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Entretien exclusif avec Khaled Abou Al-Abass, alias «Belaouar»: «L’armée de Ould Abdel Aziz au Mali n'a jamais été un obstacle devant nous pour arriver à nos objectifs en Mauritanie»

Akhbar Nouakchott : On prête à «l’Emirat du désert» au sein de l’organisation Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), d’être le grand bénéficiaire de la crise libyenne à travers son réarmement et le renforcement de sa présence dans la région et que certains de ses éléments ont même combattu aux côtés des insurgés. Est-il vrai que vous avez soutenu les rebelles en livrant bataille avec eux contre les brigades de Kadhafi ?

Khaled Abou Al-Abass : (Après les Louages à Allah, Maître de l’univers et Paix et Salut sur notre Prophète, Son Messager). Effectivement, ce sont les «moudjahidines» d'Al-Qaïda qui sont généralement les plus grands bénéficiaires des révolutions du monde arabe, parce que ces révolutions ont brisé les chaînes de la peur et mis fin à l’horreur qui caractérisaient de façon générale ces régimes, agents de l’Occident, même si nous estimons que ces révolutions, y compris la révolution libyenne, n’ont pas, dans leur globalité, atteint l’objectif que nous espérons et qui est l’application de la méthodologie islamique complète pour tous les aspects de la vie, devant cette opportunité historique et ces sacrifices grandioses concédés par la Nation islamique et en particulier par sa jeunesse, et parce que cela en valait la peine.
Car, dans notre entendement, c’est toujours le même système intellectuel et politique (laïque) qui prévaut et donc reste le maître de la situation. Bien évidemment, ce sont les peuples de la région qui tirent le plus grand avantage dans ces révolutions parce qu’ils ont remporté une victoire importante qui leur a permis d’avoir confiance en soi dans leur capacité à provoquer le changement et leur capacité d’initiative et de transcendance.
Quant au fait que nous tirons profit de l’arsenal libyen, c’est tout à fait normal dans de telles circonstances, mais le plus important pour nous c’est bien de voir cet arsenal revenir entre les mains du peuple libyen en général, et des jeunes du Mouvement islamique en particulier, parce que cet armement était la force par laquelle ces régimes frappaient leur propre peuple.
Et je saisis cette occasion, pour mettre en garde mes frères musulmans en Libye de se laisser avoir par les appels et autres projets de désarmement. Je jure par Allah que c’est leur fierté et c’est ainsi qu’ils assureront leur sécurité, si Dieu le veut.
Quant à notre participation dans la guerre contre Kadhafi, si vous entendez par là que nous avons combattu sur le terrain, c’est non.

A.N. : Certains rebelles libyens sont accusés d’avoir, avec vous, des liens intellectuels ou organisationnels. Est-il vrai que des compagnons à vous, d’armes et/ou de convictions intellectuelles, sont parmi les révolutionnaires libyens?

Khaled Abou Al-Abbass : Il est évident, pour qui suivait avec attention le cours des événements de la révolution en Libye, que les jeunes du «réveil islamique» et en particulier «djihadiste», furent les premiers à affronter torse nu, les bataillons du régime de Kadhafi, pour faire jaillir la première étincelle laquelle donnera tout son élan et toute son ardeur au soulèvement global du peuple libyen.
De là à dire qu’ils ont un lien intellectuel ou organisation avec nous, j’estime qu’il n’y a pas de mal à ce qu’un musulman ait un lien avec son frère musulman, c’est bien son droit et même une source de fierté et un honneur pour nous et pour eux. De même que les effets de l’occupation occidentale de nos pays, telles les frontières artificielles et les considérations nationales mensongères n’ont en rien altéré notre méthode et notre foi laquelle dicte au musulman de soutenir son frère musulman. Le prophète Mohamed Paix et Salut sur Lui a dit: «Soutiens ton frère fut-il dans le tort ou dans son droit» (dans l’Est ou l’Ouest de la planète, car la force des musulmans réside dans leur unité, que l’Occident infidèle a toujours cherché à combattre et combat encore).

