connaître le nom du futur directeur général de l’ASECNA à la prochaine session ordinaire suivante dudit Comité des Ministres prévue à Moroni (Comores) au début du mois de juillet 2010, l’archipel devant prendre à son tour cette présidence à cette date.
M. Youssouf Mahamat aurait-il trouvé chez les Comoriens un prétexte pour reporter cette réunion à Novembre prochain sous prétexte que les conditions politiques dans l’archipel ne prêteraient pas à la réunion de juillet, sachant qu’il ne pourrait faire de passation de service en l’espace d’un mois, son mandat arrivant à terme en décembre? Peut-être fort bien surtout quand on sait que la Convention de Libreville qui prévoit la réduction du mandat du directeur général de l’ASECNA de six (6) à quatre (4) ans, ne rentre en vigueur que si elle est signée par le tiers des pays membres (6 Etats) de l’Agence.
Le hic est que le Burkina Faso qui préside encore ce Comité des Ministres de tutelle de l’ASECNA a le pouvoir de convoquer une session extraordinaire début juillet pour traiter de cette question de renouvellement du Directeur général de l’ASECNA à laquelle sont candidats, entre autres, outre M. Mahamat, le Mauritanien Mohamed Khaled Ould Salem Sidiya, le Malien Amadou Ousmane Guitteye et le Togolais Christian Foly-Kossi, lesquels ont déjà déposé leurs dossiers.
Par Mohamed Ould Khattatt
mmkhattatt@hotmail.com
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تاريخ الإضافة: 26-05-2010 19:31:21 |
القراءة رقم : 2005 |