A.N. : Vous êtes en guerre contre la Mauritanie depuis plusieurs années. Une guerre que vous avez été les premiers à engager lorsque vous avez attaqué, en 2005, la garnison de Lemgheity, puis Al-Ghallawiya et Tourine. Pourquoi avez-vous décidé de déplacer votre combat vers la Mauritanie et de défier son armée sans justification?

Khaled Abou Abbass : Au sujet de notre entrée en guerre avec l’armée mauritanienne, je réponds que nous ne sommes jamais entrés en guerre directe avec l’armée mauritanienne, dans le sens traditionnel de la guerre. Je dirais même que nos opérations avec l’armée de la Mauritanie étaient plutôt limitées dans une certaine mesure.
Parce qu’il n’est pas de notre politique ni une priorité pour Al-Qaïda de cibler ces armées. La stratégie déclarée d’Al Qaïda est d’affronter l’Occident croisé et les juifs parce qu’il est le vrai dirigeant des pays musulmans et cela est clair et évident dans toutes les déclarations et interviews du cheikh Oussama que son âme repose en paix et du cheik Aymane, qu’Allah le protège et dans tous les enseignements de l’Organisation diffusés dans ses publications.
Quant à l’attaque de Lemgheity, je pense qu’il est nécessaire d’en donner quelques détails car nous avons réalisé que le peuple mauritanien n’avait pas compris les raisons de notre opération d’alors en outre des mensonges et des canulars racontés par le régime de Ould Taya à travers ses médias et la presse. J’en veux pour preuve le communiqué du ministère mauritanien de la Défense qui avait affirmé que nous avons décapité les prisonniers. Nous affirmons à cette occasion que nous n’avons décapité aucun des soldats de cette garnison et défions le ministère de la défense de prouver que nous l’avions fait. L’attaque de Lemgheity n’était pas une déclaration de guerre contre la Mauritanie, mais une opération limitée qui se justifie entre autres par:
1- l’entrée en guerre directe de l’armée mauritanienne contre les «moudjahidines» et la garnison de Lemgheity servait aux manœuvres conjointes mauritano-américaines. Certains des 35 soldats que nous avons fait prisonniers, nous ont informé des va-et-vient des troupes américaines et certaines installations spécifiques aux Américains. J’en veux pour preuve notre libération des 35 soldats faits prisonniers après les avoir réuni, prêché la bonne parole à leur endroit et remis quelques messages à destination du pouvoir mauritanien de l’époque. Ce sujet avait pris une bonne part des études relatives à la préparation de cette opération et nous avons donné ordre de ne pas tirer sur tout celui qui dépose les armes et nous n’avons cessé de le répéter au cours même de l’attaque.
2- le pouvoir mauritanien de l’époque abritait, au cœur de la capitale Nouakchott, une ambassade pour les Israéliens, au mépris des sentiments et de la dignité, non seulement du peuple mauritanien, mais de tous les musulmans, parce que la Mauritanie est le seul pays en dehors des Etats riverains d’Israël, qui a des relations déclarées avec Israël. Et c’est une époque qui avait connu d’intenses activités du Mossad israélien en Mauritanie, dont la visite du ministre des affaires étrangères israélien Sylvain Shalom. Visite qui avait d’ailleurs irrité le peuple mauritanien comme cela s’était reflété à travers les manifestations des jeunes dans les universités et les lycées de la capitale Nouakchott. Et je ne vous révèle pas un secret lorsque je vous dis que nous avions tendu un piège pour tuer l’ambassadeur de l’entité sioniste en Mauritanie avant l’attaque sur le complexe abritant l’ambassade et le night-club la jouxtant où il s’y trouvait quelques minutes avant l’attaque.
3- l’augmentation de la tyrannie et de l’oppression à l’encontre des fils du prêche, mis en prison, harcelés et la torture de nombreux érudits et prêcheurs, sans compter l’encerclement de mosquées sur lesquelles on a fini par tirer, comme cela s’est produit dans la mosquée d’Oussama à Arafat, à Nouakchott. De même que le port du voile et les femmes voilées n’ont pas été épargnés, comme cela fut le cas avec cette sœur décédé des suites des coups sévères assenés par les hommes de la sécurité alors qu’elle était enceinte. Sans oublier que les symboles de notre sainte religion, les maisons d’Allah, avaient été menacés d’être transférés en boulangeries par le ministre de la Culture de l’époque.
4- l’existence, en Mauritanie, de prisons secrètes pour la CIA dont nous en surveillions une qui était sous le contrôle d’un groupe de Marines américains. Son cas avait été soulevé dans la presse et par la classe politique en son temps.

A.N. : Vous dites que les opérations contre l’armée mauritanienne à Al-Gallawiya et Tourine, étaient des légitimes défenses et que ceux de vos éléments qui ont mené ces opérations étaient à la recherche de touristes et d’Occidentaux dans la région mais qu’ils avaient été interceptés par l’armée mauritanienne. Pensez-vous que l’armée mauritanienne pouvait renoncer à protéger son territoire et les étrangers qui s’y trouvaient ou qu’en essayant de vous empêcher de les agresser, de les enlever ou de les tuer, l’armée mauritanienne devient injuste et mérite que ses soldats soient abattus et décapités?

Khaled Abou Abbass : Oui, parce que les deux opérations d’Al-Gallawiya et Tourine que vous citez, ne furent que de l’auto-défense parce que c’est l’armée mauritanienne qui a été la première à donner l’assaut. Je répète encore une fois que l’objectif premier de nos opérations est d’atteindre les intérêts occidentaux et juifs autant économiques que militaires parce qu’ils pillent les richesses de notre nation et que nous considérons que c’est une nouvelle occupation. Et bien entendu, tout celui qui tente de nous en empêcher devient pour nous une cible légitime. Comment voulez-vous que nous renonçons à la lutte contre les Occidentaux alors que ce sont eux qui font goûter le pire des châtiment à nos frères musulmans en Afghanistan, en Irak et en Palestine usurpée et déplacent enfants et femmes. Les images d’Abou Graïb ne datent pas de si longtemps! Comment alors pouvons-nous les qualifier d’hôtes après qu’ils ne soient venus que pour envahir notre pays, changer notre religion et piller nos richesses. Allah a dit : «Et ils continueront à vous combattre jusqu'à ce qu'ils vous détournent de votre religion s'ils le pouvaient.»
Quant au fait que certains soldats soient tués de cette manière (par décapitation), c’est quelque chose que nous n’avons pas accepté lorsque nous en fûmes informés. Nous considérons que c’est une erreur comme il y’en a eu dans toutes les guerres et des instructions ont été données par mon frère, l’émir de l’organisation, Abou Mousaâb Abdel Wedoud de ne plus répéter de tels actes.

A.N. : Quelles sont vos demandes ou vos exigences pour cesser de mener des opérations armées sur le territoire mauritanien?

Khaled Abou Abbass : Si vous voulez dire éloigner la Mauritanie de cette confrontation aux buts et objectifs connus, comme précités, je pense que cela peut être étudié et nous, par principe, ne le refusons pas pour des questions dont nous ne voyons pas l’opportunité de les détailler et de les discuter ici. Il y avait une tentative en début de l’année dernière quand l’actuel pouvoir avait procédé à la libération de certains de nos frères prisonniers et nous avait proposé par le canal certains prisonniers d’envoyer une délégation d’érudits, dirigée par le cheikh Mohammed El-Hassan Ould Deddew. Nous avons salué l’idée, malgré nos réserves sur lui et nous sommes toujours prêts à rencontrer n’importe quelle délégation de savants, peu importe nos différences de points de vue. De même que nous sommes également prêts à toute discussion pratique sur la méthode et les enseignements originaux des savants pour étudier les défis auxquels fait face la Oumma islamique.

A.N. : Si l’armée mauritanienne cesse ses opérations contre vous en territoire alien, êtes-vous prêt à faire autant en cessant de l’attaquer et d’agresser le territoire mauritanien?

Khaled Abou Abbass : Je sais que l’entrée de l’armée de Ould Abdel Aziz au Mali n'a jamais été un obstacle devant nous pour arriver à nos objectifs en Mauritanie, mais, comme vous le savez, c’est la nature de nos objectifs qui nous dicte le temps et le lieu de leur exécution. Pour votre connaissance l’intervention de l’armée de Ould Abdel Aziz était en planification et sous pression de la France qui y a participé sur le terrain français comme cela était le cas lors de l’attaque conjointe contre une patrouille des «moudjahidines» où huit de nos hommes ont été tués, qu’Allah les accepte.
C’est une tentative désespérée des Français, de nous entraîner dans une guerre qui n’est pas une des priorités de l’Organisation comme nous l’avons dit auparavant et leur agent pour la mise en œuvre de ce projet était Ould Abdel Aziz et son régime. Il apparait clair à présent que Ould Abdel Aziz et son armée se sont engagés dans une guerre par procuration pour la France. De notre côté nous avons compris ce plan et avons cherché à lui opposer une stratégie inverse en essayant de frapper au sommet, le régime de Ould Abdel Aziz et l’ambassade française, qui était un nid d’intrigues dans cette représentation. Avec deux voitures piégées qui sont arrivés à la périphérie de Nouakchott, alors que l’armée de Ould Abdel Aziz était au Mali, sachant que ces voitures ont traversé pas moins de huit (8) régions et ont passé sous le nez et la barbe de plus d’une caserne militaire, il est clair que nous étions capables de frapper des cibles militaires dans ces régions. Mais nous estimons que l’opération avait atteint l’objectif politique et militaire le plus important qui était attendu d’elle.
L’objectif militaire attendue et réalisé sera le retrait de l’armée de Ould Abdel Aziz du Mali, immédiatement après l’opération. Quant à l’objectif politique atteint, c’est cinglant démenti que l’opération apporte au régime de Ould Abdel Aziz lorsqu’il affirme contrôler les frontières et déplacer la guerre dans les camps d’Al Qaïda au nord Mali.
La plupart des interventions de l’armée de Ould Abdel Aziz ont été des échecs successives, en commençant par l’opération de Nouakchott qui le força à se retirer du Mali jusqu’à la campagne militaire sur la forêt de Wagadou où les «moudjahidines» ont détruit 12 véhicules dans le premier affrontement. Ses interventions militaires toucheront dans leur amour-propre nos frères dans l’Azawad et il a fini par tuer deux sœurs musulmanes et blessé d’autres dans un bombardement délibéré sur un véhicule civil transportant une famille et ses enfants.

A.N. : Au cours des dernières années, ont eu lieu en Mauritanie, des vols et des cambriolages ciblant l’argent public (port de l’Amitié en octobre 2007, voitures du service gouvernemental …) et ces opérations avaient été attribué à des éléments à vous dont une en particulier était sur vos instruction et de votre propre planification. Pensez-vous que le détournement ou l’appropriation des biens du pauvre et musulman peuple mauritanien, relève du «jihad» ou est permissible?

Khaled Abou Abbass : Nous croyons que les peuples de nos pays, sont des peuples musulmans irréprochables dont le sang et l’argent sont protégés par notre religion. Je ne vois pas comment nous pouvons nous permettre de nous les légaliser alors que le Messager d’Allah a dit ! «Votre sang et vos biens sont sacrés pour vous comme est sacré votre jour-ci, en ce mois-ci dans votre pays-ci. N’est-ce pas que j’ai transmis?»
Quant aux fonds publics que vous citez, ce sont à l’origine des biens pour la nation usurpés par les bandes qui gouvernent et il n’en arrive que des émiettes à la nation. Et si nous admettons que vous dites vrai que représente le port de l’Amitié par rapport aux milliards volés à longueur des années par les cliques dirigeantes, profitant de leur influence dans le gouvernement au pouvoir et cela, la plupart des gens ordinaires le savent très bien.

A.N. : On raconte qu’après votre limogeage de l’Emirat du désert qui a été confié à son actuel émir, Yahya Abou Ammar, un différend est survenu entre vous d’une part, et entre Abou Ammar et Abdel Hamid Abou Zeid, et que vous êtres resté plusieurs années dans ce qui s’apparente à une trêve, ne menant pas d’action armée contre les forces algériennes et que vous avez négocié avec les autorités algériennes pour vous rendre, mais en vain et c’est pourquoi vous reprenez les armes. Qu’en est-il au juste et est-ce que vous avez dépassé vos différences avec les nouveaux dirigeants de l’Emirat du désert?

Khaled Abou Abbass : Comme vous le savez, le différend survient sur fond d’antagonisme et de diversité, parce qu’il y a différentes manières de voir, différentes perceptions et que chacun comprend suivant son expérience et les circonstances entourant ses activités ainsi que sa gestion des différents événements et situations.
Et le différend dont vous faites cas, ne va pas au-delà du différend dans la diversité, notre dénominateur commun y étant l’éthique islamique, la moralité et le respect mutuel, loin de la diffamation comme c’est le cas chez les passionnés et les politiques malveillantes. Ce type de litige qui a pour base notre sainte Charia s’est produit même à l’époque des califes Aboubakr et Omar.
Quant à la semi-trêve que vous déclarez, cela n’était autre qu’un changement dans notre stratégie dicté par le besoin de préparer les conditions matérielles, morales et de sensibilisation nécessaires pour le début d’une nouvelle phase et cela, après l’évaluation et l’examen profond de l’expérience qui a duré plus de quinze ans dans la lutte contre le régime algérien.
Au sujet des négociations avec les autorités algériennes et leur échec, je saisi cette occasion pour couper court aux rumeurs qui circulent en déclarant que je ne suis jamais entré en négociation, directement ou indirectement, ni assisté aux réunions sur ce sujet, comme a persisté à le diffuser une presse vendue en versant dans sa promotion en vue de déstabiliser les rangs des «moudjahidines» et de nuire au moral de la nation et des partisans du djihad. Rien n’en fut à l’exception d’une rencontre avec l’un des dignitaires de la région de Tamanrasset, sur son initiative propre, m’a-t-il dit, en janvier 2006, pour nous faire une offre dans ce sens. Notre réponse avait été claire, net et précise, sans interprétation. Nous lui avons dit que nous sommes sortis et avons combattu le pouvoir qui a bloqué et falsifié la loi d’Allah, le Tout-Puissant, a humilié et oppressé les gens, a vendu le pays et ses richesses aux ennemis de la nation, et a insulté la dignité du peuple algérien quand il a choisi à la place de l’islam un système laïque.
Et, malheureusement, l’un des premiers points du projet de la loi de réconciliation, a été la glorification des officiers militaires et de sécurité dont le monde témoigne de la brutalité des crimes odieux qu’ils ont commis contre le peuple opprimé.
Par Allah, comment abandonner cette voie divine alors que nous en avons acquis l’honneur et que les signes du conflit mondial entre l’Islam et la mécréance deviennent évidents ?! Nous demandons à Allah de nous rendre inébranlables et de guider nos pas sur le droit chemin jusqu’à ce que nous revenons à Lui.

A.N. : Est-il vrai que vous vous êtes personnellement opposé à l’allégeance du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) à Al-Qaïda ?

Khaled Abou Abbass : Je veux d’abord souligner que derrière plusieurs mensonges et contre-vérités dont s’est faite l’écho la presse algérienne au service des renseignements comme Al-Nahar et Chourouq par exemple, parlant au nom des services secrets algériens, il y avait un complot visant à faire passer son programme politique qui n’était autre que le projet de la loi de réconciliation (qui est injuste).
Conscients du danger de ce projet, nous avons décidé d’accélérer les étapes que nous avons commencé à planifié en l’an 2000 pour unir et raffermir les rangs des «moudjahidines» avec nos frères d’Al-Qaïda à l’époque, et grâce à Allah, notre adhésion à Al-Qaida avait été un projet politique qui contrecarrait le projet de réconciliation injuste.
Parmi ces étapes que nous avons supervisé notre invitation pour notre frère Abou Mohamed Al-Yémen, d’entrer en Algérie avec nous dans une tentative de transmettre une image de la situation à l’intérieur et dans le grand Sahara.
Ainsi, nous avons envoyé à notre frère Younis Al-Mouritanie (Youssef), qui a été capturé récemment au Pakistan et qui a été le premier contact direct entre nous et nos frères d’Al-Qaïda. C’était aussi le début de la correspondance entre nous et les dirigeants d’Al-Qaida là-bas, avec d’autres efforts de nos frères en Algérie. Je n’aurais pas mentionné ces étapes et ces initiatives n’eut été ce flux interminable de mensonges et de rumeurs rapporté par les médias algériens, en particulier sur ce sujet.

A.N. : Vous détenez actuellement des otages français dont le sort a été lié à une demande faite par Oussama ben Laden, à savoir le retrait de la France de l’Afghanistan. Est-ce que vous tenez toujours à cette demande maintenant qu’Oussama ben Laden est mort, ou négociez-vous d’autres exigences pour leur libération?

Khaled Abou Abbass : Oui, nous maintenons cette exigence, et comme vous savez que notre direction a arrêté clairement ses exigences au sujet des français, il n’y a eu jusqu’ici aucun changement dans cette affaire.

A.N. : Pourquoi avez-vous insisté sur l’échange des otages Espagnols d’il ya un an contre la libération de «Omar Essahraoui» et abandonner tous vos collègues de l’Organisation qui croupissent dans les prisons mauritaniennes, alors que vous aviez auparavant demandé la libération de certains d’entre eux?

Khaled Abou Abbass : C’est vrai, au début nos demandes étaient de libérer un groupe de nos frères prisonniers en Mauritanie, et la seule raison qui nous a fait changer d’avis est que les espagnols capturés Roque Pascual (Abou Nabil) et Albert Vilalta (Abou Yahya) s’étaient convertis à l’islam et avant eux leur compagne Alicia, qui s’est également convertie à l’Islam et a choisi le nom de Aïcha avant que nous lui faisions grâce en la libérant sans conditions.
Quant aux deux hommes ayant épousé l’Islam, ils ont protégé leurs vies, ce qui nous a obligés à accélérer les négociations et à accepter la libération de «Omar Essahraoui». Une libération qui était déjà convenu, dans des offres qui nous avaient été soumises depuis un certain temps.

A.N. : On vous avez toujours accusé d’entretenir des relations avec les trafiquants de drogue dans le désert du Sahara et que vous interprétez à votre manière ce travail avec eux, arguant que la drogue est destinée aux pays des infidèles, qu’il n’y a aucun mal à la leur envoyer pour leur nuire. Y’a-t-il du vrai dans tout çà?

Khaled Abou Abbass : Qu’à Allah ne plaise que nous autorisions ou interprétions par une analyse quelconque ce qu’Allah a interdit. Le trafic ou la vente de la drogue, que cela soit de près ou de loin, même en terre d’infidèles est un interdit dans les lois d’Allah et cela est clair et indiscutable pour les simples musulmans à plus forte raison pour nous «moudjahidines» cherchant à établir la loi d’Allah et la justice et de la promotion de la Vertu et la Prévention du vice. Le Prophète (Paix et Salut sur Lui) : «Allah est bon et n’accepte que ce qui est bon». Ce soupçon n’est pas nouveau et est délibérément fait pour déformer l’image des «moudjahidines». On nous a accusé de pire que cela, comme la vente de la drogue et même de sa protection. Nous sommes donc des fabricants de drogue et nous ne sommes pas les premiers à en être accusés.
Quant à traiter ou avoir des relations avec eux, tous ceux qui nous connaissent savent que nous avertissons le peuple et les tribus de cette région de l’interdiction et du danger de ce phénomène qui s’est largement répandu à travers le grand Sahara.
Je tiens à préciser que le Sahara, qui est un secteur vital pour notre activité, déborde de cortèges de bandits de grands chemins, de gangs de contrebande d’armes, de drogues et de cigarettes qui s’ajoutent aux conflits tribaux et régionaux avec les gouvernements de la région.
Nous traitons avec une méthodologie claire basée sur le prêche de la bonne parole, les conseils pour montrer le droit chemin d’Allah, la réconciliation des personnes en mésentente et la prévention des comportements et manières qui n’ont entrainé pour la nation que guerres et conflits, dont seuls en ont tiré profit, malheureusement, les ennemis de l’Islam, en les montant les uns contre les autres.
Parmi les fruits récoltés de cette politique prônée par les «moudjahidines» depuis plus d’une décennie, nous avons été capables de couper la route aux renseignements occidentaux dont les activités se sont intensifiées de manière significative dans la région. Mais aussi les renseignements des pays de la région pour nous entraîner à entrer en conflit avec ces communautés et les peuples, espérant ainsi trouver une justification pour former des milices qui combattraient les «moudjahidines». Telle est la politique américaine et occidentale dans sa nouvelle guerre contre Al-Qaïda et les «Moudjahidines» en général après l’expérience de l’Irak parce qu’ils ont échoué dans la confrontation directe avec les «moudjahidines». Cette politique que nous menons est le résultat d’une longue et difficile expérience dont nous avons souffert avec les populations de certaines régions en Algérie.

A.N. : On vous prête d’avoir exécuté certains Mauritaniens accusés de collaborer avec l'armée mauritanienne, et que parmi ces exécutés il y a des éléments de l’Organisation. Est-ce que cela est vrai et qui sont les victimes de ces opérations?

Khaled Abou Abbass : Oui, des espions ont été arrêtés et ont avoué travailler pour le compte de la Direction de la Sûreté de l’Etat et le Bureau du renseignement militaire pour lesquels ils ont mené des activités de renseignement. Ils ont été identifiés après avoir été pris en filature par l’une des patrouilles des «Moudjahidines» et l’un d’entre eux a reconnu être impliqué avec Mohammed Ould Meguett dans une opération visant à attirer un groupe de «moudjahidines» dans un traquenard. Mais les «moudjahidines» ont été en mesure d’inverser la vapeur en élaborant une démarche sécuritaire où aucun des membres de l’Organisation ne faisait partie des personnes présentes.
Je voudrais profiter de cette occasion pour prodiguer des conseils à nos frères musulmans en Mauritanie et en particulier aux jeunes pour leur dire de se méfier des services de sécurité et des renseignements qui peuvent les plonger dans une guerre par procuration menée par le pouvoir de Ould Abdel Aziz, qui agit pour le compte des français contre vos frères, les «moudjahidines» en profitant de votre conditions de vie et en vous séduisant avec l’appât matériel, ce qui est une vraie perte dans cette vie et dans l’au-delà. Nous demandons à Allah d’être sains et saufs. Quant à leurs noms et les détails de leurs aveux, ils sont enregistrés et seront publiés officiellement en temps opportun.
En conclusion, je voudrais, à travers votre tribune, rendre hommage à notre peuple meurtri de Palestine et à tous les musulmans pour cette grande victoire, qui plait à la nation de voir et que vivons aujourd’hui dans la réalité dans la bande de Gaza dans sa splendeur avec la libération des centaines de nos frères et sœurs. Hommage aussi à nos frères des Brigades Moudjahidines du martyr Ezzeddin Al-Qassam, et toutes les fractions dans le pays de Al-Isra que nous considèrons comme le véritable rempart de la nation contre l’ennemi sioniste derrière qui se dressent les pays de l’Occident croisé. Si cela devait prouver quelque chose c’est bien que l’arme aussi a son mot que seul comprend l’ennemi.
Nous vous remercions pour cette initiative qui va dans le sens de la recherche de la vérité pour la transmettre à la nation et je demande à Allah, pour nous et pour vous la réussite et qu’Allah vous récompense.
Gloire et louanges à Allah et Assalamou Aleykoum wa Rahmatou Allah.

Prpos recueillis par Aboul Maaly
Traduit de l’arabe par Mohamed Ould Khattatt


 

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تاريخ الإضافة: 09-11-2011 22:54:45 القراءة رقم : 3681
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